L’AP aurait dit à l’équipe Biden être intéressée par les négociations de paix
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L’AP aurait dit à l’équipe Biden être intéressée par les négociations de paix

Riyad al-Maliki, ministre des Affaires étrangères de l'Autorité palestinienne, a dit être en contact avec l'administration Biden et il a fait part de son optimisme prudent

Le ministre des Affaires étrangères palestinien Riyad al-Maliki lors d'une conférence de presse, le 22 septembre 2020. (Crédit : WAFA)
Le ministre des Affaires étrangères palestinien Riyad al-Maliki lors d'une conférence de presse, le 22 septembre 2020. (Crédit : WAFA)

Le ministre des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne (AP) Riyad al-Maliki a déclaré au Forum des dialogues méditerranéens, jeudi soir, que l’AP avait indirectement informé l’administration du président-élu américain, Joe Biden, de sa volonté de reprendre des négociations avec Israël basées sur les résolutions qui avaient pu être adoptées par l’ONU et dans le cadre du droit international.

« Aujourd’hui, nous envoyons un message clair – pas seulement aux Israéliens et à l’administration Biden mais aussi aux Européens et à de nombreux autres – celui que les Palestiniens sont prêts à se réengager complètement dans de nouveaux pourparlers avec Israël sans conditions préalables, et ce tant que la reprise du dialogue se basera sur des termes de référence déjà reconnus, à savoir les résolutions de l’ONU, l’Initiative de paix arabe et le droit international », a dit al-Maliki.

La manière dont le message a été transmis n’a pas été précisée. Al-Maliki a ultérieurement fait savoir que l’AP n’était qu’en communication indirecte avec l’équipe de transition de Biden.

« Nous avons eu des contacts indirects avec son équipe et nous espérons que nous serons en mesure de nous engager auprès de cette nouvelle administration à Washington, le 20 janvier », a continué al-Maliki.

Le vice-président américain Joseph Biden, (à gauche), et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas saluent la presse avant leur rencontre à Ramallah, en Cisjordanie, le 10 mars 2010. (AP Photo/Tara Todras-Whitehill)

Le vice-président du Fatah, Mahmoud al-Aloul, un proche du président de l’AP Mahmoud Abbas, a déclaré à la station de radio de la Voix de la Palestine, lundi, que l’AP avait conclu « un certain nombre de protocoles » avec l’équipe de transition de la future administration américaine. Al-Aloul a refusé de commenter davantage cette information dans son interview, disant qu’il ne souhaitait pas précipiter les choses.

Un porte-parole d’Abbas avait déclaré, une semaine après la victoire de Biden, que l’AP souhaitait reprendre des pourparlers avec Israël tant que le plan de paix controversé du président Donald Trump était abandonné et que les deux parties revenaient « au point où elles s’étaient arrêtées la dernière fois ».

Les responsables de l’Autorité palestinienne avaient ouvertement fait part de leur espoir de voir Trump battu par Biden. L’AP a constamment accusé l’administration Trump de partialité en faveur de l’Etat juif et avait rompu tous les liens après la reconnaissance, par Washington, de Jérusalem en tant que capitale d’Israël, au mois de décembre 2017. L’administration Trump, de son côté, avait considéré que les autorités de Ramallah se montraient intransigeantes et qu’elles ne souhaitaient faire aucun compromis.

« Nous avons rompu tous les liens avec l’administration Trump. Nous avons refusé tous les appels téléphoniques de l’équipe du président américain au cours des trois dernières années et nous en avons payé le prix », a dit al-Maliki.

Biden a promis de revenir sur plusieurs politiques mises en œuvre par l’administration Trump et qui avaient entraîné la colère de Ramallah, notamment en reprenant le versement des aides aux réfugiés palestiniens et à leurs descendants – des financements que l’administration Trump avait cessé de payer en 2017. Biden devrait s’opposer aux efforts livrés par le gouvernement israélien d’annexer certaines parties de la Cisjordanie. Il ne devrait pas, en revanche, revenir sur la reconnaissance de Jérusalem en tant que capitale israélienne et sur le transfert de l’ambassade américaine dans la ville sainte.

Al-Maliki a souligné dans ses propos, jeudi soir, qu’il était optimiste – mais prudent – concernant la présidence de Biden.

Le ministre des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne, Riyad al-Maliki, assiste à la séance d’ouverture de la réunion des ministres arabes des Affaires étrangères en vue du Sommet arabe, à Tunis, le 29 mars 2019. (AP Photo/Hussein Malla)

« Ce que nous avons entendu et lu dans les communiqués émis par la vice-présidente élue Kamala Harris concernant un rapprochement avec l’Autorité palestinienne… nous a réellement démontré que nous avons des raisons suffisantes de nous engager une nouvelle fois auprès de l’administration américaine au moment où elle prendra le pouvoir », a dit al-Maliki, se référant à un entretien accordé par Harris à un média arabo-américain au mois d’octobre.

Suite à la victoire de Biden, l’AP a repris ses relations avec l’Etat juif. Ramallah avait rompu tous ses contacts avec Jérusalem quand Israël avait dit vouloir annexer certains pans de la Cisjordanie, conformément au plan de paix controversé de Trump. Ce plan a, depuis, été mis en suspens, Israël concluant des accords de normalisation avec les Emirats arabes unis, Bahreïn et le Soudan.

« Notre positionnement est clair : Tant qu’il y a eu une intention d’annexer, les leaders palestiniens ne se sont pas considérés comme tenus aux accords conclus avec Israël », a commenté Hussein al-Sheikh, un proche du président Abbas au cours d’un entretien accordé à la chaîne de télévision officielle palestinienne.

Al-Sheikh a prétendu que la décision de reprendre les relations est survenue suite à un engagement écrit par l’Etat juif de s’en tenir à ses accords précédents avec les Palestiniens – des pactes qui, selon l’AP, excluent toute possibilité d’annexion. Al-Maliki a toutefois explicitement fait la liaison entre la décision de revenir à la coordination avec Israël et le changement d’occupant du bureau Ovale, à la Maison Blanche.

Hussein al-Sheikh, un proche confident du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, s’exprimant sur Palestine TV, la chaîne officielle de l’AP. (Crédit : capture d’écran Palestine TV)

« Il y a le fait, aussi, que nous ayons repris notre coordination financière et sécuritaire avec Israël récemment – nous considérons cela comme un encouragement à l’égard de la prochaine administration », a continué al-Maliki.

Mais au vu de la pandémie de coronavirus et des troubles qui agitent actuellement les Etats-Unis, al-Maliki a reconnu que la cause palestinienne ne figurerait probablement pas à la tête des priorités de la prochaine administration.

« Nous savons que l’administration Biden se concentrera probablement sur des dossiers intérieurs plutôt qu’extérieurs », a continué al-Maliki.

Tandis que le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est entretenu avec le président américain élu, la semaine dernière, Abbas doit encore discuter au téléphone avec Biden. Al-Maliki a précisé que Ramallah avait soumis une telle demande.

« Nous avons réclamé un entretien téléphonique entre le président Abbas et le président-élu Biden. Nous avons réclamé une date et une heure spécifique pour un tel entretien », a déclaré al-Maliki.

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