La police utilise des canons à eau sur les manifestants anti-Netanyahu
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La police utilise des canons à eau sur les manifestants anti-Netanyahu

Une personne a été hospitalisée après avoir été touchée au visage par l'eau ; un policier a été blessé pendant les heurts ; il y a eu deux arrestations

La police utilise un canon à eau contre des manifestants qui tentent de franchir un poste de contrôle, blessant un agent, le 30 janvier 2021. (Capture d'écran/Twitter)
La police utilise un canon à eau contre des manifestants qui tentent de franchir un poste de contrôle, blessant un agent, le 30 janvier 2021. (Capture d'écran/Twitter)

La police a déployé des canons à eau contre des manifestants à Jérusalem, samedi soir. C’est la première fois que cette méthode de dispersion des foules est utilisée lors d’une manifestation contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Les manifestants se sont rassemblés samedi dans la capitale, sur les ponts et aux carrefours de tout le pays pour la 32e semaine de mouvement de protestation visant à réclamer le départ de Netanyahu, dénonçant ses mises en examen pour corruption et sa prise en charge de la pandémie de COVID-19.

Environ 1 000 personnes s’étaient regroupées à Jérusalem. La police a expliqué que les canons à eau avaient été utilisés quand les protestataires s’étaient approchés de la résidence du président et qu’ils avaient tenté de franchir un point de contrôle.

Une personne a été blessée après avoir été frappée au visage par l’eau sous pression. Elle a été emmenée à l’hôpital et elle se trouverait dans un état moyen. Un agent de police a aussi été blessé pendant les affrontements. Deux personnes ont été arrêtées.

Selon le quotidien Haaretz, il y avait eu un certain nombre de heurts peu importants entre les manifestants et les forces de l’ordre avant l’utilisation des canons à eau.

Il faisait environ 9 degrés à Jérusalem, samedi soir, et le groupe Kumi Yisrael – l’une des organisations à l’origine du mouvement de protestation – a affirmé que les canons avaient été déployés sans avertir au préalable les manifestants.

Si l’utilisation des canons contre les manifestants ultra-orthodoxes et arabes est commune depuis des années – ils ont notamment été utilisés récemment dans la ville arabe d’Umm al-Fahm, dans le nord d’Israël, vendredi – elle est dans le viseur, ces derniers mois, en raison des rassemblements anti-Netanyahu.

Il y a des inquiétudes concernant l’usage de ces canons à courte distance – l’année dernière, un manifestant frappé directement au visage par l’eau sous pression avait déposé une plainte auprès du département des enquêtes internes de la police, au sein du ministère de la Justice.

Le mouvement du Crime minister, l’un des groupes à la tête des manifestations, a accusé Netanyahu d’utiliser la pandémie pour faire reporter son procès pour corruption et il a accusé le Premier ministre d’être redevable à ses alliés ultra-orthodoxes au sein de la coalition.

« A l’apogée d’une catastrophe sanitaire et économique, l’accusé [Netanyahu] prend Israël en otage pour reporter son procès tout en s’inclinant devant ses ‘partenaires naturels’ ultra-orthodoxes », a estimé l’organisation dans un communiqué.

Les critiques disent que Netanyahu évite de réprimander la communauté haredi – malgré des taux d’infection particulièrement élevés et de nombreux cas de violations des règles de confinement – pour éviter de contrarier ses partenaires politiques. Il n’aurait que peu de chance de mettre en place un gouvernement sans ses alliés ultra-orthodoxes.

Des centaines de manifestants se sont aussi réunis aux abords de la maison de Netanyahu, dans la ville côtière de Césarée; et à Tel Aviv.

Les Israéliens manifestent contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à l’entrée de Jérusalem, le 30 janvier 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

De plus, un groupe de manifestants a défilé depuis le pont des Cordes, à l’entrée principale de Jérusalem, jusqu’à la place de Paris, qui est adjacente à la résidence du Premier ministre.

Selon Haaretz, les manifestants réclament une enquête publique sur la gestion gouvernementale de la pandémie ainsi que la diffusion des retranscriptions des rencontres des ministres sur le sujet.

Les données rendues publiques samedi soir par le ministère de la Santé indiquent qu’il y a eu 4 738 décès des suites de la COVID-19 au sein de l’Etat juif depuis le début de la pandémie. Plus de 25 % de ces morts consécutives à la maladie ont été enregistrées au cours du mois dernier.

Les manifestants se rassemblent depuis des mois contre Netanyahu, réclamant sa démission en raison de son procès pour pots-de-vin, fraude et abus de confiance.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son avocat Micah Fetman (à gauche) au tribunal de district de Jérusalem pour le début de son procès pour corruption, le 24 mai 2020. (Amit Shabi/Pool/Flash90)

Netanyahu devrait paraître devant le tribunal le 8 février pour répondre aux mises en examen prononcées à son encontre. Son équipe de défense s’est efforcée de faire reporter les dates des audiences et pour faire annuler le procès pour des raisons techniques, en vain jusqu’à présent.

Le Premier ministre n’a cessé de clamer son innocence et il affirme que les mises en examen résultent d’une initiative prise par ses adversaires politiques, par les médias et la police de l’écarter du pouvoir.

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