L’accord de gazoduc entre Israël, la Grèce et Chypre signé l’an prochain
Rechercher

L’accord de gazoduc entre Israël, la Grèce et Chypre signé l’an prochain

L'envoyé américain, qui réclame le soutien régional, affirme que le projet apportera "stabilité et prospérité au Moyen-Orient et en Europe"

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, son homologue grec Alexis Tsipras, à droite, et le président chypriote  Nicos Anastasiades lors du 5ème sommet Israël-Grèce- Chypre ont signé des accords trilatéraux sur la cyber-sécurité et l'innovation à Beer Sheva, en Israël, le 20 décembre 2018 (Crédit :  Menahem Kahana/AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, son homologue grec Alexis Tsipras, à droite, et le président chypriote Nicos Anastasiades lors du 5ème sommet Israël-Grèce- Chypre ont signé des accords trilatéraux sur la cyber-sécurité et l'innovation à Beer Sheva, en Israël, le 20 décembre 2018 (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a expliqué jeudi qu’Israël, la Grèce et Chypre signeront un accord portant sur la construction d’un gazoduc qui transportera du gaz naturel depuis l’est de la Méditerranée vers l’Europe. Le projet ambitieux, soutenu par les États-Unis, devrait être signé l’an prochain.

Cette initiative qui devrait coûter sept milliards de dollars et prendre six à sept ans à réaliser permettra de placer la région comme fournisseur d’énergie et d’entamer la domination russe sur le marché énergétique européen. Elle pourrait aussi entraver les ambitions de l’Iran qui souhaiterait utiliser la Syrie comme porte d’entrée vers l’est de la Méditerranée.

S’exprimant lors d’un sommet réunissant des responsables grecs et chypriotes à Beer Sheva, Netanyahu a expliqué que les trois nations avaient réaffirmé leur engagement en faveur du gazoduc et évoqué « des aspects importants » du projet. L’Italie est également partenaire dans la planification du gazoduc. Le président chypriote, Nicos Anastasiades, a expliqué que le projet n’attendait que le feu vert de l’Union européenne (UE) pour commencer.

« Nous allons signer formellement, officiellement, cet accord dans quelques mois », a dit Netanyahu lors de ce cinquième sommet entre les trois pays.

Soutenant également cette initiative, l’ambassadeur des États-Unis en Israël, David Friedman, a salué le gazoduc comme faisant partie intégrante de la « stabilité et de la prospérité du Moyen-Orient et de l’Europe » et il a vivement recommandé à tous les pays de la région de garantir sa réussite.

L’ambassadeur américain en Israël David Friedman lors d’un discours prononcé durant le 5ème sommet Israël-Grèce-Chypre entre le Premier ministre israélien, le président chypriote et le Premier ministre grec à Beer Sheva, en Israël, le 20 décembre 2018 (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

Washington observe l’est de la Méditerranée avec un nouvel intérêt. Lors d’une rencontre avec le Premier ministre grec au début du mois, le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a qualifié la région de « frontière stratégique importante » pour Washington, qui veut renforcer ses relations avec ses « alliés démocratiques, comme la Grèce, Chypre et Israël ».

Israël développe ses champs de gaz naturel au large de la côte méditerranéenne depuis dix ans. Son champ gazier « Tamar » est déjà largement opérationnel tandis que le champ appelé « Leviathan », plus grand, devrait être opérationnel l’an prochain. Alors que la plus grande partie de son gaz sert à l’usage national, l’Etat juif a signé des accords d’exportation avec l’Egypte et la Jordanie et s’intéresse au marché européen, plus conséquent.

Le gazoduc proposé permettrait à Israël et à Chypre d’exporter les réserves offshore qui ont été récemment découvertes vers l’Italie et vers le reste de l’Europe. La Grèce, qui agirait comme conduit pour le gaz à destination du continent, pourrait également utiliser le gazoduc pour convoyer les hydrocarbures qu’elle pourrait potentiellement découvrir dans ses eaux.

Ce qui pourrait transformer les économies des pays tout en diversifiant l’approvisionnement en gaz en Europe et réduire la dépendance de cette dernière face à la Russie. Le développement des réserves d’hydrocarbures régionales pourrait également freiner la tentative de Téhéran « d’ouvrir une fenêtre » vers l’est de la Méditerranée à travers la Syrie, a commenté le secrétaire d’Etat adjoint Wess Mitchell au journal grec Kathimerini dans une interview publiée cette semaine.

Lors du sommet de jeudi, les leaders n’ont donné aucun détail portant sur un calendrier de construction.

Les pays ont promis de coopérer dans le secteur de la cyber-sécurité. Israël et Chypre ont signé un accord préliminaire sur la coopération technique. L’Etat juif et la Grèce ont, pour leur part, conclu un accord-cadre sur la technologie satellite.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...