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La mairie de Bucarest refuse d’enlever la statue d’un ministre pro-nazi

L'Institut Elie Wiesel a accusé la capitale roumaine d'enfreindre la loi en laissant la tête de Mircea Vulcanescu, qui a servi dans le gouvernement de Ion Antonescu, allié d'Hitler

Une sculpture de la tête de Mircea Vulcanescu, à Bucarest, en Roumanie, en 2022. (Crédit : Google Street View)
Une sculpture de la tête de Mircea Vulcanescu, à Bucarest, en Roumanie, en 2022. (Crédit : Google Street View)

BUCAREST, Roumanie (JTA) – Des groupes de veille en Roumanie ont critiqué une unité administrative du conseil municipal de Bucarest pour avoir refusé de démonter une statue honorant Mircea Vulcanescu, qui a été ministre des Finances dans le gouvernement pro-nazi du pays pendant la Seconde Guerre mondiale.

Mercredi, le secteur 2 du conseil municipal a rejeté une résolution qui aurait permis de retirer le monument du parc de Saint Stefan dans la capitale roumaine. La résolution, qui a attiré l’attention au niveau national, a été initiée par un conseiller municipal du Parti national libéral de centre-droit et n’a pas pu être adoptée car une majorité de conseillers se sont abstenus.

Le député Antonio Andrusceac, du parti d’extrême-droite et nationaliste Alliance pour l’Union des Roumains, était présent lors du vote et a accusé l’Institut Elie Wiesel pour l’étude de la Shoah en Roumanie – une institution publique qui défend depuis longtemps la suppression des monuments honorant les figures nazies et les collaborateurs – de « réécrire l’Histoire de la Roumanie et de démolir le culte de ses héros et martyrs ».

L’Institut Wiesel voit dans le refus d’adopter la motion une violation d’une loi adoptée par le Parlement roumain en 2002 et révisée en 2015, qui a rendu illégale la glorification de figures coupables de crimes contre l’Humanité.

La conservation du buste de Vulcanescu, a précisé l’Institut Wiesel dans un communiqué mercredi, est également en contradiction avec une stratégie nationale de lutte contre l’antisémitisme adoptée par la Roumanie en 2021.

« Cette politique publique ne reste que sur le papier tant que les criminels de guerre, membres du gouvernement d’Antonescu, continuent d’être traités comme des modèles civiques par les autorités », a déclaré l’Institut Wiesel dans le communiqué.

Maximilian Marco Katz, directeur du Centre de surveillance et de lutte contre l’antisémitisme de Bucarest, a également critiqué le vote du conseil.

« Pendant la Seconde Guerre mondiale, Mircea Vulcanescu faisait partie du gouvernement du maréchal Antonescu qui a légiféré et mis en œuvre une loi et des mesures antisémites qui ont abouti à l’Holocauste roumain », a-t-il écrit dans une déclaration à la Jewish Telegraphic Agency.

Ion Antonescu, Premier ministre de la Roumanie au début des années 1940, s’est rangé du côté d’Adolf Hitler pendant la guerre. Entre 280 000 et 380 000 Juifs roumains ont été tués pendant la Shoah.

Le chancelier allemand Adolf Hitler, à droite, et le Premier ministre roumain, le maréchal Ion Antonescu, à gauche, dans son quartier général, le 16 janvier 1943. (Crédit : AP)

Katz a rappelé qu’en 1946, Vulcanescu a été condamné à 8 ans de prison par les autorités communistes d’après-guerre, qui l’ont jugé coupable de collaboration avec l’Allemagne nazie et l’ont emprisonné jusqu’à sa mort en 1952. Vulcanescu avait participé à l’adoption d’une loi visant à surtaxer les Juifs et à les dépouiller de leurs biens.

Maria, la fille de Vulcanescu, avait demandé la réhabilitation de son père, invoquant la violation de la procédure régulière qui caractérisait les procès communistes d’après-guerre. Mais la cour d’appel de Bucarest avait rejeté sa demande en justice en 2019.

En raison de cette décision de justice, a déclaré Katz, Vulcanescu reste « un criminel de guerre », pour lequel « tous ceux qui se sont opposés ou abstenus » à la motion visant à retirer le monument « ont agi sciemment contre » la loi roumaine de 2002 visant les personnalités reconnues coupables de crimes de guerre.

L’héritage de Mircea Vulcanescu, tant en tant qu’intellectuel que comme haut fonctionnaire, a été au centre de controverses répétées depuis la chute du communisme en 1989.

Plusieurs historiens et intellectuels, ainsi que des groupes nationalistes et certains militants qui défendent la mémoire des victimes du communisme, nient son rôle dans la persécution des Juifs et ont signé plusieurs appels pour le défendre. Ses défenseurs affirment qu’il a ouvertement protesté contre certaines des mesures antisémites du régime d’Antonescu et qu’il a même essayé d’en atténuer les effets.

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