L’Allemagne commémore un des derniers massacres nazis
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L’Allemagne commémore un des derniers massacres nazis

L'inauguration du site par le président allemand était prévue pour avril, 75 ans après le massacre, mais avait été reportée à cause de l'épidémie

Les Bürgermeister des villes voisines qui entouraient le campsde concentration  de Gardelegen, en Allemagne, constatent les atrocités commises dans une cour de ferme aux abords de la ville, une photo prise par des soldats de la. Ninth Army  américaine, le 18 avril 1945 (Crédit : AP Photo)
Les Bürgermeister des villes voisines qui entouraient le campsde concentration de Gardelegen, en Allemagne, constatent les atrocités commises dans une cour de ferme aux abords de la ville, une photo prise par des soldats de la. Ninth Army américaine, le 18 avril 1945 (Crédit : AP Photo)

Le président allemand a inauguré mardi un site commémoratif du massacre de plus de 1 000 prisonniers de camps de concentration le 13 avril 1945 à Gardelegen, dans le nord de l’Allemagne, une des dernières exactions des nazis.

Quelque 1 016 prisonniers avaient dû longuement marcher vers cette petite ville de Basse-Saxe à partir de différents camps, à moins d’un mois de la fin de la Deuxième guerre mondiale.

Les déportés avaient été rassemblés dans une grange qui avait ensuite été incendiée. Les nazis – des SS mais aussi des soldats de la Wehrmacht – avaient aussi tiré des coups de feu et jeté des grenades dans le brasier.

Jusqu’à présent, seul un cimetière avec des croix blanches rappelait ce massacre.

Le chef de l’Etat Frank-Walter Steinmeier y a inauguré mardi un site commémoratif et un centre de documentation consacré aux longues marches, souvent fatales, imposées aux prisonniers des camps dans les dernières semaines du conflit mondial.

L’inauguration était prévue pour avril, 75 ans après le massacre, mais avait été reportée à cause de l’épidémie de coronavirus.

« Le massacre ici à Gardelegen a été l’un des derniers (…) Les troupes américaines n’étaient qu’à quelques kilomètres », a rappelé le président allemand, en présence de deux rescapés.

« Ces personnes faisaient partie des centaines de milliers de personnes torturées qui croyaient avoir échappé à l’enfer dans les camps. Beaucoup ont été envoyées dans un nouvel enfer, l’enfer des marches de la mort », a raconté M. Steinmeier.

« Les auteurs (de la tuerie) ont dû entendre les personnes dans la grange appeler à l’aide, en russe, polonais, français, néerlandais, hongrois, italien », a-t-il poursuivi.

« Il est important que nous nous en souvenions. Que nous gardions le souvenir de crimes dont, même aujourd’hui, de nombreux Allemands ne savent rien », a estimé M. Steinmeier, déplorant que des Allemands aient « assassiné jusqu’à la dernière minute ».

Le président a également regretté que « seuls quelques-uns (des auteurs de ces exactions) aient pu être jugés pour des crimes commis dans cette dernière phase de la guerre ». « Oui, il est honteux que le principal responsable du massacre de Gardelegen ait vécu sous un faux nom à Düsseldorf (dans l’ouest de l’Allemagne, NDLR) jusqu’à sa mort en 1994 », a-t-il ajouté.

Il a mis l’accent sur l’importance de la mémoire de ces crimes au moment « où la pensée autoritaire et nationaliste développe un nouveau pouvoir de séduction, où de nouvelles théories du complot fleurissent ».

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