L’agence pour l’emploi israélienne met en garde contre le « chômage chronique »
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L’agence pour l’emploi israélienne met en garde contre le « chômage chronique »

Sur les 108 475 nouveaux demandeurs d'emploi recensés en octobre, 16 % ont été licenciés, contre 9 % en septembre ; comme en mars, les jeunes et les femmes sont les plus touchés

Des travailleurs indépendants israéliens protestent sur la place Rabin à Tel Aviv, demandant le soutien financier du gouvernement, le 11 juillet 2020. (Miriam Alster/Flash90)
Des travailleurs indépendants israéliens protestent sur la place Rabin à Tel Aviv, demandant le soutien financier du gouvernement, le 11 juillet 2020. (Miriam Alster/Flash90)

Un nouveau rapport du bureau du service de l’emploi israélien met en garde contre le « chômage chronique », car les données ont montré qu’en octobre, un pourcentage plus important de travailleurs sans activité ont été licenciés plutôt que d’être simplement mis en congé, ou en congé sans solde, par rapport aux mois précédents.

Malgré cela, la majorité des chômeurs s’inscrivant à l’agence pour l’emploi ont été placés en congé plutôt que licenciés, selon le rapport. Les plus jeunes – de moins de 35 ans – continuent d’être les plus touchés, ainsi que les femmes.

Selon les données présentées dimanche par l’agence au ministre de l’Économie Amir Peretz, sur les nouveaux demandeurs d’emploi en octobre, 16,1 % ont déclaré avoir été licenciés. En comparaison, 9,3 % avaient indiqué avoir été licenciés en septembre, et 6,3 % et 11,4 % respectivement en mars et avril, mois au cours desquels le premier confinement a été imposé.

En octobre, seulement 6,8 % des personnes qui étaient auparavant au chômage ont réintégré la vie active, contre 22 % en septembre, 36 % en mars et 5,8 % en avril, selon le rapport.

« Chaque vague de chômage intensifie les difficultés de ceux qui ne parviennent pas à retourner au travail, et leur risque de sombrer dans le chômage chronique augmente », a averti Rami Garor, le chef de l’agence pour l’emploi, dans un communiqué.

Alors que le premier confinement israélien a été imposé à la mi-mars, paralysant presque totalement l’économie, le ministère des Finances a élaboré un plan permettant aux entreprises de mettre leurs travailleurs en disponibilité, les rendant ainsi éligibles aux allocations de chômage même s’ils sont techniquement encore employés.

Pour lutter contre la pandémie, Israël a imposé deux mesures de confinement, l’une à la mi-mars et l’autre qui a débuté le 21 septembre et qui est maintenant progressivement assouplie.

La majorité des demandeurs d’emploi qui se sont inscrits auprès de l’agence en septembre et octobre ont déclaré avoir été mis à pied – 84,3 % en septembre et 71 % en octobre. Lors du premier confinement, un pourcentage plus important de travailleurs a été mis à pied – 89 % en mars et 80,4 % en avril, selon le bureau.

Au début du mois d’octobre, le nombre de demandeurs d’emploi actifs enregistrés auprès de l’agence était proche du million – soit 995 700. Cependant, les restrictions sanitaires ayant été assouplies, ce nombre est tombé à 940 300 à la fin du mois d’octobre. Parmi eux, 63,6 % contre 65,3 % à la fin du mois de septembre.

En octobre, 108 475 nouvelles personnes se sont inscrites comme demandeurs d’emploi, ce qui représente une baisse considérable par rapport aux 249 485 personnes qui se sont inscrites en septembre, le mois du début du deuxième confinement, et une baisse par rapport à avril, le deuxième mois du premier confinement, où 182 734 personnes se sont inscrites.

En octobre également, 91 386 personnes ont indiqué avoir repris le travail, la plupart d’entre elles à la suite de l’assouplissement du deuxième confinement. En septembre, 35 525 personnes seulement avaient déclaré avoir repris le travail.

Encore plus de demandeurs d’emploi que de personnes qui en ont trouvé un

Les données montrent que pour chaque personne qui est retournée au travail en octobre, 1,2 personne s’est inscrite comme nouveau demandeur d’emploi. Ce ratio représente une amélioration significative par rapport au mois de septembre, où, pour chaque personne ayant retrouvé un emploi, sept nouvelles personnes se sont inscrites en tant que chômeurs. En avril, pour chaque personne ayant repris le travail, on comptait 3,4 nouveaux demandeurs d’emploi.

Quelque 25,5 % de l’ensemble des demandeurs d’emploi inscrits en septembre et octobre sont retournés au travail en octobre, contre seulement 5,5 % des personnes en avril parmi celles qui s’étaient inscrites en mars et avril.

« Il semble que l’économie apprenne à se remettre plus rapidement des situations de blocage », a commenté le bureau dans un communiqué.

Les membres les plus jeunes de la population active – âgés de 24 ans et moins – représentaient plus d’un cinquième des nouveaux demandeurs d’emploi en octobre, selon le rapport, ce qui représente un nouveau record de près de 22 %, contre 20,7 % en septembre.

Le nombre de chômeurs âgés de 25 à 35 ans a également augmenté en octobre, pour atteindre 30,7 % de l’ensemble des demandeurs d’emploi, contre 29,2 % en septembre. Cela signifie que les travailleurs âgés de 34 ans et moins représentaient un pourcentage élevé de 52,6 % des chômeurs en octobre.

Dans cette tranche d’âge, seuls 42,2 % ont indiqué avoir repris le travail, contre 57,9 % des personnes âgées de 35 ans et plus qui ont déclaré avoir repris le travail en octobre. Les plus jeunes sont parmi les plus touchés, selon le rapport, car ils sont les plus susceptibles de travailler dans les secteurs qui ont été les plus touchés par la pandémie – les magasins, les restaurants et les bars.

Lors de la deuxième vague de la pandémie, les femmes ont une fois de plus été parmi celles qui ont payé le plus lourd tribut. En octobre, 55,6 % des personnes qui se sont inscrites auprès des services de l’emploi étaient des femmes. Il s’agit d’une amélioration par rapport à septembre, lorsque le deuxième confinement a été imposé et que les écoles ont fermé : les femmes représentaient alors 62,4 % des chômeurs.

Le rapport sur l’emploi « indique une tendance que je craignais », a réagi le ministre de l’Économie, M. Peretz, dans un communiqué. « Nous sommes au début de la mise en place d’une culture du chômage, et si nous ne trouvons pas rapidement des solutions à ce problème, il restera avec nous pendant de nombreuses années ».

Amir Peretz a appelé le Premier ministre et le ministre des Finances à mettre en place un programme de congés sans solde plus flexible qui permettra à plus de personnes de retourner sur le marché du travail, et « surtout, qui maintiendra la relation entre l’employeur et l’employé, et empêchera l’expansion des licenciements de ceux qui sont placés en congés sans solde ».

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