« La Juste Route » : sur le chemin du retour des survivants des camps de la mort
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« La Juste Route » : sur le chemin du retour des survivants des camps de la mort

Dans ce long-métrage bouleversant, le Hongrois Ferenc Török raconte le retour de deux rescapés juifs dans le village dont ils avaient été déportés, au milieu des natifs apeurés

Ils sont deux à descendre du train, dans une gare qui a sans doute vu leur départ en déportation un an plus tôt. Deux hommes vêtus de noir débarquent dans la campagne hongroise en 1945.

« Derrière, le père et son fils marchent en silence, la tête haute », raconte Jérôme Garcin dans L’Obs. « Une longue procession funéraire au milieu des champs d’après-guerre que l’on moissonne sous un soleil brûlant. Pendant ce temps, c’est la panique au village, où l’avantageux maire s’apprête à marier son fils ».

Au village, certains se demandent si les Juifs réclameront leurs biens spoliés, et combien d’autres déportés arriveront encore.

« Mais, stupéfaction », continue Garcin. « Les deux juifs traversent le village sans s’arrêter. Ils ne réclament rien. Ils sont bien au-delà de la vengeance, de la revendication, de la haine et même du mépris. Ils vont au cimetière. « Qui enterrez-vous? »  , leur demande le maire suspicieux. « Ce qu’il reste de nos morts », répond le vieil homme au regard clair et à la barbe blanche. »

Servi par un sublime noir et blanc, « La Juste Route » du réalisateur hongrois Ferenc Török, récompensé par le public du Festival de Berlin, aborde la Shoah avec pudeur, dans une oeuvre déjà saluée comme un chef d’oeuvre.

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