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La scène rock ‘n’ roll israélienne des années 90 à l’honneur

La guitare de Yermi Kaplan, les chaussures de Kobi Oz et un sweat à capuche original de Monica Sex sont exposés dans une galerie de Holon qui met en lumière les rockeurs locaux

Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

La conservatrice Avivit Agam Dali et le maire de Holon lors de l'inauguration de " Tout pour une photo impressionniste ", une exposition sur le rock israélien des années 1990 à la galerie Beit Meirov de Holon, jusqu'en août 2022. (Crédit: avec l'aimable autorisation d'Avivit Agam Dali)
La conservatrice Avivit Agam Dali et le maire de Holon lors de l'inauguration de " Tout pour une photo impressionniste ", une exposition sur le rock israélien des années 1990 à la galerie Beit Meirov de Holon, jusqu'en août 2022. (Crédit: avec l'aimable autorisation d'Avivit Agam Dali)

Les Israéliens aiment leur musique pop, mais ils sont aussi des rockeurs dans l’âme. Il leur aura juste fallu un peu plus de temps que d’autres pour que leur côté rockeur ressorte – ainsi que les affiches, le matériel promotionnel et les vidéos qui font le bonheur des fans.

La sociologue Avivit Agam Dali explore tous les visuels du rock israélien dans une exposition organisée à la galerie Beit Meirov de Holon, « Anything for an Impressionistic Photo », qui tire son nom d’une chanson bien connue du groupe Carmela Gross Wagner.

Les années 1990, dit Agam Dali, ont été l’apogée de la musique rock en Israël. Il y avait alors le rockeur punk Rami Fortis, le musicien Berry Sakharov et le groupe Monica Sex, ainsi que The Gingiot (les Rousses), Dana Berger, Assaf Amdursky, The Witches (les Sorcières), Nikmat HaTraktor, Yermi Kaplan et The Stella Maris Band, entre autres.

C’est à peu-près à cette époque que les groupes de rock et de musique alternative israéliens ont également commencé à réaliser des clips, avec environ dix ans de retard sur les États-Unis – MTV a fait ses débuts en août 1981.

Les rockeurs israéliens se sont efforcés de créer leurs propres visuels, et les clips faisaient partie de leurs efforts de promotion musicale, a déclaré Agam Dali.

« Ce n’était pas qu’une expérience. C’était du concret », explique Dali.

L’exposition est née de là. L’entrée de la galerie est tapissée d’affiches de concert de différents groupes, créées pour l’exposition, mais évocatrices de l’époque, où les chanteurs se produisaient dans des clubs et des bars sombres et enfumés où tout le monde se pressait pour entendre son groupe favori et les derniers arrivants sur la scène locale.

« C’était la période de l’impression », a déclaré Agam Dali. « Vous collectionniez les autocollants et les posters de vos groupes préférés et vous les affichiez dans votre chambre » ou sur votre casier, si vous en aviez un à l’école.

Agam Dali a passé des mois à collecter des souvenirs rock auprès de musiciens locaux, examinant ce qu’ils avaient à partager, soit pas grand-chose.

« Les rock stars sont de terribles collectionneurs », dit-elle. « Elles ne conservent rien. Je devais leur courir après pour obtenir le moindre petit truc. »

Mais elle a réussi à trouver et à rassembler quelques goodies.

Il y a un sweat à capuche conçu par le guitariste de Monica Sex, Peter Roth, qui a créé le logo du groupe en s’inspirant de son équipe de basket-ball préférée de la NBA, les Chicago Bulls (il avait joué au basket avant de se mettre à la guitare).

Il y a également des croquis réalisés par les membres du groupe The Witches, ainsi qu’une tapisserie dessinée à la main qui était accrochée sur scène lors de leurs concerts.

Certains rockeurs ont conservé les serviettes en papier autrefois omniprésentes dans les restaurants locaux, sur lesquelles ils griffonnaient les paroles d’une chanson ou qu’ils utilisaient pour les autographes. Il y a des lettres de fans et des affiches de concerts décorées par les commentaires des fans, à une époque où les réseaux sociaux n’étaient pas encore devenus une plateforme centrale pour les groupes et les fans clubs.

Le chanteur de Tipe-X, Kobi Oz, a prêté ses chaussures pour l’exposition, et Nick Miller de Stella Maris a offert certaines de ses tenues de concert, fabriquées par son père.

Il y a de nombreuses guitares électriques, dont une appartenant aux Red Heads, une autre à Nikmat HaTraktor, et une des guitares de Yermi Kaplan, utilisée par son père, Irving Kaplan, avant que la famille ne déménage des États-Unis en Israël.

Le deuxième étage de l’exposition comprend d’autres clips vidéo et une collection de photographies, principalement en noir et blanc, réalisées par Dina Kertes, veuve du rockeur Amir Kertes du groupe Raash – qui signifie bruit en hébreu – qui a passé du temps dans les clubs avec son mari, immortalisant les rockeurs sur scène pendant les spectacles, les guitares et les microphones ajustés.

« Anything for an Impressionistic Photo » est ouverte au public à la galerie Beit Meirov jusqu’au 31 août 2022, au 31 rue Hertzfeld, à Holon. Consultez la page Facebook de la galerie pour connaître les heures d’ouverture.

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