La start-up d’immuno-oncologie KAHR s’allie à l’université de Philadelphie
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La start-up d’immuno-oncologie KAHR s’allie à l’université de Philadelphie

Le principal candidat au statut de médicament de KAHR, actuellement en test, est basé sur un composé qui cible les cellules cancéreuses et affaiblit leurs défenses

Illustration de cellules cancéreuses. (Design Cells ; iStock by Getty Images)
Illustration de cellules cancéreuses. (Design Cells ; iStock by Getty Images)

KAHR, un fabricant d’immunothérapies anticancéreuses, a déclaré avoir conclu un accord de licence exclusif avec l’Université Thomas Jefferson de Philadelphie pour développer et commercialiser un certain nombre de nouveaux candidats au statut de médicament contre le cancer.

Dans le cadre de cet accord, l’université accorde à KAHR la licence pour développer et commercialiser de nouveaux candidats-médicaments immuno-oncologiques basés sur des protéines de fusion. Ces médicaments sont des structures complexes créées en fusionnant la séquence naturelle de différentes protéines pour les faire s’accrocher à deux ou trois cibles dans les cellules cancéreuses et immunitaires. Les nouveaux candidats au statut de médicaments en cours de développement sont nommés DSP502 (TIGITxPD1) et DSP216 (LILRB2xSIRPa).

L’accord est considéré comme permettant à KHAR « d’élargir notre portefeuille de cibles en immuno-oncologie et de positionner KAHR comme un leader mondial dans le domaine des protéines de fusion », a déclaré Yaron Pereg, PDG de KAHR. Les deux médicaments, DSP502 et DSP216, libèrent « le potentiel interne et adaptatif des cellules immunitaires et améliorent l’immunoactivité anti-tumorale », a-t-il déclaré.

Ces médicaments diffèrent des médicaments actuels en ce qu’ils ciblent les ligands des cellules, et non les récepteurs, ce qui augmente leur capacité à identifier les tumeurs. Les ligands sont des molécules qui produisent un signal en se liant à un endroit sur une protéine cible. Les récepteurs sont les protéines à la surface des cellules qui se lient aux ligands et provoquent des réponses dans le système immunitaire.

« L’élargissement de notre collaboration avec l’équipe exceptionnelle de KAHR offre la possibilité d’étendre cette nouvelle plate-forme à de nouvelles cibles et de libérer l’activité d’autres types de cellules immunitaires des systèmes immunitaires internes et adaptatifs », a déclaré le Dr. Mark Tykocinski, prévôt de l’Université Thomas Jefferson et doyen du Sidney Kimmel Medical College de celle-ci.

En août, la KAHR a reçu l’autorisation de la Food and Drug Administration américaine pour lancer des essais cliniques sur son candidat-médicament phare, appelé DSP-107, candidat-médicament qui est basé sur un composé qui cible simultanément les cellules cancéreuses, affaiblit leurs défenses et active une réponse locale efficace. Cela est rendu possible parce que le médicament exerce une double action, utilisant des protéines de signalisation double (DSP) – à savoir une protéine humaine marque les cellules cancéreuses, tandis qu’une deuxième protéine humaine active les cellules immunitaires et inhibe les actions des cellules cancéreuses.

Le DSP-107 est actuellement évalué dans le cadre d’une étude multicentrique de phase 1/2 pour déterminer sa sûreté en tant que traitement autonome chez les patients atteints de tumeurs solides avancées et en association avec un autre médicament d’immunothérapie, développé par la société multinationale de santé suisse Roche, appelée Tecentriq, ou atezolizumab.

Les cellules saines de notre corps possèdent ce qu’on appelle des points de contrôle immunitaires, qui sont les molécules à la surface de toutes les cellules qui empêchent les cellules chargées de protéger notre corps – appelées cellules immunitaires – de les attaquer. Lorsque les cellules immunitaires se lient à ces molécules de point de contrôle, leur activité « tueuse » est inhibée. Les cellules cancéreuses sont capables de démultiplier l’expression de ces molécules de point de contrôle immunitaire, de se camoufler en tant que cellules normales et de réussir ainsi à ne pas être détectées par le système immunitaire, échappant à tout repérage et aux attaques.

Selon KAHR, des immunothérapies efficaces doivent à la fois désactiver les défenses des cellules cancéreuses et en même temps activer une attaque immunitaire ciblée efficace. Ainsi, la technologie développée par la startup est basée sur ce que l’on appelle les protéines d’immuno-recrutement multifonctionnelles (MIRP). Ces protéines savent identifier l’expression démultipliée des molécules de point de contrôle sur les cellules cancéreuses, les cibler et s’y lier. Après la liaison, ils deviennent des sortes de balises qui appellent le système immunitaire à attaquer, démasquant le camouflage du cancer et permettant une réponse immunitaire qui tuera sélectivement les cellules cancéreuses de manière sélective.

À ce jour, la startup a levé 30 millions de dollars auprès d’investisseurs, notamment la société suédoise de capital-risque Flerie Invest AB, la société de capital-investissement Oriella Limited, Hadasit Bio-Holdings, l’investisseur américain en capital-investissement Pavilion Capital, Mirae Asset Venture Investment et les partenaires d’investissement coréens et DSC Investments en Asie.

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