La photo qui pourrait marquer le début d’une nouvelle ère au Moyen-Orient
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Opinion

La photo qui pourrait marquer le début d’une nouvelle ère au Moyen-Orient

Alors que les Emirats et le Bahreïn ont fait la paix avec l'État juif, les premiers signes tendent à montrer que des partenariats chaleureux entre les peuples pourraient naître

David est le fondateur et le rédacteur en chef du Times of Israel. Il était auparavant rédacteur en chef du Jerusalem Post et du Jerusalem Report. Il est l’auteur de « Un peu trop près de Dieu : les frissons et la panique d’une vie en Israël » (2000) et « Nature morte avec les poseurs de bombes : Israël à l’ère du terrorisme » (2004).

Le haut-conseiller à la Maison Blanche, Jared Kushner, présente un rouleau de Torah au roi du Bahreïn, Hamad bin Isa Al Khalifa, lors d'une visite dans ce pays du Golfe, au début du mois de septembre 2020 (Crédit : Twitter/Avi Berkowitz)
Le haut-conseiller à la Maison Blanche, Jared Kushner, présente un rouleau de Torah au roi du Bahreïn, Hamad bin Isa Al Khalifa, lors d'une visite dans ce pays du Golfe, au début du mois de septembre 2020 (Crédit : Twitter/Avi Berkowitz)

Lundi après-midi, un jour avant la cérémonie de paix entre Israël, les EAU et le Bahreïn à la Maison Blanche, le conseiller du président américain Donald Trump, Avi Berkowitz, a publié une très belle photo sur Twitter. On y voit Jared Kushner, le conseiller principal et gendre du président, remettant un rouleau de la Torah à Sa Majesté le roi Hamad bin Isa bin Salman al-Khalifa de Bahreïn, pour qu’il soit utilisé dans une synagogue du royaume.

Le moment est tendre et émouvant – les regards des deux hommes se concentrent sur le parchemin recouvert de velours plutôt que l’un sur l’autre, dans le respect du Livre. C’est une image de transition et de confiance : un officiel juif américain confiant à un monarque arabe le texte le plus sacré du peuple juif afin qu’il le transmette à une communauté juive libre de pratiquer sa religion dans son pays.

Kushner a qualifié le processus de paix auquel nous assistons actuellement entre Israël et, jusqu’à présent, les EAU et le Bahreïn, de « début de la fin du conflit israélo-arabe ». Si cela s’avère être le cas, cette photographie pourrait en venir à le symboliser.

La realpolitik n’a pas de fin dans ces nouveaux positionnements. Israël a progressivement fait comprendre à ses voisins qu’il a des racines millénaires ici, qu’il n’ira nulle part, qu’il n’est pas un bouc émissaire et qu’il est bien capable de se défendre. Ses nouveaux partenaires émergents partagent une préoccupation commune concernant la rage et l’agression du régime iranien, et reconnaissent qu’Israël peut être un allié essentiel contre Téhéran. Les accords ouvrent également la possibilité de resserrer les liens avec l’allié fiable d’Israël, les États-Unis, et de procéder à des ventes d’armes en conséquence directe. En outre, des décennies d’intransigeance des Palestiniens ont réduit la sympathie pour leur cause dans au moins certaines parties du monde arabe – ou du moins ont réduit la volonté de certaines parties du monde arabe de faire passer les intérêts perçus des Palestiniens avant les leurs.

Pourtant, les nouveaux partenaires d’Israël n’ont pas abandonné les Palestiniens. Un élément central de l’accord avec les Émirats arabes unis a été l’acceptation du Premier ministre Benjamin Netanyahu de suspendre indéfiniment son plan d’annexion unilatérale de 30 % de la Cisjordanie – la Judée et la Samarie bibliques – y compris toutes les implantations. Trump avait indiqué au début de sa présidence qu’il n’était pas particulièrement partisan de l’expansion des implantations ; Kushner a explicitement exprimé la semaine dernière la crainte qu’Israël, via l’entreprise d’implantations, « aurait grignoté toutes les terres de Cisjordanie » si l’administration n’avait pas présenté sa vision de la paix de janvier. Et Netanyahu, de façon louable et politiquement problématique, a choisi l’opportunité historique d’un cercle de paix plus large pour Israël plutôt qu’une poussée unilatérale pour une souveraineté israélienne plus large.

Le Moyen-Orient est en constante évolution, et les intérêts géopolitiques peuvent rapidement changer. Les Saoudiens calculent soigneusement leur avenir dans cette nouvelle ère, ayant pris la première mesure publique d’ouverture de leur espace aérien à Israël et ayant sans doute donné leur soutien en privé aux Émirats arabes unis et à Bahreïn. Néanmoins, malgré les changements et l’imprévisibilité de la région, même les accords de paix « froids » d’Israël avec l’Égypte et la Jordanie ont tenu bon pendant des décennies.

Les derniers partenariats, avec ces deux États du Golfe, donnent des raisons supplémentaires d’être optimiste, mais cette photographie le montre une fois de plus.

Tout au long de l’histoire moderne d’Israël, les peuples arabophones de cette région ont été inondés de propagande vicieuse contre l’État juif… et n’ont pas eu l’occasion directe de se faire une image plus honnête.

Les premiers signes, du moins, sont ceux-ci : il ne s’agit pas d’accords de paix à contrecœur, mais des célébrations de liens normalisés – dans lesquelles nos peuples auront la chance d’interagir et, par conséquent, d’apprendre à se connaître et à mieux se comprendre. Abritant de petites communautés juives, les EAU et le Bahreïn ont déjà commencé à découvrir un peu du judaïsme, du peuple juif et, par extension, de l’État juif.

Ces accords offrent la perspective d’un dialogue et d’une compréhension à un niveau sans précédent – une interaction qui est essentielle à toute paix israélo-arabe authentique. Lorsque Jared Kushner, le beau-fils juif du président des États-Unis, allié vital de l’État juif, a remis le rouleau de Torah au roi de Bahreïn, il offrait symboliquement un partenariat. Et lorsque le roi l’a soigneusement pris en main, il a signalé son acceptation.

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