La loi « norvégienne » permet l’entrée de 7 nouveaux députés à la Knesset
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La loi « norvégienne » permet l’entrée de 7 nouveaux députés à la Knesset

Six députés occuperont des sièges laissés vacants par des ministres - un septième a préféré rejoindre l'opposition

Tehila Friedman, de Kakhol lavan, lors d'une conférence à Jérusalem, le 11 février 2019 (Crédit :  Noam Revkin Fenton/Flash90)
Tehila Friedman, de Kakhol lavan, lors d'une conférence à Jérusalem, le 11 février 2019 (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Ce sont sept nouveaux députés qui ont fait leur entrée à la Knesset lundi, suite à l’adoption de la loi dite « norvégienne » qui permet aux ministres d’abandonner leurs sièges de membres à la Knesset pour permettre à un autre membre figurant sur la liste de leur parti de prendre place au Parlement.

L’un des députés a toutefois préféré rejoindre l’opposition plutôt que de s’aligner avec la coalition.

C’est Kakhol lavan qui a le plus exploité les dispositions de la dite « loi norvégienne », avec cinq ministres qui ont laissé leurs fauteuils à de nouveaux parlementaires.

Les députés Michal Cotler-Wunsch, Einav Kabala, Hila Shay, et Tehila Friedman ont tous prêté serment pour Kakhol lavan. Le cinquième législateur, Yorai Lahav-Hertzano, qui avait été député sous l’étiquette Kakhol lavan dans le passé, a rejoint Yesh Atid-Telem, les anciens partenaires de sa formation, dans l’opposition.

Les nouveaux parlementaires appartenant à une liste multipartite ou à une alliance ayant été rompue avant la prestation de serment du gouvernement a la liberté de choisir quel parti ils représenteront au parlement. Une clause qu’a utilisé Lahav-Hertzano pour s’aligner sur l’opposition.

La semaine dernière, cinq ministres issus des rangs de Kakhol lavan avaient abandonné leurs sièges – le ministre de la Culture Chili Tropper, le ministre des Sciences Izhar Shay, le ministre de l’Agriculture Alon Schuster, le ministre du Tourisme Asaf Zamir et Michael Biton, qui est ministre au ministère de la Défense. Deri et Porush ont également démissionné de leurs sièges, la semaine dernière.

Le député de Yahadout HaTorah, le rabbin Yitzhak Pindrus, lors de l’ouverture d’un événement festif du parti à Bnei Brak, le 24 février 2019 (Crédit : Yehuda Haim/Flash90)

Deux autres députés sont entrés lundi à la Knesset, un pour chacune des deux formations ultra-orthodoxes du Shas et de Yahadout HaTorah.

Uriel Busso, adjoint au maire de Petah Tikva, a ainsi remplacé le ministre de l’Intérieur du Shas, Aryeh Deri.

Pour sa part, l’ancien parlementaire Yitzhak Pindros de Yahadout HaTorah a fait son retour sur les bancs de la Knesset pour prendre la place laissée vacante par le vice-ministre de l’Education Meir Porush.

Le vice-ministre des Transports Uri Maklev, membre de Yahadout HaTorah, a également présenté sa démission au président de la Knesset. Son remplaçant, Eliyahu Bruchi, doit faire sa prestation de serment mercredi.

La loi norvégienne permet aux députés nommés à des postes au cabinet de démissionner temporairement de la Knesset, permettant au candidat suivant sur la liste du parti d’entrer au Parlement à sa place. La loi précise que si un ministre démissionne ultérieurement du cabinet, il peut retrouver automatiquement son siège de député.

Au moins douze ministres ou vice-ministres devraient être amenés à utiliser la loi norvégienne, permettant l’entrée d’un nombre équivalent de nouveaux députés – une opération qui, selon les estimations, devrait avoir un coût de 20 millions de shekels par an.

La formation ultra-orthodoxe Shas avait, à l’origine, prévu d’utiliser cette loi pour permettre au rabbin Baruch Gazahay, à la place suivante sur sa liste électorale, de faire son entrée à la Knesset. Mais l’homme a retiré sa candidature la semaine dernière, après la diffusion de nombreuses vidéos où il tenait des propos méprisants sur les femmes.

Le leader du parti Kakhol lavan et ministre de la Défense Benny Gantz, deuxième à droite, rencontre les nouveaux députés entrant à la Knesset sous les dispositions de la dite « Loi norvégienne », le 17 juin 2020 (Crédit : Noam Moskowitz)

La loi norvégienne a été très critiquée pour le coût qu’elle engendre.

Les députés de l’opposition ont condamné cette législation avec force, disant que le gouvernement n’en avait eu besoin qu’en raison de la création d’un trop grand nombre de postes au cabinet, rendue nécessaire par l’accord de coalition, soulignant que l’arrangement n’avait pas laissé suffisamment de main-d’oeuvre pour prendre place à la Knesset en tant que députés.

Par ailleurs, l’entrée de Lahav-Hertzano de Kakhol lavan porte à six le nombre de législateurs ouvertement gays au sein du Parlement. Tous sont des hommes et proviennent de l’ensemble du spectre politique laïc, avec notamment Amir Ohana, le ministre de la Justice, issu du Likud du Premier ministre Benjamin Netanyahu. Cinq pour cent des députés israéliens sont dorénavant ouvertement homosexuels, ce qui est le quatrième pourcentage le plus élevé dans le monde, selon l’analyste politique Andrew Reynolds.

L’AFP contribué à cet article.

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