La réforme de l’audiovisuel examinée à la loupe des fonds publics
Rechercher

La réforme de l’audiovisuel examinée à la loupe des fonds publics

Netanyahu et Kahlon d'abord frontalement opposés au sujet de l'implémentation de la réforme de l'audiovisuel, mandatent une commission chargée d'enquêter

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre des Finances, Moshe Kahlon à la réunion hebdomadaire du cabinet à Jérusalem, le 5 août 2015 (Crédit : Marc Israel Sellem / Flash90 / Pool)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre des Finances, Moshe Kahlon à la réunion hebdomadaire du cabinet à Jérusalem, le 5 août 2015 (Crédit : Marc Israel Sellem / Flash90 / Pool)

Le gardien de l’utilisation des fonds publics en Israël a annoncé mercredi qu’il examinait la réforme de la radio-télévision nationale, au cœur d’un intense bras de fer réveillant le spectre de législatives anticipées.

Le bureau du contrôleur de l’Etat Yossef Shapira, chargé de vérifier les politiques du gouvernement et l’usage de l’argent public, a indiqué dans un communiqué avoir commencé à collecter des éléments sur la réforme. Il invoque les « volumes financiers en jeu, le sort de centaines d’employés et l’importance de la question pour le public ».

L’Autorité de radiodiffusion israélienne (Israel Broadcasting Authority, IBA) est actuellement au centre d’une âpre querelle politique opposant principalement le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son ministre des Finances Moshe Kahlon.

L’ancien ministre des Communications, Gilad Erdan, avait lancé en 2014 l’idée de remplacer l’IBA par une nouvelle entité dotée de moyens financiers importants, officiellement pour dynamiser un service public souffreteux et concurrencer les chaînes privées.

Les procédures de départ à la retraite anticipée et de licenciement ont été entamées et une nouvelle société publique a été mise sur pied, attendant de prendre la relève.

M. Netanyahu soutenait initialement le projet mais il a depuis fait volte-face et tente de le faire annuler. Ses adversaires l’accusent de s’être rendu compte que les journalistes dont il espérait être débarrassé avaient été réembauchés en nombre dans la nouvelle société et que les postes de direction y étaient occupés par des personnalités hostiles.

Le gouvernement pourrait se prononcer dimanche sur un texte de loi initié par des proches de M. Netanyahu et visant à annuler l’établissement de la nouvelle autorité.

Le Premier ministre et son ministre des Finances, le centriste Kahlon, à la tête de son propre parti (Koulanou) étaient en opposition frontale, M. Kahlon se posant en comptable de l’argent du contribuable et des sommes importantes déjà investies dans la réforme, estimées à au moins 400 millions de shekels (environ 94 millions d’euros).

Netanyhu et Kahlon ont finalement accepté de créer une commission pour en enquêter sur le coût de la réforme de l’audiovisuel.

Le panel soumettra ses recommandations sous trois semaines et toute décision sur le futur de l’audiovisuel sera postposée jusqu’à cette date.

Les directeurs des ministères des Finances et de la Communication, ainsi que le chef du Cabinet de Netanyahu et le directeur du département du budget du Trésor feront partie de cette commission.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...