L’alliance de gauche luttera contre le « racisme et la corruption » de Netanyahu
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L’alliance de gauche luttera contre le « racisme et la corruption » de Netanyahu

Le Camp démocratique associe Meretz, le Parti démocrate israélien d'Ehud Barak et l'ancienne élue du parti travailliste Stav Shaffir

Le président de Meretz Nitzan Horowitz, à droite, le chef du Parti démocratique israélien  Ehud Barak, gauche, et la députée  Stav Shaffir font une conférence de presse pour annoncer leur nouvelle alliance, le Camp démocratique, avant les élections du 17 septembre, à Tel Aviv le 25 juillet 2019. (Tomer Neuberg/Flash90)
Le président de Meretz Nitzan Horowitz, à droite, le chef du Parti démocratique israélien Ehud Barak, gauche, et la députée Stav Shaffir font une conférence de presse pour annoncer leur nouvelle alliance, le Camp démocratique, avant les élections du 17 septembre, à Tel Aviv le 25 juillet 2019. (Tomer Neuberg/Flash90)

Lors de leur première conférence de presse commune, les responsables de la nouvelle alliance de gauche, nommée le « Camp démocratique », ont promis jeudi de travailler ensemble afin d’empêcher que le Premier ministre Benjamin Netanyahu ne soit réélu le 17 septembre.

« Nous nous embarquons sur un voyage qui, dans un mois et demi, conduira à remplacer l’actuel chef du gouvernement et apportera le changement social », a déclaré Nitzan Horowitz, président du parti Meretz, qui va diriger la nouvelle liste commune. Selon Horowitz, le nouveau parti défendra Israël du « racisme, de la corruption, de l’occupation et de la coercition religieuse » imposés par le gouvernement de Netanyahu.

La nouvelle liste associe Meretz, le Parti démocrate israélien d’Ehud Barak, et l’élue du Parti travailliste Stav Shaffir, qui avait pris la deuxième place à la primaire du parti il y a trois semaines avant de le quitter en faveur de la nouvelle alliance.

« Nous avons tous fait des choix difficiles pour nous trouver ici, a déclaré Shaffir lors de la conférence de presse, avec Horowitz et Barak à ses côtés. Le Parti travailliste est ma maison, mais ma maison est en feu, le quartier est en feu, le pays est en feu. Quand sa maison est en feu, on sort. Et ensuite on commence à la reconstruire. »

Ehud Barak (à gauche), président du Parti démocrate israélien, Stav Shaffir, députée travailliste (au centre), et Nitzan Horowitz, président du Meretz, le 25 juillet 2019. (Autorisation)

Elle a appelé les Arabes israéliens, qui ont été de plus en plus nombreux à voter pour le Meretz ces dernières années, à soutenir la nouvelle alliance.

Shaffir est en deuxième position sur la nouvelle liste.

Barak, qui a demandé à être placé en 10e position sur la liste et qui a donc peu de chances d’obtenir un siège dans la 22e Knesset, a déclaré jeudi que l’union « était la première étape, je l’espère, vers de nouvelles alliances ».

S’il y a des alliances supplémentaires, Barak pourrait bien encore descendre dans la liste – même s’il a assuré le public jeudi qu’il était dans une position « réaliste ».

« C’est la première étape pour remettre Israël sur le droit chemin, remplacer le gouvernement et sauver Israël en tant qu’état sioniste, juif et démocratique », a-t-il dit.

Horowitz a présenté ce qu’il a dit être le projet du Camp démocratique.

Ehud Barak, ancien Premier ministre israélien et dirigeant du Parti démocrate israélien, s’exprime dans le cadre de la campagne électorale du parti, à Tel Aviv, le 17 juillet 2019. (Gili Yaari / Flash90)

« La gauche israélienne redevient une force puissante et significative, a-t-il dit. L’époque où l’on faisait des courbettes à la droite est terminée, parce qu’être un gauchiste, c’est un compliment. »

Il a promis de réduire les injustices sociales, de travailler pour obtenir la paix avec les Palestiniens et de défendre la démocratie israélienne à travers la Cour suprême et les médias.

