L’administration Biden annonce 15 millions de dollars d’aides aux Palestiniens
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L’administration Biden annonce 15 millions de dollars d’aides aux Palestiniens

L'envoyée l'a annoncé lors de son premier discours au Conseil de sécurité sur le conflit israélo-palestinien, déplorant la focalisation sur ce sujet au détriment d'autres

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Une élève palestinienne passe à côté de l'aide humanitaire fournie par l'agence d'aide aux réfugiés palestiniens de l'ONU, l'UNRWA, et de l'USAID, dans le camp de réfugiés de Shatie, à Gaza City, le 6 juin 2010. (Crédit : AP Photo/Lefteris Pitarakis, File)
Une élève palestinienne passe à côté de l'aide humanitaire fournie par l'agence d'aide aux réfugiés palestiniens de l'ONU, l'UNRWA, et de l'USAID, dans le camp de réfugiés de Shatie, à Gaza City, le 6 juin 2010. (Crédit : AP Photo/Lefteris Pitarakis, File)

L’ambassadrice aux Nations unies Linda Thomas-Greenfield a annoncé jeudi que Washington fera parvenir 15 millions de dollars d’aide humanitaire en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, des aides relatives à la crise de la COVID-19.

Avec cette enveloppe, c’est la première fois que l’administration transfère des fonds aux Palestiniens. Le président Biden avait promis de remettre en place les aides financières en direction des Palestiniens. Elles avaient été coupées par l’ancien président Donald Trump.

« Avec ces aides, l’agence américaine pour le développement international soutient les initiatives de prise en charge de la COVID-19 lancées par le Secours catholique dans les structures de soins et à destination des familles vulnérables de Cisjordanie et de Gaza », a déclaré Thomas-Greenfield lors d’un discours prononcé devant les membres de la réunion d’information mensuelle consacrée au conflit israélo-palestinien de l’instance – la première à laquelle elle a assisté depuis qu’elle a pris son poste.

« De plus, ces aides soutiendront les programmes d’aide alimentaire d’urgence qui vont être mis en vigueur en direction des communautés souffrant d’insécurité alimentaire, un phénomène qui s’est exacerbé avec la crise sanitaire », a-t-elle ajouté.

L’ambassadrice américaine aux Nations unies, Linda Thomas-Greenfield, au siège de l’ONU à New York, le 1er mars 2021. (Crédit : TIMOTHY A. CLARY / AFP)

« Cette aide urgente et nécessaire n’est qu’un seul des multiples éléments démontrant notre engagement en faveur de la population palestinienne. Elle soutiendra les Palestiniens qui en ont le plus besoin et cela contribuera à apporter plus de stabilité et de sécurité aux Israéliens comme aux Palestiniens. Ce qui est cohérent en termes d’intérêt et de valeurs de notre part, et ce qui est cohérent, aussi, avec nos efforts visant à venir à bout de la pandémie et du fléau de l’insécurité alimentaire qui sévit dans le monde entier », a-t-elle poursuivi.

Un communiqué du département d’État a aussi noté que les États-Unis avaient d’ores et déjà donné deux milliards de dollars à l’initiative COVAX, soutenue par l’ONU, qui a pour objectif d’assurer la vaccination des populations contre le coronavirus dans les pays en voie de développement. Les Palestiniens ont d’ores et déjà reçu, au début du mois, leur première livraison de vaccins par le biais du programme.

Le projet d’envoyer l’enveloppe de 15 millions de dollars avait été évoqué au début du mois par The National, qui avait cité une note de l’administration Biden, qui avait circulé en interne et qui soulignait l’approche politique initiale du nouveau président américain et de son équipe face au conflit israélo-palestinien.

La loi Taylor Force Act, adoptée en 2018 par le Congrès américain, interdit à Washington d’envoyer des aides bénéficiant directement à l’Autorité palestinienne et ce tant que Ramallah continuera à verser des allocations régulières aux personnes condamnées pour des actes de terrorisme. Toutefois, l’aide humanitaire qui a été annoncée par Thomas-Greenfield ne contrevient pas à cette législation que l’administration Biden a juré de maintenir.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et le président américain Donald Trump à l’hôtel Palace lors de la 72e Assemblée générale des Nations unies le 20 septembre 2017, à New York. (AFP/Brendan Smialowski)

Cette enveloppe de 15 millions de dollars reflète aussi l’aide liée à la COVID qui a été transférée en Cisjordanie et à Gaza au cours des derniers mois de l’administration Trump.

Avant que l’administration Trump ne commence à serrer la vis sur l’AP en 2018 en raison de son refus de s’engager dans les initiatives de paix américaines, les États-Unis étaient le plus important soutien financier de l’AP.

Les États-Unis payaient des centaines de millions de dollars par an aux créanciers de l’Autorité palestinienne, comme aux entreprises israéliennes fournissant l’eau et l’électricité aux Palestiniens. Ils payaient aussi la formation des forces de sécurité palestiniennes ainsi que de nombreux projets d’infrastructure.

Washington donnait aussi des centaines de millions de dollars par an à l’UNRWA (Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient) — l’agence chargée d’aider les réfugiés palestiniens au sein des Nations unies – pour répondre aux besoins quotidiens de milliers de réfugiés palestiniens et de leurs descendants dans tout le Moyen-Orient. L’administration Biden a fait part de sa volonté de financer à nouveau l’UNRWA.

Mahmoud Abbas (à gauche) et Joe Biden après leur rencontre dans la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 10 mars 2010. (AP/Bernat Armangue)

L’ambassadrice a aussi utilisé son temps de parole lors de la réunion pour parler de ce qui, selon elle, relève d’une focalisation disproportionnée sur le conflit israélo-israélien. « Il y a d’autres problèmes dans la région qui sont des menaces pour la paix et la sécurité internationales et qui mériteraient que le Conseil y porte une plus grande attention », a-t-elle précisé.

« Je vais être claire », a ajouté Thomas-Greenfield, qui a répété ce qu’elle avait déjà avancé lors de son audience de confirmation au Sénat, au début de l’année. « Toutes les critiques d’Israël ne sont pas illégitimes. Mais trop souvent, ces critiques penchent dangereusement vers l’antisémitisme et l’antisémitisme, comme toutes les formes de haine, œuvrent directement en défaveur de la paix. Et nous nous opposerons donc vigoureusement aux initiatives biaisées. »

Dans le reste de son allocution, Thomas-Greenfield a répété certaines politiques qui avaient d’ores et déjà été annoncées par l’administration Biden s’agissant du conflit. Elle a indiqué que les États-Unis continueraient à soutenir Israël tout en prônant une solution à deux États qui permettrait aux Palestiniens de bénéficier de leur droit à l’auto-détermination.

Elle a vivement recommandé aux deux parties d’éviter des initiatives unilatérales qui rendraient plus difficile la mise en place de la solution à deux États. Elle a cité, entre autres, les expansions d’implantations, les démolitions de maisons, les incitations à la violence, les allocations versées aux prisonniers condamnés pour terrorisme et les actes de violence.

Thomas-Greenfield a expliqué que l’administration Biden allait continuer à rouvrir des canaux diplomatiques avec les Palestiniens – des canaux qui avaient été fermés par Ramallah, qui a décidé de boycotter l’administration Trump après la reconnaissance de Jérusalem en tant que capitale d’Israël, en 2017.

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