Netanyahu : Poutine comprend qu’Israël doit se protéger au nord
Rechercher

Netanyahu : Poutine comprend qu’Israël doit se protéger au nord

Le Premier ministre a juré de rester dans le Golan "sinon l'Iran et le Hezbollah siègeront sur les rives du lac de Tibériade"

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'exprime sur le plateau du Golan, le 8 octobre 2018 (Capture d'écran : Ynet)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'exprime sur le plateau du Golan, le 8 octobre 2018 (Capture d'écran : Ynet)

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis, durant une visite menée lundi sur le plateau du Golan, de conserver ce territoire disputé, en insistant sur le fait que la Russie comprend qu’il est nécessaire pour Israël d’agir par-delà de la frontière nord afin de maintenir sa sécurité.

Les relations entre l’Etat juif et la Russie se sont tendues suite à l’abattage accidentel d’un avion-espion russe par les forces syriennes, qui répondaient alors à une frappe israélienne commise dans l’espace aérien syrien. Moscou a attribué la responsabilité de l’incident – qui a tué 15 membres d’équipage russes – à Israël et, en riposte, a livré son système de défense anti-aérienne avancé des S-300 à Damas.

S’exprimant lors de la cérémonie d’inauguration d’un nouveau site du patrimoine national sur le plateau du Golan, Netanyahu a expliqué : « Je sais que le [président russe Vladimir] Poutine comprend mon engagement en faveur de la sécurité israélienne et je sais qu’il comprend aussi l’importance que j’accorde au Golan ».

Israël a mené de nombreuses frappes au Liban et en Syrie contre le Hezbollah et des cibles iraniennes, et affirmé à de multiples reprises que le pays ne permettrait jamais à Téhéran et à son groupe terroriste mandataire du Hezbollah de s’ancrer en Syrie, ce territoire ravagé par la guerre.

« Nous voyons ce qu’il se passe au-delà de la frontière, la barbarie débridée et les tentatives de la part de l’Iran et du Hezbollah d’établir des bases. Nous resterons fermes », a-t-il dit. « L’Iran et le Hezbollah tentent sans relâche de former une force qui travaillera contre nous, contre le Golan et contre la Galilée ».

Le président russe Vladimir Poutine avec Benjamin Netanyahu, au Kremlin à Moscou le 11 juillet 2018. (Crédit : AFP/ Pool/Yuri Kadobnov)

« Nous les empêchons de s’enraciner et nous continuerons à agir avec détermination pour contrer les tentatives destinées à transférer au Hezbollah des armes meurtrières », a-t-il poursuivi.

Le Premier ministre a ajouté qu’il discuterait des menaces sur la frontière nord lors de sa prochaine rencontre avec Poutine, dont il a annoncé dimanche qu’elle aurait lieu « bientôt ».

« Nous avons développé ensemble de bonnes relations entre la Russie et Israël », s’est-il réjoui.

Netanyahu a pris la parole lors de l’inauguration du site d’Ein Kashtot, où une ancienne synagogue de la période mishnaïque (du premier au troisième siècle après l’ère commune) a été déterrée puis reconstruite au cours des 15 dernières années.

Netanyahu a ajouté qu’au-delà des « droits anciens » dont jouit Israël sur le plateau du Golan – l’Etat juif a capturé le territoire à la Syrie lors de la guerre des Six jours – la région est un rempart nécessaire contre les attaques.

« La présence israélienne sur le Golan garantit la sécurité. La présence israélienne sur le Golan est un fait que la communauté internationale doit accepter. Tant que cela me concernera, le Golan restera sous souveraineté israélienne – sinon l’Iran et le Hezbollah siègeront sur les rives du lac de Tibériade », a-t-il dit.

Depuis l’abattage de l’avion-espion russe IL-20, le 17 septembre dernier, la relation d’Israël avec la Russie s’est rapidement détériorée.

Un système de défense antiaérienne russe Antey 2500 ou S-300 VM est présenté à l’ouverture du spectacle aérien MAKS à Zhukovsky, aux abords de Moscou, en Russie, le 27 août 2013. (Crédit : AP Photo/Ivan Sekretarev/archives)

Même si Poutine a évoqué dans un premier temps auprès des journalistes un « enchaînement de circonstances tragiques », l’armée russe a de son côté a formellement accusé les pilotes israéliens de s’être servi de l’avion russe comme couverture pour échapper aux tirs syriens après avoir mené leur raid en Syrie.

Cela fait des années qu’Israël et ses alliés font pression sur la Russie pour que cette dernière ne fournisse pas le système sophistiqué des S-300 à la Syrie et à d’autres acteurs régionaux, affirmant qu’il limiterait la capacité d’Israël à neutraliser les menaces, émanant notamment du groupe terroriste libanais du Hezbollah, basé au Liban.

Le système S-300, considéré comme l’un des plus avancés dans le monde, a un rayon de 200 kilomètres environ, ce qui signifie qu’une batterie placée à proximité de Damas couvrirait une grande partie de l’Etat juif.

La Russie, qui est l’un des principaux soutiens du président syrien Bashar Assad, a mis en place un mécanisme de « déconfliction » afin d’éviter les accrochages entre les deux armées en Syrie.

Jeudi dernier, le général américain Joseph Votel, qui dirige le commandement central aux Etats-Unis, a qualifié le déploiement russe de S-300 en Syrie « d’escalade inutile ».

Moscou aurait œuvré à ouvrir des canaux de communication entre Jérusalem et Téhéran pour réduire les tensions et les frictions en Syrie. Citant un haut-responsable russe, le quotidien arabe basé à Londres Asharq Al-Awsat, a fait savoir que cette tentative aurait suivi la décision prise par Moscou de fournir les S-300 au régime d’Assad.

Le Premier ministre a également commenté l’attentat terroriste à l’arme à feu commis dimanche en Cisjordanie qui a entraîné la mort de deux Israéliens, jurant que les forces de sécurité israéliennes sauront traquer le terroriste palestinien qui a pris la fuite.

« Nous rattraperons ce méprisable meurtrier et nous réglerons nos comptes. Le sang des Israéliens a un prix élevé », a expliqué Netanyahu.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...