La Maison Blanche dit qu’elle est prête à se passer de l’Autorité palestinienne
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La Maison Blanche dit qu’elle est prête à se passer de l’Autorité palestinienne

Washington a organisé une réunion inhabituelle de représentants et d'envoyés israéliens des pays arabes avec lesquels Jérusalem n'a pas de relations formelles

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

Des enfants palestiniens se tiennent à côté de sacs d'aide alimentaire fournis par l'agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens dans le camp de réfugiés de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 24 janvier 2018. (AFP Photo/Said Khatib)
Des enfants palestiniens se tiennent à côté de sacs d'aide alimentaire fournis par l'agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens dans le camp de réfugiés de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 24 janvier 2018. (AFP Photo/Said Khatib)

WASHINGTON – Alors que la Maison Blanche voudrait travailler avec l’Autorité palestinienne sur ses initiatives à Gaza, elle passera à autre chose sans l’AP si l’autorité de Mahmoud Abbas ne veut toujours pas coopérer avec l’administration Trump, ont déclaré mardi les hauts responsables de l’administration, peu après avoir achevé une conférence avec des responsables israéliens, arabes et européens sur l’enclave côtière sinistrée.

Tout en affirmant qu’un grand nombre des projets discutés précédemment lors d’un sommet de six heures pourraient facilement être menés à bien sans que l’AP ne gouverne la bande de Gaza, un responsable américain a déclaré que ce ne serait pas « la situation idéale ».

« Notre objectif est de permettre à l’AP de prendre le contrôle de Gaza, si c’est possible », a déclaré le responsable lors d’une conférence de presse. « Si l’Autorité palestinienne n’est pas disposée ou incapable de mettre en œuvre les projets, alors nous devrions procéder sans elle. »

Le sommet a été marqué par une rencontre inhabituelle avec des représentants d’Israël et des nations arabes avec lesquelles l’État juif n’a pas de relations officielles.

Jérusalem était représentée par le Coordonnateur des activités gouvernementales du ministère de la Défense dans les territoires (COGAT), le général de division Yoav Mordechai. Étaient également présents des envoyés pour l’Arabie saoudite, Bahreïn, les Émirats arabes unis, Oman et – notamment – le Qatar, qui a des liens étroits avec les dirigeants du Hamas à Gaza.

Des responsables égyptiens et jordaniens étaient également présents.

L’organe dirigeant palestinien, qui a refusé de travailler avec les Etats-Unis depuis que le président Donald Trump a reconnu Jérusalem comme la capitale d’Israël et annoncé son intention de déplacer l’ambassade américaine de Tel Aviv, était remarquablement absent de la conférence de mardi.

Le président américain Donald Trump signe la déclaration de reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël, à la Maison Blanche, le 6 décembre 2017. (Crédit : Chip Somodevilla/Getty Images via JTA)

« La plupart des pays ont déploré que l’Autorité palestinienne ne soit pas dans la salle », a déclaré un fonctionnaire. « On a passé beaucoup de temps à discuter des échecs du Hamas à Gaza et de la nécessité pour l’Autorité palestinienne de gouverner Gaza. »

Le tête-à-tête avec les journalistes est intervenu après que des représentants de douzaines de pays ont discuté des stratégies visant à soulager les souffrances à Gaza dans la salle « Indian Treaty Room » dans le bâtiment administratif de la Maison Blanche.

Dans son allocution, l’envoyé de Trump au Proche-Orient, Jason Greenblatt, a déclaré que l’amélioration de la situation dans la bande de Gaza était « essentielle » pour résoudre le conflit.

Bien que les délégués n’aient pas voulu donner de détails précis sur les propositions qui ont fait l’objet de délibérations, elles ont dit qu’elles visaient l’électricité, l’eau, les eaux usées et la santé.

« Il y a eu beaucoup d’idées concrètes. Je ne dirais pas qu’il existe encore des mesures concrètes », a déclaré un responsable.

« Il y a beaucoup d’étapes à franchir. Il est à espérer que certaines de ces mesures pourront être mises en œuvre immédiatement, d’autres prendront plus de temps, et d’autres que nous ne pourrons peut-être jamais mettre en œuvre, compte tenu de la complexité de la situation là-bas. »

Il manquait également à la réunion un représentant de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), l’organisme des Nations Unies qui fournit divers services sociaux aux Gazaouis. Les dirigeants de l’organisation ont déploré leur exclusion de la réunion.

Évoquant « l’expérience sur le terrain que nous pouvions apporter à toute discussion sur Gaza », Elizabeth Campbell, directrice du bureau de l’UNWRA à Washington, a déploré : « Nous n’avons pas été en mesure de fournir cette mine d’informations ».

Un responsable de la Maison Blanche a dit au Times of Israel que c’était parce que la réunion concernait « les donateurs et les voisins de Gaza pour débattre des mesures visant à créer des améliorations immédiates et significatives pour le développement économique à Gaza. Il ne visait pas les exécutants de projets comme l’UNRWA. »

Un autre responsable a déclaré que le sujet de l’UNRWA – et les coupes budgétaires massives que l’administration Trump lui avait imposées au début de cette année – avait été abordé, mais que cela n’a pas occupé une grande partie du dialogue.

« Un ou deux intervenants ont mentionné l’UNRWA en passant, mais ce n’était pas l’objet de la discussion ni le but de cette conférence », a déclaré le responsable.

Le haut-conseiller à la Maison Blanche Jared Kushner arrive à une conférence de presse du président américain Donald Trump le 16 février 2017 à la Maison Blanche de Washington, DC. (Crédit : AFP Photo/ Nicholas Kamm)

Le gendre du président et conseiller principal Jared Kushner a fait des remarques détaillées sur les propositions de la bande de Gaza, qui comprenaient des propositions à court, moyen et long terme, et des propositions ambitieuses, qui ne pouvaient être mises en œuvre que dans le cadre d’un accord de paix.

« Je ne peux pas dire que tout le monde est sorti heureux de la pièce. Je pense qu’ils l’étaient », a dit un responsable. « Je pense qu’ils ont compris l’importance de cette discussion et combien il nous en faudrait d’autres pour résoudre le conflit. »

Ce même responsable a déclaré que le plan de paix tant attendu de l’équipe Trump, qu’elle s’apprête à dévoiler bientôt, n’a pas été discuté de manière conséquente.

« Comme nous avons demandé aux participants de laisser la politique à la porte, le plan de paix n’a pas fait l’objet d’autres discussions qu’une ou deux références isolées, rappelant simplement aux délégués que nous révélerons le plan de paix lorsqu’il sera prêt », a conclu le responsable.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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