Israël en guerre - Jour 151

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La police annule une marche ultranationaliste à Jérusalem pour violation des règles

Le petit rassemblement organisé par le groupe kahaniste devait traverser le quartier musulman de la Vieille Ville de Jérusalem. La police l'a annulé en raison des chants et pancartes provocateurs

Jeremy Sharon est le correspondant du Times of Israel chargé des affaires juridiques et des implantations.

Baruch Marzel, figure politique kahaniste de longue date, se confronte  à un policier lors d’une manifestation ultranationaliste devant la Vieille Ville de Jérusalem, le 7 décembre 2023. (Chaim Goldberg/Flash90)
Baruch Marzel, figure politique kahaniste de longue date, se confronte à un policier lors d’une manifestation ultranationaliste devant la Vieille Ville de Jérusalem, le 7 décembre 2023. (Chaim Goldberg/Flash90)

Un défilé d’extrême droite organisé par des kahanistes et des ultranationalistes juifs, supposée traverser le quartier musulman de la Vieille Ville de Jérusalem, a été empêché par la police, jeudi soir, avant même d’avoir commencé.

La police en avait pourtant autorisé le principe, mercredi, en dépit des fortes tensions qui secouent le pays, en pleine guerre contre le Hamas à Gaza. Mais elle a finalement bloqué le cortège dès son lieu de ralliement, place de Tsahal, en bas de la rue Jaffa en direction de la Vieille Ville. On estime entre 100 et 150 le nombre de militants qui se trouvaient sur place.

Un porte-parole de la police a déclaré que les manifestants avaient enfreint les règles convenues avec la police, avec leurs pancartes et chants provocateurs.

On a pu entendre des manifestants scander « Dehors le Waqf », allusion au rôle joué par le Waqf jordanien dans l’administration du mont du Temple ou encore « Les gauchistes sont des traîtres ». Un individu a scandé à l’adresse de la police : « Vous êtes les putes des Arabes. »

En début de cortège, on pouvait voir des pancartes disant « Nous exigeons de nous venger », « Une balle dans la tête de chaque terroriste », « La coexistence avec l’ennemi est impossible » ou encore « Un D9 [bulldozer] sur le Mont du Temple sera la vraie victoire », invitations à ce que les sanctuaires de la mosquée Al-Aqsa et du Dôme du Rocher soient démolis.

Lorsque la police a commencé à confisquer les pancartes, les manifestants ont scandé « Démocratie », reprenant le chant utilisé par les manifestants anti-gouvernementaux lors des manifestations contre le projet de réforme judiciaire du gouvernement, avant le début de la guerre contre le Hamas.

Des manifestants expriment leur colère contre la police lors d’une manifestation ultranationaliste bloquée devant la Vieille Ville de Jérusalem, le 7 décembre 2023. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

« Héros contre les Juifs, faibles contre les Arabes », a dit à l’intention de la police un manifestant interpellé.

L’autorisation donnée par la police, en dépit d’un itinéraire passant dans le quartier musulman et la Vieille Ville, tous deux très sensibles, avait été fortement critiquée en raison des risques de troubles à l’ordre public voire d’émeutes à Jérusalem et ailleurs.

Le chef de l’opposition, Yair Lapid, a déclaré que cette marche était « une tentative kahaniste flagrante de mettre le feu aux poudres sur d’autres fronts afin d’occasionner plus de morts encore et de destructions », et a appelé à y mettre fin.

La marche était organisée par une organisation ultranationaliste kahaniste – « La vérité juive » -, dirigée par Baruch Marzel, figure politique bien connue de l’extrême droite, pour demander le « contrôle juif total » sur le Mont du Temple et la fin de l’autorité du Waqf.

Baruch Marzel, figure politique kahaniste de longue date, lors d’une manifestation ultranationaliste devant la Vieille Ville de Jérusalem, le 7 décembre 2023. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

Suite à la décision de la police de disperser la marche, Marzel a rejeté en bloc l’accusation de mise en danger la sécurité publique et vivement protesté contre l’action des forces de l’ordre.

« Rien ne peut engendrer plus de violence. Au milieu du plus grand calme en Israël, nous avons eu les événements de Simhat Torah ; pourtant, il n’y avait ni marche, ni rien », a déclaré Marzel, en référence aux atrocités commises le 7 octobre par le groupe terroriste du Hamas qui ont massacré 1 200 personnes dans le sud d’Israël.

A propos de la décision de disperser le rassemblement, Marzel a affirmé : « En Israël, il n’y a pas de démocratie pour la droite – seulement pour les gauchistes ».

Le cortège était en grande partie composé de jeunes hommes et de garçons, radicaux kahanistes et activistes du mouvement des implantations, ultra-orthodoxes, sionistes religieux et religieux traditionnalistes.

La marche était organisée par une nouvelle organisation radicale appelée les Fils du Mont Moriah, impliquée dans la défense des droits du mont du Temple avec La Vérité Juive.

Le groupe Vérité juive plaide pour le retrait des lieux saints musulmans sur le Mont du Temple, la reconstruction d’un Temple juif et la déportation hors d’Israël de tous ceux qui ont voté pour des partis politiques arabes.

Son compte X regorge de messages provocants contre les Arabes, dont un qui qualifie le député Ahmad Tibi de Hadash-Taal de chien et demande qu’on le « pende dans le centre-ville lors d’une cérémonie officielle nationale ».

Le compte X des Fils du Mont Moriah se réclame du défunt rabbin suprémaciste juif Meir Kahane et regorge d’images d’un Temple juif à la place du Dôme du Rocher, sur le mont du Temple, ainsi que de frappes aériennes sur le lieu saint musulman.

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