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La rencontre entre Netanyahu et Sunak éclipsée par des manifestations à Londres

Aucune déclaration publique lors de la visite du Premier israélien chez son homologue britannique, ce dernier souhaitant éviter le sujet des réformes judiciaires en Israël

Le Premier ministre britannique Rishi Sunak, à gauche, accueillant le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Downing Street, à Londres, le 24 mars 2023. (Crédit : Alberto Pezzali/AP)
Le Premier ministre britannique Rishi Sunak, à gauche, accueillant le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Downing Street, à Londres, le 24 mars 2023. (Crédit : Alberto Pezzali/AP)

LONDRES – Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a tenu une réunion peu médiatisée à Londres vendredi avec son homologue britannique Rishi Sunak, lors d’une visite qui a été éclipsée en grande partie par les problèmes de politique intérieure du dirigeant israélien.

Le convoi de Netanyahu a été accueilli par plusieurs centaines de manifestants israéliens et juifs qui scandaient des slogans contre le premier ministre et la réforme judiciaire controversée de son gouvernement.

Netanyahu a salué et serré la main de Sunak à l’extérieur du 10 Downing Street avant de pénétrer rapidement dans la résidence du Premier ministre britannique. Une vidéo de la scène montre Netanyahu s’approchant de la résidence sous les cris de « honte » résonnant dans la rue.

La rencontre avec Sunak a également été très discrète et, fait inhabituel, les deux dirigeants n’ont fait aucun commentaire public.

Dans un premier temps, les journalistes accompagnant Netanyahu avaient été informés qu’ils seraient autorisés à entrer au 10 Downing Street pour entendre les remarques préliminaires des deux dirigeants avant leur réunion qui se tiendrait à huis clos. Mais vendredi matin, ils ont été informés qu’aucun journaliste ne serait autorisé à entrer pour enregistrer les déclarations des deux dirigeants. Aucune raison n’a été donnée.

Sunak a subi des pressions ces derniers jours l’invitant à se prononcer en public sur la réforme judiciaire très controversée d’Israël. Selon certaines spéculations le premier britannique aurait décidé de ne faire aucune déclaration publique avec Netanyahu pour ne pas avoir à prendre position.

Lors de la visite de Netanyahu à Berlin la semaine dernière, le chancelier allemand Olaf Scholz et le premier ont eu un différend public au cours d’une conférence de presse au sujet de la poursuite des efforts du gouvernement pour faire adopter une législation qui étendrait considérablement le contrôle politique sur la Cour Suprême d’Israël.

Le bureau de Netanyahu a indiqué que son entretien avec Sunak avait porté sur la menace nucléaire iranienne et qu’il avait remercié le premier ministre britannique pour sa position sur la question, tout en soulignant qu’il fallait exercer davantage de pression sur Téhéran. Netanyahu a également déclaré qu’il avait invité Sunak à se rendre en Israël dans un avenir proche.

Le communiqué israélien ne mentionne pas la moindre discussion avec Sunak sur les projets de réforme controversés du gouvernement. Du côté britannique, aucun compte-rendu de la réunion n’a encore été publié.

Netanyahu doit rencontrer la ministre britannique de l’Intérieur, Suella Braverman, plus tard dans la journée de vendredi. Aucune déclaration publique ni conférence de presse n’a été organisée non plus pour l’événement. Aucune autre rencontre officielle n’a été prévue dans le cadre de son voyage, pas plus que de rencontres avec les dirigeants des communautés juives. Il devrait toutefois rester à Londres jusqu’à dimanche matin.

Netanyahu a été vivement critiqué pour ses week-ends passés dans différentes capitales européennes avec son épouse, aux frais du contribuable.

Des manifestants protestent sur Whitehall, avant une visite du Premier ministre Benjamin Netanyahu pour rencontrer le Premier ministre britannique Rishi Sunak à Downing Street dans le centre de Londres, le 24 mars 2023. (Crédit : ISABEL INFANTES/AFP)

Face à la centaine de manifestants juifs et israéliens qui brandissaient des drapeaux israéliens et des pancartes dénonçant le gouvernement de Netanyahu devant 10 Downing Street, pancarte sur lesquelles on pouvait lire « Sauver la démocratie israélienne » et « Envoyez Bibi derrière les barreaux » tandis que les manifestants scandaient les mots « honte » et « démocratie » en hébreu, une manifestation propalestinienne s’est tenue de l’autre côté de la rue. Chaque camp tentant d’étouffer l’autre par des chants et des discours.

