L’aide humanitaire à Gaza dépend de la libération des Israéliens par le Hamas
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L’aide humanitaire à Gaza dépend de la libération des Israéliens par le Hamas

Les parents du militaire décédé Hadar Goldin demandent à ce qu'aucune mesure ne soit approuvée sans le retour préalable de sa dépouille, retenue depuis quatre ans

Le ministre de l'Education Naftali Bennett arrive à la réunion hebdomadaire de cabinet au bureau du Premier ministre de Jérusalem, le 3 juin 2018 (Crédit : Marc Israel Sellem/POOL/Flash90)
Le ministre de l'Education Naftali Bennett arrive à la réunion hebdomadaire de cabinet au bureau du Premier ministre de Jérusalem, le 3 juin 2018 (Crédit : Marc Israel Sellem/POOL/Flash90)

Avant le début de la réunion du cabinet de sécurité, dimanche, qui a été consacrée à la situation humanitaire dans la bande de Gaza, de hauts-ministres ont déclaré que les gouvernants du Hamas, qui dirige l’enclave côtière, devaient, avant qu’une aide ne soit offerte, libérer les Israéliens qui y sont détenus.

« Ces derniers jours, on parle d’initiatives de type humanitaire », a commenté devant les journalistes le ministre de l’Education Naftali Bennett (HaBayit HeYehudi). « Nous devons garder en mémoire le fait que nos fils – les dépouilles de nos soldats et des citoyens israéliens – y sont retenus ».

« Je propose donc l’équation suivante : Des [mesures] humanitaires en échange de [mesures] humanitaires. Pas de repas offert », a-t-il ajouté. « De l’autre côté de la frontière se dresse un ennemi vicieux qui attend des signes de naïveté et des cadeaux gratuits ».

Les civils israéliens Avera Mengistu et Hisham al-Sayed étaient entrés de leur propre gré dans la bande de Gaza en 2014 et 2015 respectivement. Le Hamas s’était saisi des dépouilles des soldats de l’armée israélienne Hadar Goldin et Oron Shaul pendant la guerre de 2014, connue en Israël sous le nom de Bordure protectrice.

Oron Shaul, Hadar Goldin et Avraham Mengistu (Crédit : Flash90/The Times of Israël)

Dimanche, plus tôt dans la journée, le ministre de la Défense Avigdor Liberman avait affirmé dans une interview accordée à la radio militaire que les manifestations et les tensions dans l’enclave n’étaient pas dues à l’effondrement économique – comme l’ont dit de nombreuses personnes, notamment en Israël. Il a appelé à mettre fin aux « illusions et aux leurres laissant croire qu’en améliorant l’économie, le terrorisme prendra fin ».

Le premier obstacle à une solution, a ajouté Liberman, est l’objection du Hamas à rendre les captifs israéliens à Gaza. Le Hamas « peut obtenir un package humanitaire généreux s’il rend les Israéliens portés-disparus », a-t-il dit.

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman dirige une réunion de sa faction Yisrael Beytenu à la Knesset, le 21 mai 2018 (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Gaza doit faire face à des manques d’électricité, d’eau potable et de produits alimentaires. Israël et l’Egypte maintiennent un blocus sur la bande qui, selon eux, vise à empêcher le Hamas d’importer des armes et autres équipements qui pourraient servir à construire des fortifications ou des tunnels transfrontaliers.

La situation critique à Gaza a été exacerbée par un conflit en cours entre le Hamas et l’AP, qui a coupé les salaires qu’elle verse aux fonctionnaires de Gaza et imposé des sanctions variées, dont l’arrêt du paiement des factures d’électricité de l’enclave.

Les parents de Goldin, Leah et Simcha, se sont entretenus dimanche matin avec des ministres du cabinet, leur demandant de ne pas avancer de mesures humanitaires sans le rapatriement préalable des Israéliens portés-disparus et des deux dépouilles.

Ils ont déclaré que le Premier ministre Benjamin Netanyahu leur avait juré que le retour des militaires serait un prérequis nécessaire à tout accord associé à la bande de Gaza et qu’ils attendaient du Premier ministre qu’il tienne sa promesse.

Simcha Goldin et son épouse Leah, parents du soldat Hadar Goldin dont la dépouille est retenue par le Hamas dans la bande de Gaza, lors d’une conférence de presse à Ramat Gan, le 25 avril 2018 (Crédit : Flash90)

« C’est Netanyahu qui a dit : ‘S’ils donnent, ils recevront. S’ils ne donnent pas, ils ne recevront pas’. C’est le message qui doit sortir aujourd’hui de la réunion du cabinet », ont dit les parents de Hadar Goldin dans une déclaration, selon les médias en hébreu.

« Le retour des garçons est un problème humanitaire distinct et il doit être réaffirmé avec toutes les instances internationales qui font la promotion d’un accord d’aide avec Gaza », ont-ils ajouté.

Quatre Gazaouis ont été tués lors des affrontements près de la frontière, vendredi, à l’occasion de la dernière manifestation d’un mouvement de protestation intitulé « la grande marche du retour ». Les soldats israéliens ont indiqué que les manifestants avaient utilisé des ballons gonflés à l’hélium pour transporter des explosifs activés à distance dans le but d’attaquer les troupes.

Liberman a expliqué que le Hamas ne reconnaissait pas le droit à l’existence d’Israël et que dans ce contexte, il continuerait les hostilités indépendamment de la situation à Gaza. Il a clamé que les milliers de personnes qui ont manifesté et affronté les soldats israéliens, vendredi, étaient liés « directement ou indirectement » au Hamas et qu’ils n’avaient eu aucun autre choix que de participer à la manifestation.

« Ceux qui pensent qu’améliorer la situation civile et économique à Gaza mettra un terme aux cerfs-volants terroristes et aux violences ont tout simplement tort », a-t-il estimé. « Assez d’illusions et de leurres laissant croire qu’en améliorant l’économie, le terrorisme prendra fin ».

« L’inverse est vrai – ils comprendront qu’avec l’usage de la force et de la violence, ils peuvent réaliser des objectifs politiques. Pour améliorer la réalité dans la bande de Gaza, le régime du Hamas doit être renversé. Tous ceux qui veulent davantage que quatre heures d’électricité quotidienne doivent renverser le Hamas ».

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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