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L’affluence à Téhéran ne traduit pas forcément un large soutien populaire au régime – analystes

Les motivations des participants sont diverses, du devoir religieux au soutien à l’État ; nombre de ceux qui défilent sont ceux qui assistent toujours aux manifestations organisées par les autorités

Un camion transportant les cercueils de l'ayatollah Ali Khamenei, défunt Guide suprême iranien, et de membres de sa famille se fraye un chemin parmi la foule en deuil lors du cortège funèbre à Téhéran, en Iran, ce lundi 6 juillet 2026. (Crédit : AP Photo/Vahid Salemi)
Un camion transportant les cercueils de l'ayatollah Ali Khamenei, défunt Guide suprême iranien, et de membres de sa famille se fraye un chemin parmi la foule en deuil lors du cortège funèbre à Téhéran, en Iran, ce lundi 6 juillet 2026. (Crédit : AP Photo/Vahid Salemi)

Alors que, ce lundi, Téhéran est envahie par les visiteurs venus rendre hommage au défunt guide suprême, les analystes – et même de hauts responsables iraniens – soulignent que cette affluence ne saurait être interprétée comme un soutien populaire au maintien d’un régime théocratique.

« Si certains pensent que cet événement est un test décisif du soutien dont bénéficie la République islamique, l’histoire nous prouve le contraire. Il s’agit de funérailles, et les Iraniens savent très bien organiser les funérailles », explique Ali Ansari, professeur d’histoire moderne à l’université de St Andrews, en Écosse.

Reuters s’est entretenu avec des personnes venues assister aux rassemblements, qui ont indiqué n’être là qu’en tant que spectateurs ou par sens du devoir religieux dans un pays marqué par une forte tradition chiite, plutôt que pour manifester leur allégeance politique.

« Ma présence ne signifie pas que je sois favorable au régime. Il s’agit d’un événement majeur qui s’est produit dans mon pays, et je voulais être témoin de cet épisode historique », précise Hamidreza, 63 ans, un enseignant à la retraite installé à Téhéran, qui dit assister systématiquement aux funérailles des grandes personnalités nationales, et qui a demandé à ce que son nom de famille ne soit pas divulgué.

Reuters n’a pas pu vérifier le nombre de participants. Des images enregistrées par drone semblent toutefois indiquer la présence de centaines de milliers de personnes.

Les autorités peuvent compter sur un solide socle de soutien idéologique, que les analystes estiment souvent à 15 à 20 % d’une population de 93 millions d’habitants, en se basant sur les résultats obtenus par les candidats partisans de la ligne dure lors des élections. Lors du dernier scrutin présidentiel, en 2024, le candidat de la ligne dure Saeed Jalili avait recueilli près de 13,5 millions de voix.

Ces funérailles sont un événement national exceptionnel, les premières organisées pour un Guide suprême depuis 1989, année où le prédécesseur de Khamenei, l’ayatollah Ruhollah Khomeini, père de la révolution de 1979, avait été inhumé dans un climat de grande ferveur idéologique. Ses funérailles, célébrées deux jours après son décès, avaient rassemblé plusieurs millions de personnes dans une ambiance frôlant parfois le chaos.

Khamenei, mort le 28 février, n’a pas pu être inhumé plus tôt en raison de la guerre, contrairement aux prescriptions islamiques qui exigent des funérailles rapides. Ce délai a toutefois permis aux autorités d’organiser une cérémonie nationale de grande envergure.

Les célébrations de cette semaine marquent également les premières commémorations publiques depuis la fin d’une guerre que les partisans de la République islamique considéraient comme existentielle.

« Si nous ne respectons pas nos dirigeants, le monde ne nous respectera pas », déclare Houshang Dabiri, 51 ans, pour expliquer pourquoi il a fait le déplacement depuis Shiraz jusqu’à Téhéran pour assister aux funérailles.

Une source haut placée admet que les motivations des participants sont diverses, allant du devoir religieux au soutien à l’État, et que bon nombre de ceux qui parcourent les rues sont les mêmes personnes qui assistent toujours aux manifestations organisées par les autorités pour soutenir les campagnes et les politiques officielles.

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