La maison du meurtrier présumé de Yehuda Guetta sera détruite, disent les juges
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La maison du meurtrier présumé de Yehuda Guetta sera détruite, disent les juges

Les magistrats ont rejeté l'appel déposé par la famille de Muntasir Shalabi, inculpé pour avoir tué l'étudiant de 19 ans et blessé deux personnes dans un attentat en Cisjordanie

Yehuda Guetta, 19 ans. (Autorisation)
Yehuda Guetta, 19 ans. (Autorisation)

La Haute cour de Justice a rejeté à l’unanimité, mercredi, l’appel déposé contre la démolition en suspens du domicile de Muntasir Shalabi en Cisjordanie. Il est le principal suspect dans une attaque à l’arme à feu survenue le mois dernier, au cours de laquelle un étudiant israélien de 19 ans, Yehuda Guetta, a été tué et deux autres adolescents blessés.

La famille de Shalabi avait fait appel contre cette démolition prévue en disant qu’il vivait peu dans l’habitation, mais les magistrats ont néanmoins estimé que les informations récoltées lors de l’enquête ouverte sur l’attentat laissaient penser le contraire. La maison appartenait à Shalabi, ont-ils dit, et le terroriste présumé l’avait lui-même rénovée.

Concernant l’affirmation faite par la famille qui a déclaré que la destruction de l’habitation s’apparentait à une sanction collective, la cour a indiqué que la force de dissuasion d’éventuels terroristes que représente la démolition de la maison était plus importante que la prise en considération des proches, même s’ils n’avaient pas été impliqués dans l’attaque.

Le mois dernier, le Commandant du district central de l’armée israélienne, Tamir Yadai, avait signé un ordre prévoyant la démolition du domicile de Shalabi en Cisjordanie, dans la ville de Turmus Ayya. Les objections de sa famille ont été rejetées par l’armée, et l’habitation a été cartographiée pour être détruite.

Muntasir Shalabi a été inculpé par le tribunal militaire de Judée pour homicide volontaire, tentative d’homicide, possession et usage d’une arme sans permis et pour obstruction à la justice.

Shalabi, 47 ans, est soupçonné de s’être rendu en voiture au carrefour de Tapuah, dans le nord de la Cisjordanie, en date du 2 mai et d’avoir ouvert le feu en direction d’un groupe d’étudiants israéliens de la yeshiva de l’implantation voisine d’Itamar. La fusillade avait finalement entraîné la mort de Yehuda Ghetta, 19 ans, grièvement blessé un autre adolescent et plus légèrement un troisième.

Muntasir Shalabi, suspect dans la fusillade qui a eu lieu au carrefour de Tapuah, en Cisjordanie, le 1er mai 2021. (Autorisation)

Selon les documents de la cour et les procureurs, Shalabi avait décidé de commettre un attentat au carrefour déjà un mois auparavant, mais il avait remis son projet à deux reprises parce qu’il ne se sentait pas bien.

Le jour de l’attaque, il avait conduit jusqu’au carrefour après avoir posé une arme à feu sur le siège passager qui était cachée sous un tapis de prière. S’arrêtant devant un arrêt de bus, il avait crié « Allah Akhbar ! » et ouvert le feu, continuant à tirer jusqu’à ce que l’arme dysfonctionne et se bloque. Il avait fui quand les soldats qui gardaient le carrefour lui avaient tiré dessus. Blessé, il était parvenu à s’échapper et s’était réfugié dans la ville d’Aqraba, en Cisjordanie, où il avait abandonné son véhicule, qui avait été ultérieurement incendié par les habitants alors que les soldats israéliens s’apprêtaient à le saisir.

Shalabi avait finalement été arrêté après une chasse à l’homme de trois jours – une heure après la mort de Guetta, qui avait succombé à ses blessures.

Shalabi, père de sept enfants, ne serait affilié à aucun groupe terroriste palestinien, ont indiqué les services de sécurité du Shin Bet.

Les autorités israéliennes prennent souvent des actions punitives – comme les démolitions de maison – avant une condamnation dans les dossiers d’attentat terroriste. Israël défend cette pratique en affirmant qu’elle dissuade les éventuels terroristes de commettre de futurs attentats et les responsables estiment que la rapidité est ici un facteur essentiel, affirmant que la force de dissuasion des démolitions s’amoindrit avec le temps.

Au fil des années, un certain nombre de responsables de la Défense ont mis en doute l’efficacité de cette pratique et les activistes des droits de l’homme dénoncent, pour leur part, une punition collective injuste.

Judah Ari Gross a contribué à cet article.

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