La Turquie avait planifié une opération en Syrie depuis deux ans
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La Turquie avait planifié une opération en Syrie depuis deux ans

Des chars turcs et des centaines de combattants rebelles sont entrés mercredi sur le territoire syrien pour reprendre Jarablos à l'EI

Des chars de l'armée turque et-des combattants de l'opposition syrienne se déplacent à l'ouest de la ville frontalière de la Syrie Jarablos le 24 août 2016. (Crédit : AFP / BULENT KILIC)
Des chars de l'armée turque et-des combattants de l'opposition syrienne se déplacent à l'ouest de la ville frontalière de la Syrie Jarablos le 24 août 2016. (Crédit : AFP / BULENT KILIC)

La Turquie avait planifié une opération militaire en Syrie deux ans avant le lancement d’une offensive cette semaine mais elle a été freinée par plusieurs facteurs, notamment des divergences avec Washington, a déclaré jeudi un responsable turc.

Des chars turcs et des centaines de combattants rebelles sont entrés mercredi sur le territoire syrien pour reprendre la localité de Jarablos au groupe jihadiste Etat islamique (EI) et en tenir éloignées les milices kurdes.

Le moment choisi pour cette opération a soulevé plusieurs questions, Jarablos ayant été sous le contrôle de l’EI depuis trois ans sans qu’Ankara ne réagisse.

Jeudi, un responsable turc s’exprimant sous le couvert de l’anonymat a déclaré que le gouvernement avait « travaillé sur une incursion terrestre depuis plus de deux ans », mais avait été « retardé » par plusieurs facteurs.

Selon lui, les Etats-Unis ont remis en question la faisabilité des plans de la Turquie pour libérer Jarablos. « D’après leur argument de base, le nombre de rebelles modérés n’était tout simplement pas suffisant pour libérer Jarablos et d’autres parties du nord de la Syrie », a-t-il déclaré.

Le responsable a ajouté qu’Ankara avait fourni en mars à la Maison Blanche une liste des « combattants modérés » – au nombre de 1 800, avec l’assurance de 600 supplémentaires – pouvant effectuer l’opération.

Le responsable a également assuré que des membres de l’armée turque qui avaient pris part le 15 juillet à la tentative de coup d’Etat contre le président Recep Tayyip Erdogan avaient également bloqué l’intervention militaire en Syrie.

Selon lui, certains cadres supérieurs « influents » au sein de l’armée liés au coup ont bloqué la procédure en faisant usage de prétextes fallacieux.

Il a notamment identifié le général Semih Terzi, l’un des putschistes présumés abattu par un jeune officier la nuit du 15 juillet, comme la cause d’une obstruction majeure.

Enfin, le responsable a cité la crise diplomatique entre Ankara et Moscou, qui a mis un terme à toute opération aérienne turque dans le ciel syrien, essentielle pour une opération au sol.

« Il était devenu pratiquement impossible de mettre en œuvre nos plans en raison du manque de couverture aérienne », a-t-il déclaré. La Turquie et la Russie ont normalisé leurs relations en juin.

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