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L’AAUP devient le plus grand syndicat de profs américains à appeler au cessez-le-feu

L'Association américaine des professeurs d'université a signé une déclaration appelant à la fin de la guerre entre Israël et le Hamas ; un membre dénonce le focus "obsessionnel" sur Israël

Illustration : Des personnes sur le campus de l'université Cornell, à Ithaca, dans l'État de New York, le 2 février 2024. (Crédit : Seth Wenig/AP Photo)
Illustration : Des personnes sur le campus de l'université Cornell, à Ithaca, dans l'État de New York, le 2 février 2024. (Crédit : Seth Wenig/AP Photo)

L’Association américaine des professeurs d’université (AAUP) est devenue le plus grand syndicat national de professeurs à prendre une position politique dans la guerre entre Israël et le groupe terroriste palestinien du Hamas en signant une déclaration au début du mois qui l’associe à des centaines d’autres syndicats américains exigeant un cessez-le-feu.

Cette déclaration survient alors qu’Israël continue de négocier la libération de 130 personnes toujours retenues en otage par le groupe terroriste du Hamas à Gaza. Les otages, qui comprennent des ressortissants américains, français, argentins, sud-africains et brésiliens, ont été enlevés le 7 octobre 2023, lorsque des milliers de terroristes dirigés par le Hamas ont attaqué Israël et massacré 1 200 personnes, pour la plupart des civils, et en ont enlevé 253 autres.

Forte de 44 000 membres, dont des professeurs, des étudiants diplômés et des chercheurs, l’AAUP continue de s’opposer au boycott d’Israël par les universités. Mais son récent appel à un cessez-le-feu a profondément troublé certains membres, a déclaré Cary Nelson, professeur émérite à l’université de l’Illinois à Urbana-Champaign, car si le syndicat a été fondé en 1915 avec pour mission de protéger et de promouvoir la liberté académique, le lien entre la liberté académique et la guerre de Gaza est pour le moins obscur.

« L’AAUP s’est lentement transformée en une organisation antisioniste depuis 2015 », a déploré Nelson, qui a été président de l’AAUP entre 2006 et 2012. « Mais son appel à un cessez-le-feu à Gaza représente une nouvelle phase de ce processus, car c’est la première fois que l’AAUP abandonne réellement son engagement à la neutralité politique et adopte ce qui équivaut à une politique étrangère. »

Laurie Essig, professeure d’études sur le genre, la sexualité et le féminisme au Middlebury College et présidente de la section de l’AAUP de cet établissement, n’est pas d’accord.

« Pour être clair, la mission de l’AAUP est politique. La protection de la liberté académique et de la titularisation contre les régimes politiques fascistes est la raison d’être de l’AAUP. Quant au lien, le conflit Israël-Gaza est utilisé aux États-Unis pour attaquer la liberté académique », a déclaré Essig.

Le professeur émérite, et ancien président de l’Association américaine des professeurs d’université, Cary Nelson. (Crédit : L. Brian Stauffer/Université de l’Illinois à Urbana-Champaign)

Certaines sections de l’AAUP ne se contentent pas de soutenir un cessez-le-feu, elles semblent également justifier l’attaque du Hamas.

Par exemple, dans un message publié le 6 décembre sur X, la branche « Advocacy » de l’AAUP à Texas A&M a déclaré qu’elle était « solidaire de la résistance [nom que se donnent les groupes terroristes islamistes anti-Israël] palestinienne à l’occupation apartheid » et a appelé l’université à prendre « des mesures concrètes pour mettre fin à la guerre génocidaire contre le peuple palestinien et pour mettre fin au colonialisme israélien ».

Certes, les syndicats américains soutiennent depuis longtemps des causes progressistes, tant au niveau national qu’international, qu’il s’agisse de s’opposer à l’entrée dans la Première Guerre mondiale ou de protester contre la Guerre du Vietnam.

Toutefois, ce n’est qu’au cours des dernières décennies que les syndicats d’enseignants et de chercheurs se sont intéressés au conflit israélo-palestinien.

Selon la campagne américaine pour le boycott académique et culturel d’Israël, lorsque l’Association des études américano-asiatiques s’était jointe au boycott des universités israéliennes en 2013, elle était devenue le premier syndicat de ce type à le faire.

La même année, l’American Studies Association avait voté pour devenir le deuxième groupe de ce type à approuver un boycott d’Israël, une décision condamnée par le Congrès juif mondial comme une « faillite morale ». D’anciens et actuels membres ont poursuivi l’association pour rupture de contrat et détournement de fonds pour défendre et promouvoir le boycott. Un juge fédéral a rejeté l’affaire en mars dernier, estimant que les plaignants n’avaient pas qualité pour agir.

Néanmoins, un étudiant postdoctoral travaillant à l’université de Californie du Sud s’est dit consterné par l’attention « obsessionnelle » que son syndicat continue d’accorder à Israël.

« Le but d’un syndicat est de lutter pour des salaires et des conditions de travail équitables. Ils y consacrent désormais une part disproportionnée de leur temps », a déclaré ce postdoctorant qui, craignant des répercussions professionnelles, a requis l’anonymat.

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