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La milliardaire philanthrope juive brésilienne Lily Safra est décédée

Elle a poursuivi l'œuvre de son mari Edmond Safra par le biais de leur fondation, dans des projets éducatifs, scientifiques et humanitaires et au profit d’organisations israéliennes et juives

Lily Safra (Crédit : Autorisation)
Lily Safra (Crédit : Autorisation)

La milliardaire Lily Safra, veuve du banquier Edmond Safra, est décédée samedi à l’âge de 87 ans, a annoncé dans un communiqué la fondation Edmond J. Safra, dont elle était présidente.

« Pendant plus de vingt ans, Mme Safra a fidèlement soutenu l’héritage philanthropique de son mari bien-aimé Edmond, apportant son soutien à des centaines d’organisations à travers le monde », a rendu hommage la fondation.

Ses funérailles auront lieu ce lundi 11 juillet à Genève, en Suisse.

Née à Porto Alegre, au Brésil, de parents juifs immigrés. Son père Wolf Watkins, était un ingénieur d’origine tchèque et britannique qui a prospéré au Brésil et en Uruguay, et sa mère Annita Noudelman, dont la famille a fui les pogroms d’Odessa pour se réfugier au Brésil.

Elle a passé une partie de sa vie à Monaco, et à Genève où elle s’est éteinte.

Elle avait épousé Edmond Safra en 1976, en troisièmes noces, dont elle héritera de la fortune après son décès en 1999 lors d’un incendie criminel provoqué dans son appartement de Monaco par l’un de ses aides-soignants, une affaire qui avait défrayé la chronique.

Lily Safra a poursuivi l’immense œuvre philanthropique de son défunt mari Edmond Safra par le biais de leur fondation, dans des projets éducatifs, religieux, médicaux, scientifiques, culturels et humanitaires et notamment au profit d’organisations israéliennes et juives.

En 2015, alors qu’elle présidait la fondation Edmond J Safra, Mme Lily Safra avait fait don d’un million d’euros à la Fondation Auschwitz-Birkenau pour la préservation du site et les initiatives éducatives de la Fondation.

Edmond et Lily Safra avaient été parmi les premiers bienfaiteurs du programme « March of the Living » [marche des vivants] qui a permis, depuis 1988, à 200 000 élèves du monde entier de visiter le site d’Auschwitz.

Engagée de longue date dans la commémoration et l’éducation de la Shoah, la Fondation Edmond J Safra a apporté un soutien important à des musées et des institutions éducatives à travers le monde, y compris Yad Vashem, le Museum of Jewish Heritage à New York, où elle a siégé au conseil d’administration, le Mémorial de la Shoah à Paris (et l’Institut Edmond J. Safra), le Memoriale della Shoah à Milan, Yahad-In Unum, Facing History and Ourselves et le Projet Aladin en France et à l’Alliance israélite universelle.

Elle a notamment soutenu la recherche contre la maladie de Parkinson et « d’autres maladies cérébrales », avec l’ouverture, en 2017, d’un centre interdisciplinaire pour les sciences du cerveau au sein de l’université hébraïque de Jérusalem.

Mme Lily Safra coupe le ruban marquant le lancement public du Centre Edmond et Lily Safra pour les sciences du cerveau de l’Université hébraïque sous le regard (de droite à gauche) du président du Conseil des gouverneurs de l’Université, Michael Federmann, du président Shimon Peres, du président de l’Université, le professeur Menahem Ben-Sasson, du prince Albert II de Monaco et du directeur du Centre, le professeur Eilon Vaadia. (Autorisation)

Mme Safra a siégé aux conseils d’administration de la Michael J. Fox Foundation for Parkinson’s Research et de la Foundation for the National Institutes of Health.

De nombreux bâtiments financés par son mari ou sa fondation portent le nom de « Edmond et Lily Safra » à travers le monde, comme la clinique pour enfants Edmond et Lily Safra au sein de l’hôpital Sheba, en Israël.

L’Hôpital pour enfants Edmond et Lily Safra, à l’hôpital Seba Tel Hashomer, en Israël. (Crédit : I, David Shay/CC BY-SA 3.0)

Elle avait également fait un don de 10 millions d’euros à la Fondation du patrimoine, dès le lendemain de l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Mme Safra été docteur honoris causa de l’Université hébraïque de Jérusalem, de l’Université de Tel Aviv, de l’Université de Haïfa, du Technion-Israel Institute of Technology, de l’Université Brandeis et de l’Imperial College de Londres, et a été membre honoraire du King’s College de Londres et du Courtauld Institute of Art.

Elle a également été nommée Commandeur de l’Ordre des Arts et des Lettres et Officier de la Légion d’honneur par le président français en 2018 et Chevalier de l’Ordre de Léopold II par le Roi de Belgique.

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