Lapid aux EAU : Les Palestiniens doivent vouloir le progrès avant une aide arabe
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Lapid aux EAU : Les Palestiniens doivent vouloir le progrès avant une aide arabe

Le ministre des Affaires étrangères a rencontré son homologue émirati à Abu Dhabi, signé un accord économique et commercial et souligné le rôle du pays dans le processus de paix

Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid (G) et son homologue émirati Abdullah bin Zayed Al Nahyan se rencontrent au ministère des Affaires étrangères des EAU à Abu Dhabi, le 29 juin 2021. (Shlomi Amsalem/GPO)
Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid (G) et son homologue émirati Abdullah bin Zayed Al Nahyan se rencontrent au ministère des Affaires étrangères des EAU à Abu Dhabi, le 29 juin 2021. (Shlomi Amsalem/GPO)

ABU DHABI, Émirats arabes unis – Les partenaires arabes comme les Émirats arabes unis ne peuvent pas jouer un rôle significatif dans l’amélioration des conditions en Cisjordanie et à Gaza si les Palestiniens ne cherchent pas à travailler dans ce sens, a déclaré le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid mardi soir à Abu Dhabi.

« En fin de compte, les Palestiniens eux-mêmes doivent vouloir aller de l’avant pour que quelqu’un d’autre vienne les aider », a déclaré Lapid lors d’une conférence de presse avec des journalistes israéliens après avoir rencontré son homologue émirati. « Ce n’est pas le cas actuellement. »

« Nous avons une approche de base selon laquelle ils ne tireront pas 4 000 missiles sur les citoyens israéliens s’ils veulent recevoir de l’aide. Cela paraît simple, et c’est vraiment simple », a ajouté le nouveau ministre des Affaires étrangères.

Dans le même temps, Lapid a exprimé sa confiance dans le fait que les EAU « seront un acteur positif dans tout processus possible, s’il existe un tel processus ».

Lapid a fait ces remarques lors de son voyage de deux jours aux EAU, la première visite officielle d’un ministre israélien dans l’État du Golfe depuis la normalisation des liens entre Jérusalem et Abu Dhabi l’année dernière. Il venait de signer un accord économique et commercial avec son homologue émirati, le cheikh Abdullah bin Zayed Al Nahyan.

Dans ses remarques, le plus haut diplomate israélien a souligné combien il était impressionné par la compréhension qu’avaient les Émiratis des défis sécuritaires d’Israël.

« Il est extrêmement impressionnant de voir à quel point ils sont politiquement affûtés », a déclaré M. Lapid, évoquant les déclarations faites par des responsables émiratis pendant l’opération « Gardien des Murs ». « Il faut vraiment comprendre la question pour réagir comme ils l’ont fait. »

Pendant le conflit, les Émirats arabes unis ont condamné Israël pour les affrontements entre la police et les manifestants palestiniens à Jérusalem, notamment sur le mont du Temple, qui ont incité le Hamas à tirer des roquettes sur la capitale israélienne et ont déclenché le conflit de 11 jours. Dans le même temps, le pays du Golfe aurait averti le Hamas que ses investissements prévus dans la bande de Gaza pourraient ne pas être réalisés si le groupe terroriste ne maintenait pas le calme dans le territoire.

Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid s’adresse à la presse israélienne à Abu Dhabi, le 29 juin 2021. (Crédit : Lazar Berman / The Times of Israel)

Lapid s’est dit confiant dans le fait que l’administration Biden souhaitait élargir les accords d’Abraham, qui ont été orchestrés par l’administration de l’ancien président américain Donald Trump, en collaboration avec le gouvernement de l’ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Il a toutefois soutenu que sous Trump, « on avait parfois l’impression que ça remplace autre chose. Faisons cela pour prouver que nous n’avons pas besoin (…) d’avancer sur le front palestinien ».

Le président américain Donald Trump, au centre, avec, de gauche à droite, le ministre des Affaires étrangères de Bahreïn Abdullatif al-Zayani, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis Abdullah bin Zayed Al Nahyan, lors de la cérémonie de signature des accords d’Abraham sur la pelouse sud de la Maison Blanche, le 15 septembre 2020, à Washington. (Crédit : Alex Brandon/AP)

La nouvelle administration américaine est tout le contraire, a-t-il fait valoir. « Elle vous oblige à faire quelque chose sur le front palestinien. »

Un seul Premier ministre

Lapid, qui est aussi Premier ministre d’alternance dans le nouveau gouvernement assermenté au début du mois, a également abordé la politique intérieure en Israël, précisant qu’il se concentrait sur son rôle de ministre des Affaires étrangères.

« Je ne reste pas assis à attendre la rotation, je travaille », a-t-il déclaré, faisant référence à son accord avec le Premier ministre Naftali Bennett qui le verra assumer le poste de Premier ministre dans deux ans.

« Il n’y a pas deux Premiers ministres en Israël. Il y en a un, il s’appelle Naftali Bennett. »

En juin, Lapid a conclu un accord de coalition avec Bennett pour mettre fin au pouvoir de 12 ans de Benjamin Netanyahu, en vertu duquel le leader de Yamina occupe d’abord le poste de Premier ministre, jusqu’à ce que Lapid le remplace en août 2023.

