L’AP aurait saisi le passeport d’un Palestinien présent à Bahreïn
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L’AP aurait saisi le passeport d’un Palestinien présent à Bahreïn

Ashraf Ghanem a indiqué avoir échappé à une arrestation ; Ashraf Jabari, qui a dirigé la délégation à la conférence, promet que les résultats du sommet "arrivent"

Les hommes d'affaires de lrégion de Hébron, Ashraf Jabari (D) et Ashraf Ghanem (G) lors d'une conférence de presse dans le centre de Jérusalem, le 2 juillet 2019. (Crédit : Adam Rasgon/Times of Israel)
Les hommes d'affaires de lrégion de Hébron, Ashraf Jabari (D) et Ashraf Ghanem (G) lors d'une conférence de presse dans le centre de Jérusalem, le 2 juillet 2019. (Crédit : Adam Rasgon/Times of Israel)

Un Palestinien ayant participé au sommet économique organisé par les États-Unis au Bahreïn la semaine dernière a fait savoir mardi que les forces de sécurité de l’Autorité palestinienne lui avaient confisqué son passeport, sa carte d’identité et ses cartes de crédit.

Lors d’une conférence de presse dans le centre de Jérusalem, Ashraf Ghanem, propriétaire d’une entreprise d’ameublement âgé de 45 ans, a déclaré que les services de renseignement de l’Autorité palestinienne les lui avaient saisis à l’occasion d’une descente dans sa maison de Hébron vendredi soir et tenté de l’interpeler après son retour du Bahreïn.

Ashraf Ghanem et un petit nombre d’hommes d’affaire palestiniens, dont Ashraf Jabari, ont participé au sommet de Manama la semaine dernière, auquel les dirigeants de l’Autorité palestinienne se sont farouchement opposés.

Ashraf Jabari, résident de Hébron qui s’est également exprimé lors de la conférence de presse, entretient des relations avec les résidents d’implantations en Cisjordanie et avec l’ambassadeur américain en Israël, David Friedman. Il est souvent dépeint comme en dehors de l’opinion majoritaire palestinienne.

Jared Kushner, conseiller principal de la Maison Blanche, s’adresse à l’auditoire lors de la séance d’ouverture de l’atelier « De la paix à la prospérité » à Manama, Bahreïn, le 25 juin 2019. (Bahrain News Agency via AP)

Le gouvernement de Ramallah estime que la thématique économique du sommet tentait de minimiser ses aspirations à un État. Il a également accusé les États-Unis d’essayer d’utiliser cette réunion pour normaliser le statut d’Israël dans le monde arabe.

Ashraf Ghanem a rapporté qu’un groupe d’officiers des renseignements de l’Autorité palestinienne avait fait une descente chez lui à 22 heures vendredi alors qu’il faisait une course.

« L’un des officiers m’a appelé depuis le téléphone de mon frère… et dit que j’étais recherché en raison de ma participation à la conférence au Bahreïn ».

Ashraf Ghanem a expliqué qu’il avait décidé de ne pas rentrer chez lui et trouvé refuge dans la maison d’Ashraf Jabari, qui se trouve dans une zone sous contrôle israélien, où il a indiqué être resté jusqu’à son départ pour une autre résidence à Hébron sous contrôle palestinien.

Adnan Damiri, un porte-parole des forces de sécurité de l’Autorité palestinienne, n’a pas souhaité donné suite à une demande de commentaires à ce sujet.

L’homme d’affaires palestinien Saleh Abu Mayala. (Crédit : Facebook)

Les forces de sécurité sont parvenues à arrêter Saleh Abu Mayala, un autre homme d’affaires palestinien ayant participé au sommet avant de le relâcher samedi.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche que les États-Unis avaient fait pression sur Ramallah pour qu’il libère Abu Mayala. L’ambassade américaine n’a pas souhaité commenter.

Père de cinq enfants, Ashraf Ghanem a ajouté qu’il ne craignait plus de perdre la vie.

Les forces de sécurités palestiniennes à Hébron, le 14 novembre 2017. (Crédit : Wisam Hashlamoun/Flash90)

« Les anciennes déclarations sont anciennes. Quant à aujourd’hui, je n’ai pas peur tant que je ne fais rien de mal », ajoutant plus tard que, « la guerre et les médias contre moi m’ont donné la force et le courage de confronter le monde ».

Il a confié au Jerusalem Post lundi qu’il avait « peur pour sa vie ».

Interrogé sur d’éventuelles garanties données par l’Autorité palestinienne, il a répondu que cette dernière ne lui avait pas promis qu’elle ne l’arrêterait pas.

Ashraf Ghanem a également indiqué que des « gens » discutaient avec l’Autorité palestinienne pour qu’il récupère son passeport et autres, sans élaborer, et qu’il avait été brièvement retenu à un check-point israélien mardi car les autorités israéliennes voulaient voir sa carte d’identité.

Ashraf Jabari a défendu sa participation et celle des autres hommes d’affaires palestiniens à la conférence de Manama, arguant qu’elle n’enfreignait pas la loi.

« Aucune loi n’interdit à quelqu’un de prendre part à une conférence », a-t-il estimé. « Pour tout Palestinien, participer à une conférence, une réunion ou un atelier est un droit, qu’il ou elle corresponde à la vision de l’Autorité palestinienne ou pas. »

Cet importateur de denrées alimentaires et concessionnaire automobile était le seul homme d’affaires palestinien à prendre la parole à la tribune à Manama. Il a précisé que les autres participants palestiniens venaient de Hébron, Jénine, Bethlehem, Ramallah et Jérusalem et noté qu’ils s’étaient rendus au Bahreïn via l’aéroport Ben Gurion.

Interrogé sur les éventuels « résultats économiques tangibles » produits par le sommet, il a assuré que « les résultats arrivent ».

Ashraf Jabari, (à gauche), assiste à une conférence à Jérusalem sur la souveraineté d’Israël sur la Cisjordanie le 12 février 2017. (Gershon Elinson/Flash90)

Ashraf Jabari a cependant affirmé qu’il s’était entretenu avec d’autres hommes d’affaires arabes à Manama, qui prévoient de travailler avec lui pour bâtir une ferme laitière « moderne » en Cisjordanie qui coûtera 10 millions de dollars.

Les officiels américains ont assuré que la conférence avait pour objectif d’avoir les commentaires des chefs d’entreprise et officiels sur le volet économique de leur plan. Ils ont nié qu’elle servait à obtenir des engagements et des soutiens à leurs propositions.

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