La réactivité d’Israël considérée comme un avantage dans la cyber-guerre
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La réactivité d’Israël considérée comme un avantage dans la cyber-guerre

Soixante-cinq start-ups dans le domaine de la cyber-sécurité ont été fondées en 2016 en Israël, selon une étude

Les participants à la conférence CyberTech 2016 en Israël (Crédit : Autorisation Gilad Kavalerchik)
Les participants à la conférence CyberTech 2016 en Israël (Crédit : Autorisation Gilad Kavalerchik)

L’agilité d’Israël pour trouver rapidement des solutions est l’un des facteurs clés qui place la nation dans une position de leader dans la bataille contre les cyber-attaques, a déclaré Erez Kreiner, un ancien directeur de la sécurité de l’information au service israélien de sécurité intérieure du Shin Bet.

« Nous agissons comme un bateau à moteur par opposition à un transporteur naval, et c’est notre avantage », a-t-il expliqué dans une interview accordée au Times of Israel. « Dans la guerre contre la cyber-criminalité, vous avez besoin de réactions immédiates ». Certains pays sont bons pour trouver des solutions solides et approfondies sur un laps de temps – les transporteurs navals.

L’avantage d’Israël est son ingéniosité et sa rapidité face aux nouveaux défis, a-t-il ajouté.

Les cyber-défis évoluent très rapidement et deviennent de plus en plus intenses, a-t-il indiqué, et ils sont liés à la fois à des groupes de hackers individuels et à des États-nations.

Kreiner, qui était également directeur de l’autorité nationale israélienne pour la Cybersécurité, dirige aujourd’hui sa propre société de conseil en cyber-sécurité.

À mesure que le monde évolue vers une plus grande numérisation, il devient plus vulnérable aux cyber-attaques. À la fin de l’année 2015, les pirates ont réussi à arrêter l’alimentation électrique en Ukraine.

En février 2016, plus de 80 millions de dollars ont été volés du compte du Bangladesh à la Federal Reserve Bank de New York, et les services des renseignements américains ont accusé la Russie d’être à l’origine de cyber-attaques pendant la campagne électorale lors des élections présidentielles de 2016.

Erez Kreiner, l'ancien directeur de la sécurité de l'information au service de sécurité israélien Shin Bet et qui dirige maintenant son propre cabinet de cybersécurité (Crédit : Autorisation)
Erez Kreiner, l’ancien directeur de la sécurité de l’information au service de sécurité israélien Shin Bet et qui dirige maintenant son propre cabinet de cybersécurité (Crédit : Autorisation)

« Les définitions sur ce qui est considéré comme une cyber-attaque et combien il y en a en un jour ou un mois varient », a-t-il précisé. « Ce qui est important de noter, cependant, est l’intensité et la sophistication des attaques », dont le nombre continue de croître au fil des ans.

Les attaques parrainées par les Etats sont plus intenses que celles menées par des pirates individuels, a-t-il indiqué : les nations ont plus de ressources et moins de peur d’être découvertes. De plus, contrairement aux armes classiques, la cyber-guerre nécessite moins d’investissements et ont des délais de développement plus rapides.

Le service de sécurité israélien Shin Bet a été chargé de protéger les infrastructures critiques de la nation depuis 2002, et aujourd’hui, environ 25 % de sa main-d’œuvre lutte contre la cyber-criminalité, a déclaré Kreiner. Quand l’unité a été créée en 2002, « cyber » était un mot que peu de gens avaient entendu, a-t-il expliqué. Aujourd’hui les choses sont très différentes.

« S’il n’y avait aucune défense déjà en place, le monde serait témoin d’événements chaotiques », a-t-il estimé. « La cyber-sécurité est en train de devenir une partie centrale de notre vie quotidienne ».

Des montants record en 2016

Soixante-cinq nouvelles start-ups spécialisées dans le domaine de la cyber-sécurité ont été créées en Israël en 2016, et Israël a maintenu sa position de leader en tant que centre mondial de l’innovation en cybersécurité, révèle un rapport de la Start-Up Nation Central. Le rapport a été publié conjointement avec la conférence israélienne Cybertech 2017, qui a ouvert ses portes le lundi au 1er février.

Un montant record de 581 millions de dollars a été collecté l’an dernier, soit une augmentation de 9 % par rapport à 2015. Seuls les États-Unis ont réussi à dépasser ce montant qui représentait 15 % du capital risque total réuni par les entreprises dans le domaine de la cyber-sécurité dans le monde.

À la fin de l’année 2016, 365 sociétés spécialisées en cyber-sécurité étaient actives en Israël, contre 187 en 2012, selon les données compilées par la base de données de Startup Nation’s et PitchBook.

L’industrie en Israël mûrit : les fonds de financement initial ou les cycles d’investissement de série A ont été en moyenne 44 % plus élevés qu’en 2015.

Il y a eu moins de sorties en 2016 sous la forme d’acquisitions d’entreprises ou d’offres publiques initiales. Cela peut témoigner de la maturité croissante du secteur, car les actionnaires attendent d’atteindre des niveaux plus élevés de croissance et de maturité avant de vendre leurs participations, indique le rapport.

Les sociétés multinationales en Israël ont élargi leur présence dans le secteur de la cyber-sécurité : Huawei, par exemple, a acheté Hexatier et Volkswagen AG a lancé CyMotive Technologies pour fournir des solutions de sécurité pour les voitures connectées. Plus d’un tiers du financement des startups israéliens provient des entreprises, contre 25 % en 2015, indique le rapport.

Les entreprises locales sont principalement actives dans la sécurité des réseaux (67 sociétés), la lutte contre la fraude et l’authentification (48 sociétés) et la protection des données (41 sociétés). Entre 2015 et 2016, l’Internet des Choses et le secteur de la sécurité automobile ont connu une croissance significative, avec 14 sociétés créées dans ce domaine, indique le rapport.

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