La vallée du Jourdain, une bande de terre stratégique
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La vallée du Jourdain, une bande de terre stratégique

Cette région est "vitale" pour Israël, a déclaré mardi le Premier ministre Benjamin Netanyahu aux côtés du président Donald Trump à Washington

Vue du Jourdain dans la vallée du Jourdain appelée Naharayim, ou Baqura en arabe, dans le nord d'Israël, le 22 octobre 2018. (AP Photo/Ariel Schalit)
Vue du Jourdain dans la vallée du Jourdain appelée Naharayim, ou Baqura en arabe, dans le nord d'Israël, le 22 octobre 2018. (AP Photo/Ariel Schalit)

Plaine agricole militarisée aux ressources aquifères, la vallée du Jourdain, que le projet de paix américain propose d’attribuer à Israël, est une langue de terre stratégique comptant pour environ 30 % de la Cisjordanie/Judée-Samarie et située le long de la frontière jordanienne.

L’État hébreu considère cette plaine coincée entre deux massifs désertiques comme essentielle à sa sécurité car lui permettant de limiter les frontières des Territoires palestiniens et donc de possibles infiltrations.

Si elle était annexée par Israël, cette vallée deviendrait la frontière orientale de l’État hébreu, prolongeant ainsi son territoire contigu avec la Jordanie, pays avec lequel l’État juif a signé un accord de paix en 1994.

Malgré cet accord, la vallée servirait, dans l’optique des militaires israéliens, de zone tampon peu peuplée en cas d’attaques terrestres de voisins contre Israël.

La vallée du Jourdain est « vitale » pour Israël, a déclaré mardi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lors d’une conférence de presse conjointe avec le président américain Donald Trump à Washington, annonçant que dans le cadre du plan américain, l’Etat hébreu allait « appliquer sa souveraineté » sur cette zone.

A la veille des législatives de septembre, M. Netanyahu avait promis, s’il était réélu, d’annexer cette vallée, une mesure qui pourrait anéantir « toute chance de paix », avaient aussitôt répondu les Palestiniens.

M. Netanyahu avait précisé que l’annexion ne comprendrait pas ses villes palestiniennes, comme Jéricho, qui risquerait de se transformer alors en îlot arabe enclavé par le territoire israélien.

Le rival politique du Premier ministre et ex-chef de l’armée Benny Gantz, qu’il affrontera de nouveau aux législatives du 2 mars, est lui aussi favorable à l’annexion de la vallée.

Contrôlée par Israël

Environ 10 000 des 400 000 Israéliens établis en Cisjordanie vivent dans la vallée du Jourdain, selon des données du gouvernement israélien et d’ONG.

Quelque 65 000 Palestiniens y vivent, en incluant la ville de Jéricho (20 000 habitants), selon l’organisation israélienne anti-implantation B’Tselem.

L’implantation d’Israël en Cisjordanie et à Jérusalem-Est est illégale au regard du droit international.

Les États-Unis ont toutefois changé en novembre leur position sur ce dossier sensible, jugeant que les implantations n’étaient pas contraires au droit international.

La majeure partie de la vallée du Jourdain est déjà administrée par Israël, car faisant partie de la zone dite « C » de la Cisjordanie, selon les accords d’Oslo qui encadrent depuis le milieu des années 90 les relations entre l’Autorité palestinienne et Israël.

La zone « C », sous contrôle civil et sécuritaire israélien, compte au total pour environ 60 % de l’ensemble de la Cisjordanie.

Le ministre israélien de la Défense, Natftali Bennett, a récemment soutenu que l’ensemble de cette zone « C », et non uniquement la vallée du Jourdain, était en fait israélienne.

Eau

S’étirant du sud du lac de Tibériade au nord de la mer Morte, la vallée du Jourdain est stratégique pour son industrie agricole et ses ressources en eau dans cette région semi-désertique.

Selon B’Tselem, 56 % de la vallée est réservé à un usage militaire, et 85 % de ses terres ne sont pas accessibles pour les Palestiniens.

D’après des chiffres de l’Union européenne consultés par l’AFP, c’est dans la vallée du Jourdain que les autorités israéliennes ont conduit le plus de démolitions depuis 2009 (2 403 constructions de Palestiniens détruites).

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