« La liberté d’expression devrait aller de soi », dit l’homme dont les policiers ont découpé la kippa
"Nous vivons dans un État démocratique libéral. Et dans les États démocratiques libéraux, les opinions impopulaires doivent être respectées", a fait valoir Alex Sinclair
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Jeremy Sharon est le correspondant du Times of Israel chargé des affaires juridiques et des implantations.

Au cours d’une audition qui a eu lieu devant une commission parlementaire de la Knesset, Alex Sinclair, l’universitaire qui a été interpellé par la police le mois dernier pour avoir porté une kippa ornée des deux drapeaux israélien et palestinien, a déclaré que la liberté d’expression « devrait aller de soi » en tant que principe démocratique fondamental en Israël. Il s’est également dit préoccupé par le fait que cette question ait même dû être abordée.
Ces propos de Sinclair sont intervenus dans le cadre d’une audience organisée par la commission de la Knesset chargée de l’Immigration, de l’Intégration et des Affaires de la Diaspora. La session avait été convoquée à l’initiative de son président, le député Gilad Kariv, pour examiner cet incident, ainsi que d’autres incidents récurrents au cours desquels des militants juifs des droits civiques issus de la diaspora ont été arrêtés par la police pour avoir aidé des communautés palestiniennes rurales de Cisjordanie, avant d’être expulsés et interdits de séjour par le ministère de l’Intérieur.
« Nous vivons dans un État démocratique libéral. Et dans les États démocratiques libéraux, les opinions impopulaires doivent être respectées », a expliqué Sinclair à la commission.
« C’est là tout le sens de la démocratie libérale : savoir respecter, être à l’écoute et faire preuve de considération envers les opinions que l’on ne partage pas. »
Sinclair a dépeint cette valeur comme « un principe fondamental du judaïsme » ; il a cité le Talmud et les nombreuses opinions qui y sont exprimées pour démontrer qu’un principe central de la religion juive est « la valeur du respect et de l’écoute des opinions qui diffèrent des nôtres ».
Et Sinclair d’ajouter : « De mon point de vue, le fait même que nous en parlions est un peu surprenant. L’existence de la liberté d’expression en Israël devrait être une évidence. »
C’est en avril dernier que Sinclair a été arrêté par la police alors qu’il était assis dans un café de la ville de Modiin. Son téléphone et sa kippa lui ont été confisqués, et il a été retenu dans une cellule de garde à vue pendant 20 minutes avant d’être relâché. Lorsqu’il a demandé à récupérer sa kippa, le policier a découpé le drapeau palestinien qui y était cousu et lui en a rendu ce qui restait.
Selon Kariv, cet incident doit être considéré comme un « signal d’alarme » qui témoigne d’une « attitude méprisante envers les juifs libéraux » de la part des autorités de l’État. Il a souligné l’inquiétude croissante de la communauté juive de la diaspora face à de tels incidents et attitudes.
« Le Dr Sinclair a porté cette kippa pendant 20 ans. Il est évident que le fait de découper la kippa d’une personne en Israël, alors que le monde entier fait face à une vague d’antisémitisme, provoque l’indignation de la communauté juive de la diaspora », a affirmé Kariv.
la Communauté du Times of Israël !







