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La Loi sur la Citoyenneté passe sa première lecture à la Knesset

La loi controversée a été approuvée par 44 voix "pour" et 5 "contre" des élus des deux bords sont sortis avant le vote; une version plus stricte du texte a aussi été adoptée

Des Palestiniens et des Arabes israéliens manifestent contre la loi de 2003 sur la citoyenneté et l'entrée en Israël devant la Knesset, le mardi 29 juin 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Des Palestiniens et des Arabes israéliens manifestent contre la loi de 2003 sur la citoyenneté et l'entrée en Israël devant la Knesset, le mardi 29 juin 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La dite Loi sur la Citoyenneté a été adoptée avec l’aide de l’opposition en première lecture, lundi, malgré les objections soulevées par le Meretz et Raam, deux partis de la coalition.

En plus de la législation parrainée par la ministre de l’Intérieur, Ayelet Shaked, qui a été approuvée par 44 votes « Pour » contre cinq votes « Contre », les députés ont aussi donné leur feu vert à une version du texte sponsorisée par Simcha Rothman, parlementaire de l’opposition issu du parti Sionisme religieux. Les deux versions vont faire encore d’objet de débats à la Knesset et elles seront probablement fusionnées avant d’être à nouveau soumises au vote pour les deux dernières lectures.

Dans une rare démonstration de coopération et en raison de la majorité très mince dont dispose la coalition à la Knesset, les partis de droite au gouvernement ont demandé aux formations du même bord, dans l’opposition, de soutenir le projet de loi de Shaked. En échange, les députés conservateurs de la coalition ont aussi appuyé la version proposée par Rothman.

Toutefois, le député de la Liste arabe unie Ahmad Tibi a transformé le vote sur la version de Shaked en motion de censure et les partis de droite de l’opposition ont fait le choix de ne pas prendre part au vote de manière à ne pas donner l’impression de soutenir l’existence continue du gouvernement.

Des parlementaires du parti de gauche du Meretz et de la formation islamiste Raam, ainsi que certains du parti Travailliste, ont également quitté la plénière pendant le vote afin d’exprimer leur confiance dans le gouvernement tout en réaffirmant leur opposition au texte.

Peu après le vote, Shaked a écrit sur Twitter que « le sionisme et le sens commun ont prévalu ». Elle a aussi remercié les membres de l’opposition et de la coalition qui ont voté en faveur de son projet de loi.

Le ministre de la Santé et dirigeant du parti du Meretz de gauche, Nitzan Horowitz, dirige une réunion de faction à la Knesset, le 3 janvier 2021. (Crédit : Yonatan SindelFlash90)

Ce projet de loi permettrait de renouveler l’interdiction faite aux Palestiniens épousant un Israélien de vivre au sein de l’État juif. Elle avait été adoptée pour la première fois en 2003 et elle avait été renouvelée tous les ans depuis jusqu’au mois de juillet dernier, quand la coalition avait perdu le vote consacré à sa prolongation.

Les formations du Meretz et de Raam affirment s’opposer à la loi parce qu’elle discrimine la population arabe israélienne et elles ont mis en garde contre de possibles conséquences pour la coalition si le gouvernement devait avancer sur une problématique aussi délicate en ignorant leur positionnement.

Suite au vote de dimanche sur le projet de loi de Shaked, le chef du parti du Meretz, Nitzan Horowitz, a expliqué que la décision « a brisé les règles » du consensus à l’origine de la coalition, avertissant que cela aurait « des répercussions à l’avenir ».

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