L’absence des employés palestiniens pourrait coûter très cher à l’économie – Trésor
"Nous sommes dans une situation très critique", a commenté le chef de l'Association des entrepreneurs ; la majorité d'entre eux ne peuvent plus entrer en Israël depuis le 7 octobre
La décision prise par le gouvernement d’interdire l’entrée de la majorité des ouvriers palestiniens en provenance de la Cisjordanie, depuis le 7 octobre, pourrait coûter des milliards de shekels par mois à l’économie si elle devait continuer à être mise en vigueur, a annoncé le ministère des Finances.
« Nous avons calculé les dommages économiques résultant du fait que les Palestiniens ne se rendent plus à leur travail… et ils sont estimés à approximativement trois milliards de shekels par mois », a commenté un représentant du ministère devant la Commission des Travailleurs étrangers de la Knesset, dans la journée de lundi.
Depuis l’attaque meurtrière lancée par le Hamas sur le territoire israélien, le 7 octobre, plus de 150 000 Palestiniens de Cisjordanie qui viennent habituellement travailler sur le territoire sont largement dans l’incapacité de le faire.
Plus de 10 000 travailleurs étrangers – originaires de Thaïlande en particulier – ont fui le pays depuis l’assaut et, selon les médias, Israël aurait besoin de plus de 30 000 ouvriers étrangers de plus pour répondre au besoin de main-d’œuvre, un besoin qui s’est exacerbé suite à la mobilisation de centaines de milliers de réservistes israéliens dans le cadre de la guerre contre le Hamas dans la bande de Gaza.
Il a été annoncé, la semaine dernière, qu’entre 8 000 et 10 000 travailleurs palestiniens de Cisjordanie reprendront leur travail dans les implantations et dans les entreprises israéliennes de Cisjordanie.
Une décision qui a suivi des pressions considérables de la part des usines et des entreprises qui sont en grande difficulté financière à cause de la pénurie de main-d’œuvre.
« Nous sommes dans une situation très critique », a dit Raul Sargo, président de l’Association des constructeurs israéliens, lors de la réunion de la Commission qui a eu lieu lundi. « L’industrie est totalement dans l’impasse ; la production n’est que de 30 %. 50 % des chantiers sont fermés et l’impact s’en ressent sur l’économie et sur le marché du logement israélien ».
Au début du mois, le cabinet de sécurité avait refusé de voter sur une proposition qui visait à permettre aux ouvriers palestiniens d’entrer en Israël depuis la Cisjordanie. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui semblait approuver cette initiative, avait renoncé au vote en raison de désaccords présumés entre les ministres siégeant au cabinet, craignant de ne pas rassembler une majorité suffisante.
« L’État d’Israël doit décider s’il se veut le renfort des mains des Palestiniens ou non », a déclaré le président de la Commission des travailleurs étrangers, Eliyahu Revivo, député élu sous l’étiquette du Likud. « Tant qu’aucune solution ne sera avancée, l’État dépendra encore des ouvriers palestiniens. Le gouvernement traîne sur cette question ».
Moshe Aboutboul, député du Shas et vice-ministre de l’Agriculture, a partagé le même point de vue, établissant qu’il devait y avoir « une décision claire » sur le sujet et ajoutant que, suite aux efforts livrés par le gouvernement pour recruter de la main-d’œuvre à l’étranger, « il devrait y avoir trop d’employés, pas une pénurie ».