La programmation de Wonder Woman “suspendue” en Tunisie
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La programmation de Wonder Woman “suspendue” en Tunisie

“Il faut poursuivre la mobilisation sur ce type d'affaire, comme sur tout ce qui touche à la normalisation avec l'entité sioniste”, a affirmé le parti Al-Chaab

La prochaine super-star israélienne Gal Gadot dans le film 2017 de "Wonder Woman" (Crédit : Clay Enos/DC Comics, via JTA)
La prochaine super-star israélienne Gal Gadot dans le film 2017 de "Wonder Woman" (Crédit : Clay Enos/DC Comics, via JTA)

La programmation du film américain Wonder Woman, avec l’actrice israélienne Gal Gadot, a été « suspendue » par la justice en Tunisie, le temps d’examiner une demande d’interdiction par un parti politique, a-t-on appris mercredi auprès du parquet.

Wonder Woman était programmé à partir de jeudi après-midi dans au moins deux cinémas, à Tunis et à La Marsa, en banlieue nord de la capitale tunisienne.

Sa diffusion est toutefois « suspendue dans l’attente de l’examen » jeudi, à un horaire non précisé, de la demande d’interdiction introduite par le parti nationaliste Al-Chaab, a indiqué à l’AFP le porte-parole du parquet, Sofiène Sliti.

Une démarche identique d’une association de jeunes avocats a en revanche été rejetée, a-t-il ajouté.

Dans un communiqué, le parti Al-Chaab s’est félicité de cette suspension. « Il faut poursuivre la mobilisation sur ce type d’affaire, comme sur tout ce qui touche à la normalisation avec l’entité sioniste », a-t-il ajouté.

L'actrice Gal Gadot lors de la première de "Wonder Woman" au Pantages Theatre de Hollywood, en Californie, le 25 mai 2017. (Crédit : Alberto E. Rodriguez/Getty Images/AFP)
L’actrice Gal Gadot lors de la première de « Wonder Woman » au Pantages Theatre de Hollywood, en Californie, le 25 mai 2017. (Crédit : Alberto E. Rodriguez/Getty Images/AFP)

L’avant-première du film, prévue mercredi soir dans un cinéma du centre de Tunis, avait déjà été purement et simplement annulée, distributeur et autorités se rejetant la faute.

Le ministère de la Culture a évoqué auprès de l’AFP une demande d’autorisation trop tardive: « Elle a été déposée (…) il y a deux jours seulement. L’obtention d’un visa d’exploitation requiert un délai de huit jours », a affirmé une responsable de ce ministère sous couvert d’anonymat. « C’est une affaire purement administrative », a-t-elle ajouté.

Le distributeur, Lassaad Goubantini, a lui dénoncé une censure, en affirmant sortir d’un rendez-vous avec les responsables de ce même ministère.

« C’est une décision qui se base sur des accusations bidon. (…) Aujourd’hui, ils empêchent un film à cause d’une actrice, demain il inventeront une autre excuse, c’est une atteinte aux libertés », a déclaré à l’AFP Goubantini.

Le Liban a interdit le 1er juin la diffusion de Wonder Woman, en raison de la présence de l’actrice israélienne dont les positions en faveur de l’offensive de l’Etat hébreu à Gaza font grincer des dents dans le monde arabe.

Le film a en outre été déprogrammé dimanche d’un festival à Alger, où la perspective de sa diffusion avait enflammé les réseaux sociaux.

Des projections sont en revanche prévues dans d’autres pays arabes, comme les Emirats arabes unis ou l’Egypte.

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