La Turquie « ne permettra pas l’annexion » en Cisjordanie, prévient Erdogan
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La Turquie « ne permettra pas l’annexion » en Cisjordanie, prévient Erdogan

Le président turc menace l'Etat juif face au projet du gouvernement d'étendre la souveraineté israélienne, disant que Jérusalem est "une ligne rouge" pour les musulmans du monde

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s'exprime devant les responsables de son parti au pouvoir à Ankara en Turquie, le 10 octobre 2019. (Crédit : Service de presse de la présidence turque via AP, Pool)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan s'exprime devant les responsables de son parti au pouvoir à Ankara en Turquie, le 10 octobre 2019. (Crédit : Service de presse de la présidence turque via AP, Pool)

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a menacé Israël à la suite du projet du nouveau gouvernement d’annexer certains secteurs de la Cisjordanie.

« Nous assistons à un nouveau plan d’occupation et d’annexion de la part d’Israël qui menace la souveraineté palestinienne et qui est contraire au droit international », a déclaré Erdogan dans un discours diffusé dimanche soir à l’occasion de la fête musulmane de l’Aïd al-Fitr. « Nous ne permettrons pas que des terres palestiniennes soient transférées à qui que ce soit ».

« La Turquie est la seule voix qui défende les Palestiniens aujourd’hui », a affirmé Erdogan dans une allocution télévisée. « Le monde a laissé tomber les Palestiniens et n’est pas parvenu à apporter la paix, la justice, la sécurité et l’ordre dans cette partie du monde », a-t-il ajouté.

Le chef de l’État turc a poursuivi en disant que Jérusalem et le mont du Temple étaient « sacrés pour les trois religions et ils sont aussi la ligne rouge pour tous les musulmans du monde ».

La promesse faite par le Premier ministre Benjamin Netanyahu d’annexer la vallée du Jourdain et toutes les implantations dès le mois de juillet a été condamnée par un nombre croissant de pays et notamment par des États arabes, comme la Jordanie, et par des nations européennes comme la France et l’Allemagne.

Netanyahu a répété, lundi, l’échéance établie dans l’accord de coalition – le mois de juillet – comme date définie pour le lancement du processus d’élargissement de la souveraineté israélienne. Il a indiqué aux députés du Likud n’avoir aucunement l’intention de la changer.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au centre, arrive pour une réunion de faction du Likud à la Knesset, le 25 mai 2020 (Crédit : Flash90)

À l’ouverture de la réunion hebdomadaire des parlementaires du Likud à la Knesset, Netanyahu a estimé qu’il n’y avait jamais eu de moment plus favorable dans toute l’histoire du pays pour l’annexion des secteurs concernés.

« Nous avons là une opportunité qui n’a jamais existé depuis 1948 d’appliquer la souveraineté de manière avisée en Judée et Samarie, sous la forme d’une avancée diplomatique, et nous n’allons pas laisser passer cette chance », a assuré Netanyahu, se référant à l’année où l’État d’Israël a été fondé et en utilisant les noms bibliques renvoyant à ces parties de la Cisjordanie.

Plus tard, au cours de la partie de la réunion qui était interdite aux médias, le Premier ministre a dit aux députés réunis que « nous avons une date-cible pour l’application de la souveraineté, le mois de juillet, et nous ne la changerons pas », selon des médias en hébreu.

Il s’agissait là de ses premiers commentaires publics depuis son apparition devant le tribunal, dimanche, pour l’ouverture de son procès pour corruption.

L’initiative sera coordonnée avec Washington et conformément au plan sur le Moyen-Orient qui a été rendu public par le président américain Donald Trump au mois de janvier et qui approuvait l’application de la souveraineté de l’État juif sur environ 30 % de la Cisjordanie.

Toutefois, le plan de paix tout entier a été rejeté par les Palestiniens qui considèrent que la Cisjordanie sera le territoire qui accueillera leur futur État.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a annoncé, la semaine dernière, qu’il rompait la coopération sécuritaire mise en place avec Israël en raison de l’intention déclarée de Netanyahu d’annexer les implantations et la vallée du Jourdain, une zone stratégique.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à Ramallah en Cisjordanie le 7 mai 2020. (Crédit : Nasser Nasser/Pool/AFP)

La communauté internationale exprime également des inquiétudes croissantes, assorties de mises en garde en direction d’Israël.

Ces derniers jours, même des responsables de l’administration Trump ont semblé chercher à freiner les attentes de ce que Washington puisse donner rapidement le feu vert à cette initiative, sans progrès préalable réalisé dans les négociations entre Israël et les Palestiniens.

Le porte-parole du département d’État a expliqué, au début du mois, que toute action devait entrer dans le cadre de discussions entre les deux parties sur le plan de paix de l’administration.

Selon les dispositions de l’accord de coalition conclu entre Netanyahu et Benny Gantz, le chef de Kakhol lavan et ministre de la Défense, le Premier ministre pourra procéder à l’annexion.

Le mois dernier, les deux hommes ont passé un accord de partage du pouvoir complexe. Selon les termes de cet arrangement, le Premier ministre pourra présenter sa proposition d’annexer environ 30 % de la Cisjordanie – toutes les implantations et la vallée du Jourdain – dès le 1er juillet. Il devra obtenir l’accord du cabinet ou de la Knesset.

En attendant, le gouvernement devrait exclusivement se concentrer sur la lutte contre la pandémie du coronavirus.

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