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La petite communauté juive portugaise fait son cinéma

"Sefarad" retrace des siècles de vie juive à Porto ; le film, qui a coûté 1,1 million d'euros, est financé par des candidats à la citoyenneté portugaise descendants de séfarades

L'acteur portugais Rodrigo Santos, au centre, dans le rôle d' Artur Carlos de Barros Basto lors du tournage de "Séfarade" en 2018 à Porto, au Portugal (Autorisation/JTA)
L'acteur portugais Rodrigo Santos, au centre, dans le rôle d' Artur Carlos de Barros Basto lors du tournage de "Séfarade" en 2018 à Porto, au Portugal (Autorisation/JTA)

JTA —La minuscule communauté juive de Porto, au Portugal, a réalisé un long-métrage de fiction consacré à son histoire. Il s’agit probablement de la production la plus coûteuse jamais menée à bien par une communauté juive européenne.

Ce film d’une heure trente, intitulé « Sefarad », couvre des siècles d’histoire juive au Portugal, alternant les époques et suivant les histoires individuelles de personnalités historiques réelles, depuis le 15e siècle jusqu’aux chefs communautaires modernes.

Le film, dont le budget a dépassé le million d’euros, est diffusé depuis vendredi sur Amazon Prime et sortira sur iTunes le 15 décembre.

La scène d’ouverture du film montre des douzaines de figurants en costumes médiévaux et des techniques de tournage de drame d’époque rarement utilisées dans des vidéos promotionnelles de petites communautés juives.

Le film se concentre sur Artur Carlos de Barros Basto, capitaine de l’armée dans les années 1920 qui avait contribué à la défense de la vie juive à Porto et été ultérieurement faussement accusé de crimes sexuels et renvoyé de l’armée.

Un ancien membre éminent de la communauté a confié à JTA, sous couvert d’anonymat, que le budget du film était issu des revenus issus des enquêtes menées sur les candidatures de centaines de personnes clamant être d’ascendance Juive séfarade.

En 2015, le Portugal et l’Espagne ont adopté des lois permettant à de tels descendants d’obtenir la citoyenneté, une mesure de réparation pour les persécutions passées. Ce sont les communautés juives qui sont chargées des vérifications. Celle de Porto s’enorgueillit de 400 membres.

Un spécialiste des communications travaillant pour la communauté a indiqué que la production reposait « sur des fonds privés ». Michael Rothwell, porte-parole de la communauté, a refusé d’évoquer le sujet avec la JTA.

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