« Nous allons lutter pour être dans le gouvernement, mais pas dans le gouvernement de Netanyahu », a-t-il conclu. S’adressant à Netanyahu, il a promis : « Votre temps est fini, cela suffit ! Le 17 septembre, vous rentrerez à la maison ! »

L’alliance a été bien accueillie par de nombreux sympathisants de gauche, qui la voient comme un moyen d’éviter que des voix ne soit gâchées pour des partis qui risquent de ne pas franchir le seuil électoral. Certaines voix critiques ont affirmé que la décision allait faire disparaître la dimension d’extrême gauche du Meretz.

Le député travailliste Itzik Shmuli s’exprime lors d’une session plénière à la Knesset, à Jérusalem, le 15 juillet 2019. (Noam Rivkin Fentonl/Flash90)

Soutenant l’alliance, le numéro 2 du Parti travailliste, Itzik Shmuli, a invité le chef du parti Amir Peretz à revoir sa décision de refuser une alliance avec Meretz ou Barak, affirmant que le parti devrait rejoindre le Camp démocratique.

« J’espère vraiment qu’avec le temps qu’il nous reste, nous pourrons faire entrer le Parti travailliste dans cette alliance », a déclaré Shmuli à la Radio militaire.

Laissant entendre qu’il pourrait suivre Shaffir, Shmuli a déclaré : « Je déciderai de mon avenir en politique dans la semaine à venir. »

Shmuli a déjà rompu les rangs avec Peretz mercredi après un désaccord sur la décision de Peretz de fusionner le Parti travailliste avec le parti Gesher d’Orly Levy-Abekasis, qui est plus à droite sur l’échiquier politique. Peretz a ensuite affirmé qu’il ne conduirait pas son parti à une alliance avec le Parti démocrate israélien de Barack ou le Meretz.

« Un camp qui a éclaté en petits partis prend un pari dangereux et inutile sur son avenir et sur ses chances de se développer et de remporter la victoire, a déclaré Shmuli mercredi. Il est irresponsable d’accepter la situation, qui devrait être rapidement modifiée. »

Le député Amir Peretz, dirigeant du Parti travailliste, à droite, et Orly Levy, chef du parti Gesher, lors de l’inauguration de leur nouveau quartier général de campagne à Tel Aviv, le 24 juillet 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Le Parti travailliste lui-même a salué l’alliance du Camp démocratique, dont il a dit qu’elle « évitera que des voix ne soient perdues sur une liste qui ne passera pas le seuil électoral et qui menaçait de faire perdre des voix pour le centre-gauche ».

Benny Gantz, le chef du parti Kakhol lavan qui doit arriver en tête du bloc de centre gauche aux élections de septembre, s’est félicité de la décision comme étant « importante » afin d’empêcher de perdre des voix, mais il a insisté pour dire que son parti continuerait à être l’alternative principale au gouvernement dirigé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Des analystes ont prédit qu’un bloc de gauche divisé en trois partis – Meretz, Labor-Gesher et le Parti démocrate israélien – remporteraient assez de voix pour que deux d’entre eux franchissent le seuil électoral fixé à 3,25 %, ce qui rendra plus difficile la tâche du centre-gauche de former une coalition de gouvernement.

Le chef du parti Kakhol lavan, le député Benny Gantz, prend la parole lors d’une conférence de presse à Tel Aviv, le 26 juin 2019. (Flash90)

La députée Tamar Zandberg, une ancienne dirigeante du Meretz en quatrième position sur la liste du Camp démocratique, a déclaré lors d’un entretien avec la Radio de l’armée que le parti espérait encore faire venir l’ancienne ministre de la Justice Tzipi Livni, et qu’elle pourrait peut-être devenir la chef du parti.

Livni s’est retirée de la politique avant les dernières élections d’avril, qui n’ont pas permis de créer une majorité de coalition ce qui a conduit à l’organisation de nouvelles élections prévues pour septembre.

Les listes de partis doivent se clore à la fin de la semaine prochaine pour les élections de septembre.

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