La Histadrout vote à l’issue d’une lutte amère pour désigner son dirigeant
Rechercher

La Histadrout vote à l’issue d’une lutte amère pour désigner son dirigeant

L'ancienne leader du parti travailliste Shelly Yachimovich affronte le président en exercice du syndicat national, Avi Nissenkorn

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Le président sortant de la Histadrut Avi Nissenkorn, à gauche, et la députée Shelly Yachimovich. (Crédit : Yonatan Sindel/Miriam Alster/Flash90)
Le président sortant de la Histadrut Avi Nissenkorn, à gauche, et la députée Shelly Yachimovich. (Crédit : Yonatan Sindel/Miriam Alster/Flash90)

Point culminant d’une campagne électorale âpre, plus d’un demi million de membres du syndicat Histadrout se rendent mardi pour désigner le président de la plus importe fédération israélienne du travail .

L’ancien leader du parti travailliste Shelly Yachimovich espère parvenir à détrôner le président actuel, Avi Nissenkorn, qui occupe ce poste depuis trois ans.

Les élections à la tête du syndicat Histadrout ont lieu tous les cinq ans, mais le prédécesseur de Nissenkorn, Ofer Eini, avait démissionné de son poste deux ans après le début de son second mandat, permettant à son suppléant de se hisser à la barre.

A midi, seulement plus de 20 % des électeurs avaient exercé leur droit de vote.

Fondé en 1920, le syndicat de la Histadrout a rapidement grandi pour devenir l’une des plus puissantes institutions, d’abord de la Palestine à l’époque du mandat britannique, puis d’Israël.

Même si l’influence des syndicats a baissé au cours des ces dernières années, le nombre important de membres de Histadrout assure sa capacité à appeler à des grèves paralysantes et le chef de l’organisation est considéré comme l’un des plus puissants négociateurs politiques d’Israël.

Le siège de la fédération du travail Histadrut sur Straus street, à Tel Aviv. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
Le siège de la fédération du travail Histadrut sur Straus street, à Tel Aviv. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Enterrant les spéculations affirmant qu’elle allait tenter de défier le président du parti travailliste Isaac Herzog, Yachimovich a annoncé au mois de février qu’elle se présenterait à la tête de la fédération.

Yachimovich, qui a dirigé le parti travailliste de 2011 à 2013, a expliqué qu’elle « avait réfléchi à cette initiative durant de nombreux mois » et que malgré la nécessité de démissionner de la Knesset si elle devait remporter la victoire, elle avait confiance dans le fait qu’elle serait en mesure de tenir un rôle clé dans la prise de décision nationale au poste de présidente de la Histadrout.

S’exprimant à la radio militaire mardi matin, Yachimovich a indiqué qu’elle prévoyait de faire du syndicat national « un fer de lance véritablement social, puissant, courageux et incorruptible au nom de l’amélioration du monde de l’emploi, au nom du droit de base à gagner un revenu respectable ».

Elle a attaqué Nissenkorn durant toute la campagne, qualifié de « façade » pour les politiques économiques du Premier ministre Benjamin Netanyahu et du ministre des Finances Moshe Kahlon.

Au début de sa campagne, il a glané l’approbation essentielle de Kahlon ainsi que d’un certain nombre de leaders travaillistes, dont celui du chef du parti Isaac Herzog.

Le dirigeant du syndicat de travailleur Histadrut Avi Nissenkorn (gauche) et le ministre des Finances Moshe Kahlon (droite) se serrent la main le 21 décembre 2015, lors de discussions destinées à éviter une grève générale pour une augmentation des salaires dans le service public. (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)
Le dirigeant du syndicat de travailleur Histadrut Avi Nissenkorn (gauche) et le ministre des Finances Moshe Kahlon (droite) se serrent la main le 21 décembre 2015, lors de discussions destinées à éviter une grève générale pour une augmentation des salaires dans le service public. (Crédit : capture d’écran Deuxième chaîne)

Nissenkorn, qui avait lutté pour empêcher Yachimovich de rejoindre la course à la présidence, l’a qualifiée de « pyromane » et a mis en doute sa capacité à mener des négociations calmes avec le gouvernement.

A travers toute sa carrière en politique, et avant cela en tant que personnalité prisée des médias, Yachimovich a gagné une réputation d’antagonisme envers les grandes entreprises. Lors du lancement de la campagne électorale de 2012 au sein du parti travailliste, elle avait appelé Israël à adopter une approche plus socialiste du gouvernement. « Notre objectif est d’établir un gouvernement alternatif responsable et social démocrate », avait-elle expliqué.

La députée de l'Union sioniste Shelly Yachimovich à la Knesset, le 8 juin 2015. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
La députée de l’Union sioniste Shelly Yachimovich à la Knesset, le 8 juin 2015. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

En 2013, alors qu’elle faisait campagne pour son idéologie social-démocrate et qu’elle se concentrait sur le logement et l’économie, Yachimovich avait mené le parti travailliste et avait remporté le score décevant de 15 sièges lors des législatives. Depuis, en tant que membre du parlement sans portefeuille du parti, Yachimovich s’est affirmée comme l’une des critiques les plus féroces de Herzog, cimentant l’amère rivalité entre les deux législateurs.

Un sondage rendu public dimanche par Mano Geva et Mina Tzemach montrait Nissenkorn vainqueur face à Yachimovich, totalisant 52 % contre 38 %. Yachimovich a toutefois déclaré que les sondages internes menés par sa campagne indiquent un score plus rapproché entre les deux candidats.

« Il y a une très grande chance qu’une fois les votes comptés, je sois désignée comme dirigeante de Histadrut, » a-t-elle commenté mardi.

Si elle gagne, elle devra alors démissionner de son poste de membre de la Knesset, permettant au militant de la communauté druze Salah Saad de faire son entrée au parlement en tant que candidat suivant sur la liste électorale de l’Union sioniste, qui réunit les membres issus du parti travailliste et de Hatnua.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...