La normalisation est un « moment historique » pour les Juifs de Bahreïn
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La normalisation est un « moment historique » pour les Juifs de Bahreïn

Le royaume accueille un petit nombre de Juifs, majoritairement originaires d'Irak ; pour un responsable, "nous n'aurions jamais pensé voir dans notre vie" le pacte avec Israël

Les fidèles, parmi lesquels Jason Greenblatt, envoyé de l'administration Trump au Moyen-Orient,à gauche, assis, lors de la prière du matin dans une synagogue de Manama, au Bahreïn, le 26 juin 2019 (Crédit : Raphael Ahren/Times of Israel)
Les fidèles, parmi lesquels Jason Greenblatt, envoyé de l'administration Trump au Moyen-Orient,à gauche, assis, lors de la prière du matin dans une synagogue de Manama, au Bahreïn, le 26 juin 2019 (Crédit : Raphael Ahren/Times of Israel)

La communauté juive de Bahreïn a salué ce qu’elle a qualifié d’accord « historique et inattendu » conclu entre le royaume et Israël vendredi.

« C’est un moment historique que nous n’aurions jamais pensé voir dans notre vie », a commenté le chef de la communauté juive du Bahreïn, Ebrahim Dahood Nonoo, dans un communiqué.

Le communiqué a été également l’occasion de remercier le roi du Bahreïn, Hamad bin Salman al-Khalifa, pour « avoir eu la sagesse de prendre cette décision et pour sa croyance dans la coexistence, sa foi et sa capacité à briser les barrières qui restreignent la cohabitation ».

« Nous sommes impatients de voir se mettre en place une relation fructueuse au bénéfice des deux pays », a continué le communiqué.

Le président américain Donald Trump a annoncé l’accord dans la journée de vendredi. Le Bahreïn est le second pays du Golfe à établir des liens ouverts avec l’Etat juif en moins d’un mois.

Isaac Herzog, le président de l’Agence juive, s’exprime lors d’une Conférence des Présidents des principales Organisations juives américaines à Jérusalem, le 18 février 2019. (Hadas Parush/Flash90/via JTA)

Isaac Herzog, président de l’Agence juive pour Israël, s’est entretenu samedi soir avec le responsable de la communauté juive bahreïnie. Les deux hommes ont évoqué les aides éventuelles à apporter en faveur du développement de la vie communautaire dans le royaume.

Ils ont échangé par téléphone, a précisé l’Agence juive.

Selon un communiqué, Herzog et Ebrahim Nonoo ont convenu que l’agence israélienne quasiment gouvernementale collaborerait avec la communauté juive du Bahreïn pour aider à son développement et pour fournir des services supplémentaires.

« Je félicite les leaders d’Israël, du Bahreïn et des Etats-Unis pour cet accord important qui nous permettra de travailler ensemble avec la communauté juive du Bahreïn », a déclaré Herzog dans le communiqué. « Je suis heureux de féliciter mon ami depuis tant d’années, Ebrahim Nonoo, qui sera bientôt en mesure de se rendre librement en Israël en compagnie de sa famille. L’Agence juive peut dorénavant soutenir une nouvelle communauté juive au Moyen-Orient, tout comme nous soutenons toutes les communautés juives dans le monde entier. »

Nonoo, pour sa part, a demandé à l’Agence de lui fournir des outils pour aider à l’éducation juive et pour « renforcer l’identité juive en cultivant la vie communautaire ».

Cela fait déjà « quelque temps » que Hergoz et Nonoo sont en contact, a précisé le communiqué. La sœur de Nonoo est une diplomate du service des Affaires étrangères du royaume, et elle a été ambassadrice du pays aux Etats-Unis de 2008 à 2013.

Une équipe dirigée par la directrice-générale de l’Agence, Amira Ahronoviz, devrait être nommée dans les prochains jours pour travailler aux côtés de la communauté juive du Bahreïn.

Cela fait plusieurs années que Bahreïn semble s’être rapproché d’Israël et le royaume a notamment accueilli, l’année dernière, un sommet organisé par les Etats-Unis – une conférence au cours de laquelle l’administration Trump a présenté le volet économique de son plan de paix israélo-palestinien. À ce moment-là, un groupe formé d’hommes d’affaires, de journalistes et de rabbins avait organisé un service de prière – auquel avait aussi assisté un haut-responsable de la Maison Blanche – dans la seule synagogue officielle de ce pays insulaire.

La synagogue du Bahreïn, le 24 juin 2019. (Crédit : Raphael Ahren/TOI)

Si le Bahreïn veut, depuis longtemps, afficher sa tolérance à l’égard de toutes les religions, il n’y a pas eu toutefois de vie juive publique dans le royaume jusqu’à une date récente.

Les Juifs du Bahreïn – qui sont en majorité d’origine irakienne – se trouvent dans le pays depuis 1880, une particularité dont s’enorgueillit le royaume qui affirme accueillir « la seule communauté juive indigène du Golfe » sur son territoire. Au cours de la dernière décennie, il y a eu une congrégation active à Dubaï mais qui est exclusivement formée d’expatriés.

Au début des années 1990, la communauté juive bahreïnie avait établi un cimetière relativement important qui existe encore aujourd’hui.

À son apogée, la communauté avait pu compter 1 500 membres. Mais en 1947, suite à la résolution des Nations unies qui avait proposé la création d’un Etat juif en Palestine mandataire, la synagogue avait été saccagée – même si aucun mort n’avait été à déplorer – et la communauté avait commencé à diminuer.

La synagogue avait été rénovée à la fin des années 1990 mais il n’y a, aujourd’hui, que 34 Juifs à Bahreïn.

Le lieu de culte n’offre pas de services de prière réguliers et il est habituellement fermé pendant les fêtes, n’ouvrant ses portes qu’à des occasions particulières. Rien ne distingue le bâtiment abritant la synagogue – ni signe, ni panneau.

Malgré sa taille modeste, la communauté tente de peser dans la vie sociale et politique du royaume. L’un de ses membres siège actuellement au parlement, sans oublier la sœur de Nonoo qui a donc servi au poste d’ambassadrice du royaume à Washington de 2008 à 2013.

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