Shauna Ash, une Israélienne qui vit maintenant à Londres, a déclaré qu’elle était venue manifester « pour la démocratie en Israël ».

« J’ai beaucoup d’amis et de famille en Israël et les répercussions de la [réforme] sur eux seront catastrophiques, c’est donc ma façon de montrer mon soutien », a-t-elle déclaré.

Des manifestants protestent sur Whitehall, avant une visite du Premier ministre Benjamin Netanyahu pour rencontrer le Premier ministre britannique Rishi Sunak à Downing Street dans le centre de Londres, le 24 mars 2023. (Crédit: ISABEL INFANTES/AFP)

Alan Curtis, un juif britannique, a déclaré avoir participé à la manifestation parce qu’il voyait la refonte comme « une menace non seulement pour Israël, mais aussi pour toute le projet sioniste et pour le peuple juif ».

Curtis a déclaré que sa famille et ses amis en Israël « vont manifester tous les samedis soir, alors le moins que je puisse faire est de venir ici ». Il a dit qu’il espérait que Sunak fasse des commentaires publics sur la controverse, mais qu’il ne s’attendait à aucune déclaration, « parce que je sais comment fonctionne la diplomatie britannique, et que ce serait perçu comme une ingérence. »

À chacune de ses dernières visites à l’étranger, Netanyahu a été accueilli par des manifestations organisées par des Israéliens et des Juifs, un prolongement du mouvement de manifestations généralisées qui secoue Israël depuis près de trois mois.

Tel qu’il se présente, le projet législatif permettra, entre autres, à la Knesset d’annuler les décisions des tribunaux à la plus simple majorité, de soustraire préventivement les lois au contrôle judiciaire et de confier la sélection des juges aux politiciens de la coalition.

Si les partisans de la réforme judiciaire affirment que cette dernière permettra de rééquilibrer les pouvoirs en les retirant à une cour trop activiste ; ses détracteurs estiment, quant à eux, qu’elle supprimera des contrôles essentiels sur les pouvoirs exécutif et législatif, mettant ainsi la démocratie en péril et privant de nombreux citoyens de la possibilité de défendre leurs droits.

Netanyahu est arrivé à Londres au moment où la procureure générale Gali Baharav-Miara publiait une déclaration cinglante informant le premier ministre qu’il avait violé l’accord sur les conflits d’intérêts l’autorisant à gouverner pendant son procès pour corruption en cours, et a qualifié ses déclarations de jeudi soir et toute autre implication dans la réforme judiciaire de la coalition « d’illégales et de compromises par un conflit d’intérêts ».

Des manifestants protestent sur Whitehall, avant une visite du Premier ministre Benjamin Netanyahu pour rencontrer le Premier ministre britannique Rishi Sunak à Downing Street dans le centre de Londres, le 24 mars 2023. (Crédit : ISABEL INFANTES/AFP)

La lettre acerbe de Baharav-Miara a été envoyée après les propos tenus par Netanyahu annonçant qu’il comptait ignorer la question du conflit d’intérêts et qu’il avait décidé de s’impliquer à fond dans le projet de loi sur la réforme du système judiciaire, qui suscite une vive controverse.

Ce voyage marque le troisième week-end consécutif du dirigeant israélien en déplacement dans une capitale européenne, après des visites à Rome et à Berlin ces deux dernières semaines.

Netanyahu et sa famille ont été déjà accusés par le passé de dépenser sans compter l’argent des contribuables pour leur propre confort ou pour des dépenses personnelles ; en 2013, il s’est retrouvé sous le feu des critiques pour avoir demandé à l’État de débourser 127 000 dollars pour équiper un avion d’un lit afin qu’il puisse dormir pendant un vol de quatre heures à destination de Londres pour assister aux funérailles de Margaret Thatcher.

Le bureau du Premier ministre maintient que le calendrier des voyages est déterminé par l’emploi du temps des hôtes, et qu’il ne peut s’absenter de la Knesset en milieu de semaine en raison de votes cruciaux sur la réforme du système judiciaire, entre autres priorités de la coalition.

Cette rencontre était la première de Sunak avec un haut responsable du gouvernement israélien depuis son entrée en fonction en octobre. En novembre, il a rencontré le président Isaac Herzog en marge du sommet de l’ONU sur le climat en Egypte.

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