La Russie rejette la notion de souveraineté israélienne sur le Golan
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La Russie rejette la notion de souveraineté israélienne sur le Golan

Après que Netanyahu a dit que Poutine comprenait l'importance du Golan pour Israël, le ministre Lavrov dit que tout changement de statut violerait la résolution des Nations unies

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergey Lavrov lors d'une conférence de presse conjointe avec le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Moallem à Moscou, Russie, le 30 août 2018. (AP Photo/Alexander Zemlianichenko)
Le ministre russe des Affaires étrangères Sergey Lavrov lors d'une conférence de presse conjointe avec le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Moallem à Moscou, Russie, le 30 août 2018. (AP Photo/Alexander Zemlianichenko)

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a indiqué mercredi que son pays n’acceptera aucun changement de statut pour le plateau du Golan, que Moscou, comme la grande majorité de la communauté internationale, considère comme un territoire syrien occupé.

Ses déclarations font suite à l’appel lancé lundi par le Premier ministre Benjamin Netanyahu à la communauté internationale pour qu’elle reconnaisse la souveraineté d’Israël sur le plateau du Golan, indiquant que le président russe Vladimir Poutine comprenait combien ce plateau stratégique était important pour Israël.

« Le statut du plateau du Golan est déterminé par les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU », a déclaré M. Lavrov à la presse à Moscou. « Changer ce statut en contournant le Conseil de sécurité, de mon point de vue, serait une violation directe de ces résolutions. »

Israël a conquis le plateau du Golan à la Syrie pendant la guerre des Six Jours de 1967, et a officiellement annexé le territoire en 1981. La résolution 497 du Conseil de sécurité de l’ONU de cette année-là déclarait que l’annexion par Israël du « plateau du Golan syrien occupé est nulle et sans effet juridique international ». Elle avait été adoptée à l’unanimité.

Lors de sa visite d’une synagogue sur le site archéologique d’Ein Keshatot, sur le plateau du Golan, Netanyahu a juré qu’il ne se retirerait jamais de cette région.

« Israël sur le plateau du Golan garantit la stabilité de la région qui l’entoure », a-t-il dit, en soulignant les efforts de l’Iran pour s’établir militairement près de la frontière entre Israël et la Syrie.

« Israël sur le plateau du Golan est une réalité solide basée sur des droits anciens. Israël sur le plateau du Golan est un fait que la communauté internationale doit reconnaître et aussi longtemps que cela dépendra de moi, le plateau du Golan restera toujours sous souveraineté israélienne, sinon nous aurions l’Iran et le Hezbollah sur les rives de la mer de Galilée, » a-t-il ajouté.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et des officiers supérieurs de Tsahal visitent la frontière nord sur le plateau du Golan, le 25 juillet 2017. (Kobi Gideon/GPO)

M. Netanyahu a déclaré qu’il discuterait de l’influence néfaste de l’Iran dans la région lors de sa prochaine réunion avec le président russe.

« Je sais que le Président Poutine comprend mon engagement en faveur de la sécurité d’Israël et qu’il comprend également l’importance que j’accorde au plateau du Golan, que nous accordons tous au plateau du Golan et au patrimoine d’Israël ».

La revendication d’Israël sur le plateau du Golan est largement acceptée par les Israéliens juifs. Le député de l’opposition Yair Lapid, par exemple, a félicité le Premier ministre pour ses propos, affirmant qu’il appuiera sans réserve toute initiative gouvernementale visant à obtenir un soutien international pour l’annexion par Israël de ce territoire.

Les relations entre Israël et la Russie sont tendues depuis la destruction accidentelle par la Syrie d’un avion russe lors d’une frappe aérienne israélienne en Syrie. Quinze militaires russes ont été tués lors de l’incident du 17 septembre, que Moscou a imputé à Israël, accusant ses pilotes d’utiliser le gros avion russe comme couverture.

Israël conteste les conclusions russes et affirme que ses avions de combat étaient de retour dans l’espace aérien israélien lorsque l’avion a été abattu.

En réponse, Moscou a annoncé de nouvelles mesures pour protéger ses troupes en Syrie, et a livré à Damas des systèmes de défense aérienne S-300, dont 24 à titre gracieux.

L’AFP a contribué à cet article.

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