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La police des frontières rase des bâtiments de Homesh, mais pas la yeshiva

Les pro-implantations condamnent la démolition ; Tsahal se prépare à des tensions et craindrait que le Hamas ne cherche à tirer parti de la situation

Des agents de la police des frontières se préparent à raser des bâtiments illégaux à l'avant-poste de Homesh, le 24 décembre 2021. (Crédit l police des frontières)
Des agents de la police des frontières se préparent à raser des bâtiments illégaux à l'avant-poste de Homesh, le 24 décembre 2021. (Crédit l police des frontières)

La police des frontières a démoli vendredi plusieurs structures érigées illégalement dans l’avant-poste de Homesh, en Cisjordanie, près de l’endroit où un Israélien a été abattu lors d’une attaque terroriste la semaine dernière.

Depuis l’attentat qui a tué Yehuda Dimentman – qui étudiait dans une yeshiva qui fonctionnait illégalement, mais sous autorisation militaire, de façon quasi quotidienne depuis plus de 15 ans à Homesh – la zone a connu une recrudescence de la violence et l’armée se préparait à l’éventualité d’un débordement dans les jours à venir.

Dans le cadre d’un effort apparent pour faire baisser les tensions, les forces de sécurité ont été envoyées vendredi matin à l’avant-poste érigé sur des terres palestiniennes privées et ont commencé à démonter au moins six bâtiments de fortune, dont un utilisé par les étudiants de la yeshiva pour se loger et deux autres par des familles qui ont récemment déménagé au sommet de la colline dans un mouvement de solidarité visant également à étendre la présence juive dans la région.

Les dirigeants des implantations ont cependant critiqué les démolitions, et affirmant que la réponse à la fusillade devrait être de légaliser l’avant-poste de Homesh, qui était autrefois une implantation  à part entière avant d’être évacuée en 2005 dans le cadre du désengagement de Gaza.

Des Israéliens manifestent à Homesh, dans le nord de la Cisjordanie, le 23 décembre 2021. (Capture d’écran/Twitter)

La police des frontières n’a cependant pas rasé tous les bâtiments de l’avant-poste, et le bâtiment utilisé comme yeshiva, un établissement religieux, est resté, dans un contexte d’inquiétude quant à la réaction qu’une telle démolition pourrait susciter chez les résidents si peu de temps après la fusillade terroriste.

Des milliers d’Israéliens d’extrême droite et de nationalistes religieux sont venus à Homesh jeudi après-midi pour une marche de solidarité avec l’épouse et le père de Dimentman alors qu’ils terminaient la période de deuil traditionnelle.

Les soldats de Tsahal ont bloqué les entrées de plusieurs villes palestiniennes voisines afin de laisser la place aux manifestants israéliens, ce qui a provoqué des affrontements avec les jeunes des villages adjacents.

Quelques heures plus tard, un groupe d’Israéliens a attaqué des maisons palestiniennes dans le village de Burqa, près du rassemblement.

Yehuda Dimentman. (Autorisation)

Les assaillants sont entrés dans le village à la nuit tombée, ont « attaqué les maisons des résidents » et ont brisé des pierres tombales dans un cimetière, selon le groupe de défense des droits Yesh Din.

Au moins une personne a été blessée et emmenée à l’hôpital pour y être soignée.

Selon un reportage non sourcé publié vendredi par le site d’information Walla, les officiers supérieurs de Tsahal craignent que le Hamas ne cherche à tirer parti des tensions latentes et à encourager ses partisans à mener de nouvelles attaques contre les Israéliens.

Tsahal a procédé à des arrestations à grande échelle pendant la nuit à Halhul, Hébron, Yabed et d’autres villes palestiniennes, a rapporté Ynet vendredi.

Les forces de sécurité se préparaient également à des affrontements autour de Homesh, notamment avec les habitants du village palestinien voisin de Burqa.

Jeudi soir dernier, des terroristes palestiniens ont ouvert le feu sur une voiture d’étudiants de la yeshiva, ou école religieuse, construite illégalement à Homesh, tuant Dimentman et blessant deux autres personnes.

En réponse à cette attaque, des centaines de résidents d’implantations ont fait irruption dans l’avant-poste samedi soir, ont attaqué les soldats qui gardaient la zone et ont construit un certain nombre de structures supplémentaires sur le site, selon l’armée.

Dans la nuit de samedi à dimanche, les forces de sécurité ont arrêté six suspects palestiniens en rapport avec la fusillade. Deux d’entre eux seraient les auteurs de la fusillade et les quatre autres sont soupçonnés de les avoir aidés.

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