La police va soumettre ses recommandations sur Netanyahu – médias
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La police va soumettre ses recommandations sur Netanyahu – médias

Le commissaire Roni Alsheich et les chefs du département des enquêtes de la police nationale seraient presque prêts à rendre leurs conclusions aux procureurs

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu en visite au siège de a police de Jérusalem, le 7 octobre 2015. (Crédit: GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu en visite au siège de a police de Jérusalem, le 7 octobre 2015. (Crédit: GPO)

Les hauts-responsables de la police israélienne seraient sur le point de finaliser leurs recommandations sur les éventuelles charges pénales à retenir contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans deux affaires de corruption.

Les chefs de la police, notamment le commissaire Roni Alsheich et les dirigeants du département des enquêtes de la police nationale, présenteront leurs recommandations dans « l’Affaire 1000 » et « l’Affaire 2000 » la semaine prochaine, a fait savoir la chaîne Hadashot mardi, citant une source policière.

Cette source indique que – sauf développement inattendu – les deux enquêtes étaient sur le point de s’achever et que leurs résultats seraient transmis aux procureurs mardi ou mercredi.

Ces recommandations pourraient très probablement inclure une proposition d’inculpation pour pots-de-vin et elles seront rendues publiques une fois qu’elles auront été présentées au procureur de l’Etat, a ajouté le reportage.

La chaîne de télévision a toutefois précisé que des sources policières ont déjà annoncé dans le passé – à tort – que leurs recommandations seraient soumises dans les jours qui suivaient.

S’exprimant auprès du Times of Israel, un porte-parole de la police a indiqué qu’il ne pouvait « confirmer ou infirmer » l’imminence du dépôt de ces recommandations.

Une fois transmises au procureur-général Avichai Mandelblit, ce dernier décidera d’une éventuelle inculpation.

Benjamin Netanyahu, Shimon Peres et le producteur Arnon Milchan lors d’une conférence de presse, en 2005 (Crédit photo : Flash90)

Cela fait plus d’un an que les enquêtes sur Netanyahu ont été ouvertes.

Dans l’Affaire 1000, Netanyahu et son épouse Sara sont soupçonnés d’avoir reçu des cadeaux illicites de la part de bienfaiteurs milliardaires, notamment des cigares et du champagne pour un montant de plusieurs centaines de milliers de shekels de la part du producteur de Hollywood Arnon Milchan, né en Israël.

L’Affaire 2000 implique un accord de compromis présumé passé entre Netanyahu et le directeur de la publication du journal Yedioth Ahronoth, Arnon Mozes, qui aurait vu le Premier ministre affaiblir un quotidien rival, Israel Hayom, propriété de Sheldon Adelson, en échange d’une couverture de ses actions plus favorable.

Netanyahu a nié toute malversation dans les deux dossiers.

Le mois dernier, Mandelblit avait annoncé que ces investigations entraient dans leur phase finale, rejetant les informations parues dans les médias qui laissaient entendre qu’il retardait volontairement leur déroulement.

Mandelblit avait commenté les enquêtes durant une cérémonie organisée à l’Association du barreau israélien de Tel Aviv, défendant, comme il l’avait déjà fait dans le passé, la longue période de temps consacrée par la police aux investigations.

« Nous sommes dans la phase finale des enquêtes sur Netanyahu » avait-il dit. « Il y a eu des opérations menées dont vous n’avez pas entendu parler ».

« Vous devez vous souvenir de ce qu’une enquête criminelle n’est pas un reality show. Il est impossible de partager avec le public, et ce quel que soit le moment, tout ce qui est en train de se passer parce que si nous le faisions, nous porterions préjudice à la capacité même de trouver la vérité », a-t-il continué. « Nous et l’opinion publique en général devons permettre à la police israélienne de travailler de la meilleure et de la plus approfondie des manières pour découvrir la vérité ».

Des manifestants protestent à proximité de l’habitation du procureur général Avichai Mandelblit à Petah Tikva le 5 août 2017 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Chaque samedi soir depuis plus d’un an, des manifestations sont organisées aux abords du domicile de Mandelblit à Petah Tikva, pour dénoncer ce que certains ont pu percevoir comme une réticence volontaire de la part du procureur général de mener à terme ces enquêtes. Elles ont entraîné des mouvements de protestation anti-corruption bien plus larges à Tel Aviv et dans tout le pays.

Le Premier ministre est également lié de manière indirecte à « l’Affaire 3000 », une importante enquête sur des faits de corruption présumés entourant l’acquisition pour plusieurs milliards de shekels de navires et de sous-marins auprès d’un fabricant naval allemand. Tandis que Netanyahu n’a pas été désigné comme suspect, certains de ses proches, notamment ses aides personnels, ont été arrêtés ou interrogés.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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