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La Liste arabe unie, un « partenaire légitime » pour une alliance au pouvoir – Meretz

La nouvelle cheffe du Meretz a déclaré que la faction à majorité arabe pouvait être un partenaire post-électoral, même si le parti n'a jamais historiquement rejoint une coalition

Carrie Keller-Lynn est la correspondante politique et juridique du Times of Israël.

La cheffe du Meretz, Zehava Galon, s'exprime devant ses partisans après l'annonce des résultats des primaires du parti de gauche à Tel Aviv, le 23 août 2022. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
La cheffe du Meretz, Zehava Galon, s'exprime devant ses partisans après l'annonce des résultats des primaires du parti de gauche à Tel Aviv, le 23 août 2022. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

La nouvelle dirigeante du parti du Meretz, Zehava Galon, a expliqué dimanche que sa formation était ouverte à une alliance avec la faction à majorité arabe de la Liste arabe unie dans le cadre d’une coalition, après les élections du 1er novembre.

« Je ne rejette pas la Liste arabe unie. Je pense que le travail de délégitimation des partis arabes que nous faisons est inexcusable », a déclaré Galon dès le début de la toute première réunion de faction du parti de gauche depuis qu’elle en a repris la barre après sa victoire aux primaires, la semaine dernière.

« Les responsables arabes élus sont des partenaires légitimes en ce qui concerne la recommandation » de la personnalité qui sera chargée de former un gouvernement à l’issue du scrutin « et pour gouverner, bien sûr », a-t-elle ajouté. Après chaque vote, tous les partis recommandent au président la personnalité qui, selon eux, est la plus à même de former un gouvernement et qui sera aussi désignée Premier ministre.

La Liste arabe unie n’a jamais intégré une coalition israélienne et a critiqué avec sévérité l’une de ses anciennes factions, Raam, qui avait décidé de rejoindre, l’année dernière, le même gouvernement qui est aujourd’hui sur le départ. À droite, des campagnes ont fustigé la possibilité de la mise en place d’un gouvernement centriste qui s’appuierait sur la Liste arabe unie. La plus grande partie des formations politiques, notamment à gauche, sont circonspectes à l’idée de travailler avec l’alliance des factions arabes.

Galon – qui a fait une pause dans sa carrière politique en 2018 et qui a donc fait son retour quatre ans plus tard – a ajouté que son parti aspirait à intégrer un bloc « démocratique, israélien » qui serait placé sous la direction du Premier ministre actuel, Yair Lapid.

Le Meretz a pris sous sa coupe des causes de gauche et de justice sociale, et il présente quatre candidats arabes sur les dix premières places de sa liste électorale à la Knesset – même si un seul pourrait, à ce jour, prétendre de manière réaliste occuper un siège au parlement. Avec ce positionnement, Galon s’abstient de qualifier le Meretz de « sioniste » – un point de friction majeur qui l’a opposée au député Yair Golan, qui s’était lui aussi présenté aux primaires, dans le cadre de leurs campagnes respectives.

Le député Ayman Odeh, à gauche, et le législateur Ahmad Tibi lors d’une réunion de faction à la Knesset, le 7 mars 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Lapid est l’un des deux ministres de la coalition actuelle à être prêt à se battre pour prendre la tête d’un deuxième « gouvernement du changement ». Le leader centriste, Benny Gantz, lorgne également le fauteuil de Premier ministre et le chef de l’opposition, Benjamin Netanyahu, accuse les deux responsables d’être dans l’incapacité de mettre en place un gouvernement sans le soutien de la Liste arabe unie.

Selon les sondages israéliens – réputés pour leur inexactitude, mais qui restent très influents – ni Lapid, ni Gantz ne disposent actuellement du nombre de députés nécessaire pour former un gouvernement sans un remaniement majeur de leur bloc.

« Le positionnement que j’adopte est lié aux scénarios possibles. La Liste arabe unie est, c’est une certitude, une option parmi les autres », a commenté Galon.

Déterminée à défendre les aspirations nationales palestiniennes, critique à l’égard du traitement réservé par l’État juif à sa minorité arabe, la Liste arabe unie n’a jamais intégré une coalition israélienne et elle est souvent considérée comme un troisième bloc indépendant au moment de la constitution potentielle d’une coalition. Et pourtant, ses députés ont pu collaborer avec des législateurs de la coalition ou de l’opposition sur de nombreux dossiers, au cas par cas.

Ce cinquième cycle électoral depuis 2019 au sein de l’État juif, prévu en date du 1er novembre, va se concentrer, encore une fois, sur le retour de Netanyahu au poste de Premier ministre. Chef de gouvernement resté à la barre d’Israël le plus longtemps de toute l’histoire du pays, Netanyahu est aussi l’homme politique le plus populaire d’Israël – et le plus clivant.

Galon, comme plusieurs formations partenaires du Meretz au sein de la coalition actuelle, est déterminée à empêcher le retour au pouvoir de Netanyahu.

« Nous avons l’intention de bloquer l’entrée des Ben Gvir, Smotrich, et autres Netanyahu à la table du gouvernement », a affirmé Galon, faisant référence aux partenaires politiques de Netanyahu, Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich.

Samedi, Galon a dénoncé un nouvel accord de fusion entre les partis d’extrême-droite de Ben Gvir et de Smotrich, évoquant « une alliance de voyous ».

Le chef sortant du Meretz, Nitzan Horowitz, n’a pas assisté à cette réunion de faction, dimanche. Yair Golan, battu aux primaires, était pour sa part présent dans la salle.

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