La Syrie, gouvernée depuis 50 ans par la famille Assad
Rechercher

La Syrie, gouvernée depuis 50 ans par la famille Assad

Bachar al-Assad devrait remporter un 4e mandat lors de la présidentielle mercredi ; le pays est gouvernée d'une main de fer depuis 50 ans par la dynastie des Assad, père et fils

La famille Assad en 1994. Devant : Hafez Assad et Anisa Makhlouf. Derrière, de gauche à droite : Maher, Bashar, Bassel, Majid et Bushra Assad (Crédit : via Wikipedia)
La famille Assad en 1994. Devant : Hafez Assad et Anisa Makhlouf. Derrière, de gauche à droite : Maher, Bashar, Bassel, Majid et Bushra Assad (Crédit : via Wikipedia)

La Syrie, où Bachar al-Assad a remporté un 4e mandat lors de la présidentielle mercredi, est gouvernée d’une main de fer depuis cinq décennies par la dynastie des Assad, père et fils.

Hafez au pouvoir

Le 16 novembre 1970, le général Hafez al-Assad, ministre de la Défense, prend le pouvoir à la faveur d’un coup d’Etat qui élimine l’aile « civile » du pouvoir représentée par Salah Jedid, secrétaire général adjoint du parti Baas, au pouvoir depuis 1963, et homme fort derrière le président Noureddine Atassi.

Baptisé « Mouvement de redressement », ce coup de force se déroule sans effusion de sang.

Le 12 mars 1971, Hafez al-Assad se fait élire par référendum, devenant le premier président syrien de la communauté alaouite minoritaire (10 % de la population), alors que la majorité est sunnite.

Le président syrien Hafez el-Assad rencontre le Guide suprême iranien Ali Khamenei à Téhéran, le 1er août 1997. (Wikipedia)

Guerre contre Israël

Le 6 octobre 1973, l’Egypte et la Syrie déclenchent une offensive contre Israël, à l’ouest le long du canal de Suez et à l’est sur le plateau du Golan, pour l’obliger à restituer les territoires conquis lors de la guerre de juin 1967.

Après des revers, l’armée israélienne reprend le dessus au prix de pertes sévères.

Un accord sur le désengagement des forces dans le Golan est signé en 1974.

Intervention au Liban

En juin 1974, le président américain Richard Nixon annonce à Damas le rétablissement des relations diplomatiques, rompues depuis 1967.

L’ancien président américain Richard Nixon. (National Archives & Records Administration, public domain)

Deux ans plus tard, les troupes syriennes entrent au Liban, avec le feu vert américain, pour secourir les milices chrétiennes au bord de l’effondrement face aux forces islamo-progressistes soutenues par les combattants palestiniens.

A partir de mai 1977, les soldats syriens, qui avaient pris le contrôle du pays, à l’exception de la zone frontalière avec Israël, se heurtent aux formations chrétiennes qui contestent leur présence.

La Syrie va exercer 30 ans de domination militaire et politique sur le Liban, d’où elle retirera ses troupes en 2005, sous la pression internationale, après l’assassinat du dirigeant libanais Rafic Hariri.

Impitoyable

En 1979, après un attentat contre l’Académie militaire d’Alep (nord), qui tue 80 cadets, tous alaouites, le régime syrien sévit contre les Frères musulmans, un mouvement sunnite islamiste accusé d’avoir commis l’attentat.

En février 1982, l’armée réprime à Hama (centre) une insurrection d’islamistes. Les émeutes et les opérations militaires menées pendant environ un mois par un corps d’élite dirigé par le frère d’Assad, Rifaat, font entre 10 000 et 40 000 morts, selon les sources.

Rapprochement avec l’Occident

En 1990-1991, la Syrie resserre les liens avec Washington, après l’effondrement de l’URSS avec laquelle elle était liée par « un traité d’amitié et de coopération ».

Damas se rallie aux forces de la coalition dirigée par Washington contre l’Irakien Saddam Hussein, rival traditionnel de M. Assad, après son invasion du Koweït.

Bachar au pouvoir

Le 10 juin, le Parlement modifie un article de la Constitution pour abaisser de 40 à 34 ans l’âge minimum requis pour la magistrature suprême, un amendement taillé sur mesure pour Bachar al-Assad, né en 1965.

Le président syrien Bashar al-Assad lors d’une interview à Damas (Crédit : capture d’écran Foxnews)

Le 17 juillet 2000, Bachar al-Assad prête serment devant le Parlement. Candidat unique, il a été désigné président à l’issue d’un plébiscite (97 %) organisé un mois après le décès de son père Hafez.

« Printemps de Damas »

Fin septembre 2000, une centaine d’intellectuels et d’artistes appellent les autorités à « amnistier » les prisonniers politiques et à lever l’état d’urgence en vigueur depuis 1963.

Une ouverture est amorcée avec une période de relative liberté d’expression. L’arrestation en 2001 d’opposants met un terme à ce bref « Printemps de Damas ».

Guerre civile

Le 15 mars 2011, une révolte populaire avec des manifestations pacifiques éclate en Syrie, dans le sillage du Printemps arabe. Elle est brutalement réprimée par le régime, avant de se transformer en guerre civile.

Dans les années suivantes, le conflit va se complexifier avec l’implication de puissances régionales et internationales ainsi que des milices étrangères et des groupes jihadistes.

Vue aérienne d’un camp établi par des réfugiés syriens dans des ruines de l’ère byzantine à Baqirha, le 1er novembre 2020. (Crédit : Abdulaziz ketaz / AFP)

Soutenu militairement par Moscou et Téhéran, le régime enchaîne les victoires jusqu’à reconquérir près des deux tiers du territoire.

La guerre a fait plus de 500 000 morts, déplacé ou poussé à l’exil plus de 12 millions de personnes (plus de la moitié de la population) et dévasté le pays.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...