La petite communauté juive du Maroc endeuillée par le coronavirus
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La petite communauté juive du Maroc endeuillée par le coronavirus

12 décès de membres de la communauté juive sont à déplorer, soit 10 % du total des morts dus à la maladie officiellement enregistrés dans le royaume

Des membres du personnel médical d'un hôpital où des patients contaminés par le nouveau coronavirus sont traités, dans la ville de Sale, au nord de la capitale marocaine Rabat, le 12 avril 2020. (Crédit : FADEL SENNA / AFP)
Des membres du personnel médical d'un hôpital où des patients contaminés par le nouveau coronavirus sont traités, dans la ville de Sale, au nord de la capitale marocaine Rabat, le 12 avril 2020. (Crédit : FADEL SENNA / AFP)

La petite communauté juive du Maroc est particulièrement endeuillée par l’épidémie du nouveau coronavirus, avec 12 décès consécutifs à la célébration d’un mariage et d’une fête religieuse en mars, soit 10 % du total des morts dus à la maladie officiellement enregistrés dans le royaume.

Durant la première quinzaine de mars, quelques jours avant la déclaration de l’état d’urgence sanitaire et le confinement obligatoire, des membres de la communauté « se sont retrouvés à un mariage à Agadir (sud-ouest), avec des invités venus de l’étranger », dit à l’AFP Serge Berdugo, secrétaire général du Conseil de la communauté israélite du Maroc (CCIM).   

« Quelques jours après ils se sont retrouvés à la fête de Pourim à Casablanca (ouest), et ça a été un drame », a-t-il confié tout en précisant que « plusieurs dizaines de personnes contaminées sont en voie de guérison ».

Parmi les 12 morts, tous issus de la communauté juive marocaine, figurent un rabbin, Shalom Edelman, 83 ans, ainsi que trois proches du chef du Parti travailliste israélien, Amir Peretz.

Le président du Parti travailliste Amir Peretz lors d’une conférence de presse à Tel Aviv, le 12 mars 2020. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

« La distance imposée par la pandémie de coronavirus a empêché » leurs proches de « les honorer lors de leurs funérailles », a écrit sur sa page Facebook M. Peretz, lui-même né dans le royaume.

Plus de 1 800 cas de contamination ont été déclarés officiellement au Maroc, avec 126 décès et 210 rémissions. La semaine dernière, les autorités ont rendu obligatoire le port du masque.

Des policiers et des agents de sécurité soutenus par des soldats dans des véhicules blindés ont été déployés dans tout le pays, érigeant des barrages et des points de contrôle afin de faire appliquer les mesures.

Des fonctionnaires marocains portant des masques de protection contrôlent les personnes à un barrage routier dans une rue de la capitale Rabat le 9 avril 2020, dans le cadre de la crise sanitaire. (Crédit : FADEL SENNA / AFP)

Présente depuis l’Antiquité, la communauté juive marocaine a crû au cours des siècles, avec notamment l’arrivée de ceux que les rois catholiques avaient expulsés d’Espagne à partir de 1492.

Dans les années 1940, ils étaient environ 250 000, soit 10 % de la population. Mais beaucoup sont partis après la fondation d’Israël en 1948. Aujourd’hui la communauté juive marocaine compte entre 2 500 et 3 000 personnes et reste la plus importante d’Afrique du Nord.

Les autorités marocaines mettent souvent en exergue cet héritage judéo-marocain, avec différents programmes de réhabilitation de cimetières, de synagogues et de quartiers historiques juifs.

Si ce pays de 35 millions d’habitants n’entretient officiellement aucune relation avec Israël, des milliers de Juifs d’origine marocaine viennent chaque année – y compris en provenance de l’Etat hébreu – retrouver la terre de leurs ancêtres ou célébrer des fêtes religieuses.

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