La romancière Asli Erdogan, acquittée, exclut de rentrer en Turquie
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La romancière Asli Erdogan, acquittée, exclut de rentrer en Turquie

Les autorités turques ont arrêté des dizaines de milliers de personnes, dont des universitaires et des journalistes, depuis le coup d'Etat manqué de juillet 2016

L'écrivaine turque en exil et activiste des droits humains Asli Erdogan répond aux questions des journalistes de l'AFP lors d'une interview à Francfort-sur-le-Main, dans l'ouest de l'Allemagne, le 23 juillet 2018. (Crédit : Daniel ROLAND / AFP)
L'écrivaine turque en exil et activiste des droits humains Asli Erdogan répond aux questions des journalistes de l'AFP lors d'une interview à Francfort-sur-le-Main, dans l'ouest de l'Allemagne, le 23 juillet 2018. (Crédit : Daniel ROLAND / AFP)

La romancière turque Asli Erdogan, acquittée vendredi à l’issue d’un procès controversé pour « activités terroristes », a déclaré dimanche à l’AFP qu’elle excluait de rentrer dans son pays car « une autre arrestation signifierait la mort » pour elle.

« Dans les circonstances actuelles, je ne peux pas rentrer étant donné les risques d’emprisonnement », a-t-elle affirmé dans un entretien téléphonique avec une journaliste de l’AFP, expliquant que ce qu’elle dirait dans une interview ou ailleurs pourrait servir de prétexte à une nouvelle bataille juridique. « Une autre arrestation signifierait la mort pour moi. »

Les autorités turques ont arrêté des dizaines de milliers de personnes, dont des universitaires et des journalistes, depuis le coup d’Etat manqué de juillet 2016 contre le président Recep Tayyip Erdogan.

Un tribunal d’Istanbul a acquitté la romancière des accusations de « tentative de porter atteinte à l’intégrité de l’Etat » et « d’appartenance à un groupe terroriste », et ordonné l’abandon des poursuites pour « propagande terroriste ».

« Pour être honnête, j’étais très surprise. Presque tout le monde partait du principe que je serais condamnée », a confié l’auteure, qui a choisi de vivre en exil en Allemagne.

« Je n’arrive pas encore à y croire, mais si ce n’est pas celle-là, il y aura une autre affaire », a expliqué l’écrivaine, qui n’a aucun lien de parenté avec le président Erdogan.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan salue ses partisans durant un rassemblement, le 26 février 2019. (Crédit : Service de presse présidentiel via AP, Pool)

Auteur de plusieurs romans traduits à l’étranger, lauréate 2018 du prix Simone de Beauvoir pour la liberté des femmes, Asli Erdogan était jugée pour avoir collaboré au journal prokurde Ozgür Gündem, fermé par décret en 2016.

Les autorités turques accusaient Asli Erdogan d’avoir, en collaborant à Ozgür Gündem, aidé le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), un groupe armé qui mène une sanglante guérilla en Turquie et est qualifié de « terroriste » par Ankara.

La romancière de 52 ans, qui n’était pas présente à l’audience vendredi, a décrit le système politique actuel comme « du fascisme, du néo-fascime », affirmant que les procès contre l’auteur emprisonné Ahmet Altan et l’homme d’affaires et philanthrope Osman Kavala démontraient que la situation allait « bien au-delà d’une dictature ».

« Je ne sais pas vraiment ce qui se passe à huis clos, mais de telles affaires au caractère irrationnel n’ont pas d’autres explications. Je les considère comme faisant partie d’une stratégie », a-t-elle souligné.

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