La nièce d’un haut responsable kurde de Syrie détenue en Turquie
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La nièce d’un haut responsable kurde de Syrie détenue en Turquie

Le père de la jeune femme a expliqué sur Facebook que sa fille préparait son retour en Syrie après s'être rendue il y a six mois au Kurdistan irakien voisin pour des soins médicaux

Saleh Muslim (Crédit : Rosa Luxemburg-Stiftung/CC BY 2.0)
Saleh Muslim (Crédit : Rosa Luxemburg-Stiftung/CC BY 2.0)

La nièce d’un influent homme politique kurde de Syrie, lui-même recherché par Ankara, est détenue par la Turquie, a annoncé dimanche sa famille dont le récit contredit des informations de l’agence étatique turque Anadolu.

Dalia Mahmoud Muslim est la nièce de Saleh Muslim, étroitement lié à l’administration semi-autonome kurde syrienne.

Il avait été interpellé à Prague en février 2018 et avait été libéré quelques jours plus tard, malgré une demande d’extradition d’Ankara.

Il fait l’objet depuis 2016 d’un mandat d’arrêt émis par les autorités turques en lien avec un attentat commis à Ankara en février 2016 (29 morts). Il a nié toute implication.

Le père de la jeune femme a expliqué sur Facebook que sa fille préparait son retour en Syrie après s’être rendue il y a six mois au Kurdistan irakien voisin pour des soins médicaux.

« Mais nous avons été surpris (d’apprendre) qu’elle avait été livrée aux autorités turques et à leurs services de renseignements », a ajouté Mahmoud Muslim, affirmant que toute déclaration attribuée à sa fille serait « fausse » et obtenue « sous la pression ».

Il a fait porter aux autorités du Kurdistan irakien « la responsabilité de son enlèvement ou de sa remise aux renseignements turcs ».

L’agence de presse étatique turque Anadolu, citant des sources sécuritaires, affirmait samedi que Dalia Mahmoud Muslim, 21 ans, s’était « rendue » le 15 juillet « aux forces de sécurité turques » dans une province du sud de la Turquie.

Les Kurdes ont établi dans le nord-est syrien une administration semi-autonome sur de vastes territoires à la frontière avec la Turquie.

Cette autonomie de facto est mal vue par Ankara, qui qualifie milices et factions kurdes de groupes « terroristes » et les considère comme une extension en Syrie du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), organisation classée « terroriste » par la Turquie et ses alliés occidentaux.

Selon son père, Dalia Muslim faisait partie des Unités de protection de la femme (YPJ), versant féminin de la principale milice kurde des Unités de protection du Peuple (YPG).

Saleh Muslim, son oncle, a longtemps été coprésident du Parti de l’union démocratique (PYD), bras politique des YPG.

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