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La « tablette de Gilgamesh », joyau mésopotamien, sera rendue à l’Irak jeudi

Cette tablette en argile sur laquelle figure des caractères cunéiformes aurait été volée dans un musée irakien en 1991, alors que le pays était plongé dans la guerre du Golfe

Illustration : Des objets anciens, introduits en contrebande aux États-Unis en violation de la loi fédérale et expédiés dans les magasins Hobby Lobby, présentés lors d'un événement avant le renvoi des objets en Irak, le 2 mai 2018, à Washington. (Crédit : Win McNamee/Getty Images/AFP)
Illustration : Des objets anciens, introduits en contrebande aux États-Unis en violation de la loi fédérale et expédiés dans les magasins Hobby Lobby, présentés lors d'un événement avant le renvoi des objets en Irak, le 2 mai 2018, à Washington. (Crédit : Win McNamee/Getty Images/AFP)

La « tablette de Gilgamesh », joyau mésopotamien vieux de 3 500 ans qui avait été pillé et apporté illégalement aux États-Unis, sera restitué jeudi à l’Irak, a annoncé l’Unesco lundi.

Cette tablette en argile sur laquelle figure des caractères cunéiformes aurait été volée dans un musée irakien en 1991, alors que le pays était plongé dans la première guerre du Golfe.

La précieuse pièce archéologique, aussi appelée la « tablette du rêve de Gilgamesh », aurait ensuite été « introduite frauduleusement sur le marché de l’art américain en 2007 », avant d’être saisie par les autorités judiciaires du pays en 2019, selon l’Unesco.

Malgré sa petite taille, la tablette a une immense valeur. Elle comporte des fragments de « l’épopée de Gilgamesh », considérée comme l’une des plus anciennes œuvres littéraires de l’humanité et qui narre les aventures d’un puissant roi de Mésopotamie en quête d’immortalité.

Cette restitution est « une victoire majeure sur ceux qui mutilent le patrimoine » et permet « au peuple irakien de renouer avec une page de son histoire », a déclaré dans un communiqué Audrey Azoulay, directrice générale de l’Unesco, qui sera présente à la cérémonie à Washington de remise de l’œuvre aux autorités irakiennes.

L’ancienne ministre de la Culture française et nouvelle directrice de l’UNESCO, Audrey Azoulay, a prononcé une conférence de presse à la suite de son élection le 13 octobre 2017 au siège de l’UNESCO à Paris. (Crédit : AFP / Thomas Samson)

En juillet dernier, 17 000 pièces, pour la plupart vieilles de quelque 4 000 ans, avait été rendues à l’Irak par les États-Unis. La majorité d’entre elles dataient de la période sumérienne, l’une des plus anciennes civilisations de la Mésopotamie.

L’Irak a vu ses antiquités pillées depuis des décennies, au fil des conflits qu’a connus le pays, et notamment l’invasion américaine de 2003.

« Au cours de la dernière décennie, le monde a été témoin d’une hausse alarmante de la destruction du patrimoine culturel en raison des conflits armés », affirmait Interpol en 2017.

« Le Moyen-Orient, en particulier, est concerné par ce phénomène, même si d’autres régions ne sont pas épargnées », comme l’Afrique du Nord, de l’Ouest ou l’Asie centrale, ajoutait l’organisme.

L’imposant sarcophage du prêtre Nedjemankh avait été volé en Egypte en 2011, en plein soulèvement contre le président Hosni Moubarak, puis avait été vendu au Met de New York, l’un des plus prestigieux musées du monde, pour environ 4 millions de dollars.

Ce n’est qu’en 2019 que le trésor archéologique, datant 150 à 50 avant l’ère commune, avait été rendu à son pays d’origine.

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