La présidente des Verts canadiens pourrait démissionner après un vote pro-BDS
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La présidente des Verts canadiens pourrait démissionner après un vote pro-BDS

Boycotter Israël est ‘polarisant, inefficace’, et cela a été un vote sans ‘le processus de construction de consensus que nous aurions dû avoir’, a déclaré Elizabeth May

La présidente des Verts canadien, Elizabeth May. (Crédit : autorisation)
La présidente des Verts canadien, Elizabeth May. (Crédit : autorisation)

TORONTO – La présidente du parti vert canadien pense à démissionner après un vote des membres du parti en soutien au mouvement de Boycott, Désinvestissements et Sanctions (BDS) contre Israël.

Pendant un entretien mardi sur la chaîne CBC (Canadian Broadcasting Corp.), Elizabeth May a déclaré qu’elle « [s]e demande si je dois continuer comme présidente ou pas, pour être honnête », suite à un vote le week-end dernier par les militants de base du parti en faveur du BDS.

May, qui a déclaré que le BDS était « polarisant, inefficace et inutile », a déclaré à CBC qu’elle était « presque certaine que la plupart de nos membres ne partagent pas cette politique, mais n’était pas totalement engagés dans le processus de construction de consensus que nous aurions dû avoir. »

« Donc si je ne peux pas trouver un moyen de faire revenir cela et que les membres l’examinent avec un processus de prise de décision consensuelle, alors je devrais profondément m’interroger pour savoir si je peux continuer comme présidente, et cela est évidemment déchirant », a-t-elle déclaré.

Une affiche appelant au boycott d'Israël au cours d'une manifestation anti-Israël, à San Francisco, en avril 2011. Illustration. (Crédit : CC BY-dignidadrebelde/Flickr)
Une affiche appelant au boycott d’Israël au cours d’une manifestation anti-Israël, à San Francisco, en avril 2011. Illustration. (Crédit : CC BY-dignidadrebelde/Flickr)

Ken Melamed, président du conseil fédéral des Verts, a expliqué lundi que le vote de soutien au BDS ne changeait pas la position du parti sur le conflit israélo-palestinien.

« Je veux être clair. Le [parti] soutient une solution à deux états au conflit israélo-palestinien et nous continuons à favoriser des négociations de bonne foi, a écrit Melamed. Ce soutien [au BDS] est conçu pour mieux défendre cette finalité. »

May a déclaré que le débat entourant le vote avait été « très abrégé » et l’avait laissée « à bout de souffle, parce que nous n’avons jamais réellement débattu sur cette motion. Je m’y oppose totalement, mais elle a été acceptée, bien que pas de manière écrasante. »

Le vote sur le BDS « ne signifie pas que je ne veux pas être libre de critiquer ce qui arrive au Moyen Orient et de soutenir les droits des Palestiniens, je pense simplement que c’est une très grosse erreur pour un parti aussi crédible que le parti vert que de s’attacher à un mouvement qui nous est extérieur », a-t-elle également déclaré.

Le Parlement canadien avait voté pour condamner le mouvement BDS l’hiver dernier. May était absente au moment du vote.

May, qui est la seule députée du parti vert au Parlement, a déclaré qu’elle continuerait à représenter ses électeurs jusqu’aux prochaines élections fédérales, qui sont prévues pour 2019.

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