M. Lapid a également expliqué pourquoi il avait tenu à remercier M. Netanyahu lors de la cérémonie d’inauguration de la nouvelle ambassade d’Israël à Abu Dhabi, plus tôt dans la journée.

Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid et la ministre émiratie de la Culture Noura Al Kaabi inaugurent l’ambassade d’Israël à Abou Dhabi, le 29 juin 2021. (Crédit : Shlomi Amsalem/GPO)

« J’ai des désaccords avec lui, mais cela ne signifie pas que je doive lui retirer son mérite », a déclaré Lapid. « J’ai pensé qu’il était juste de le remercier pour les efforts qu’il a investis dans ce domaine. »

Il a ajouté qu’un style politique plus magnanime caractériserait le nouveau gouvernement.

« Nous faisons l’effort d’encourager, nous faisons l’effort d’être civilisés. Je ne céderai pas à la culture toxique » de la Knesset, a-t-il déclaré. « Nous essayons de créer une culture politique différente. »

Le voyage de M. Lapid intervient près d’un an après que les deux pays ont annoncé la normalisation de leurs relations. Des visites de responsables israéliens étaient prévues de longue date, mais ont été bloquées pendant des mois, pour diverses raisons allant de la crise sanitaire à une tension diplomatique avec la Jordanie, qui devait être survolée pour le voyage.

M. Lapid a également assisté à l’inauguration du consulat d’Israël à Dubaï, ce mercredi.

Israël et les Émirats ont annoncé en août 2020 qu’ils normaliseraient leurs relations diplomatiques, révélant ainsi au grand jour plus d’une décennie de liens secrets. Plus tard, le Bahreïn, le Soudan et le Maroc ont également rejoint les accords d’Abraham négociés par les États-Unis, et d’autres pays ont également, selon les rumeurs, tenté de rejoindre les pourparlers, bien qu’aucune autre signature n’a encore abouti.

M. Netanyahu aurait conclu l’accord – qui incluait l’acceptation d’Israël à ne pas retarder une vente américaine d’avions de combat F-35 aux EAU – dans le dos de ses ministres des Affaires étrangères et de la Défense.

Le Premier ministre Netanyahu s’adresse au cabinet avant qu’il ne vote sur le traité de normalisation avec les EAU, le 12 octobre 2020. (Crédit : GPO)

M. Netanyahu aurait cherché à célébrer l’accord – le premier accord établissant des liens ouverts entre un État arabe et Israël depuis des décennies – par une tournée aux Émirats arabes unis, mais celle-ci a été retardée à plusieurs reprises. Selon certaines sources, il aurait cherché à empêcher l’ancien ministre des Affaires étrangères Gabi Ashkenazi d’effectuer une visite officielle aux Émirats arabes unis, afin d’éviter qu’il ne lui vole la vedette à l’approche des élections de mars.

Le voyage de M. Lapid intervient malgré l’ajout des EAU par le ministère de la Santé à la liste des endroits qu’il est fortement recommandé aux Israéliens d’éviter en raison de l’épidémie de coronavirus, avertissant que les voyages dans ce pays pourraient prochainement être interdits. Les Émirats arabes unis ont récemment vu leurs chiffres grimper à plus de 2 000 nouveaux cas par jour.

Pendant son séjour à Dubaï, M. Lapid a également visité le pavillon d’Israël à l’Expo Dubai 2020. L’exposition universelle, considérée comme une étape importante pour Dubaï – qui a dépensé 8,2 milliards de dollars pour ce site spectaculaire, dans l’espoir de renforcer sa puissance et de stimuler l’économie – ouvrira ses portes en octobre 2021.

L’ouverture initiale, prévue pour octobre 2020, a été retardée en raison de la pandémie de coronavirus.

Une capture d’écran d’une vidéo du ministère des Affaires étrangères montrant un aperçu du pavillon israélien à l’Exposition universelle de 2020 à Dubaï. (Autorisation du ministère)

Conçu pour refléter le sentiment d’appartenance d’Israël à la région, ainsi que l’ouverture que l’État juif cherche à diffuser à ses voisins arabes, « le pavillon est donc un espace ouvert – un salon pour accueillir les visiteurs de l’exposition », selon l’architecte à l’origine du pavillon israélien.

La présence d’Israël à l’exposition avait été prévue avant que l’accord de normalisation ne prenne forme, et le pays a déjà accueilli des ministres israéliens par le passé, notamment Israel Katz, alors ministre des Transports, et Miri Regev, alors ministre des Sports.

Le prince Mohammed ben Zayed Al Nahyan des Émirats arabes unis à Abu Dhabi, le 15 octobre 2019. (Crédit : AP Photo/Alexander Zemlianichenko, Pool)

Lapid a rencontré dimanche le ministre des Affaires étrangères du Bahreïn, Abdullatif al-Zayani, à Rome, après avoir discuté avec le secrétaire d’État américain Antony Blinken, marquant ainsi la première rencontre entre le nouveau gouvernement israélien et un ministre des pays du Golfe.

« La paix avec le Bahreïn devrait être un exemple du type de processus qui doit se produire dans notre région », a tweeté Lapid après la réunion. « Nous avons également parlé des défis auxquels est confronté le Moyen-Orient, en premier lieu l’Iran. »

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