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Lapid demande à Netanyahu de ne pas ruiner le pays

Des députés de la nouvelle opposition ont été expulsés du plénum pour avoir perturbé la présentation du programme du gouvernement avant sa prestation de serment

Montage photo du chef de l’opposition Benjamin Netanyahu, à droite, et du ministre des Affaires étrangères de l’époque Yair Lapid dirigeant la réunion de leur parti respectif, le Likud et Yesh Atid, à la Knesset, le 8 novembre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Montage photo du chef de l’opposition Benjamin Netanyahu, à droite, et du ministre des Affaires étrangères de l’époque Yair Lapid dirigeant la réunion de leur parti respectif, le Likud et Yesh Atid, à la Knesset, le 8 novembre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Lors d’une session houleuse à la Knesset, jeudi, marquée par l’expulsion de quelques députés frondeurs, le nouveau Premier ministre Benjamin Netanyahu a présenté sa coalition et son programme.

Le Premier ministre sortant, Yair Lapid, a déclaré lui passer le relais « avec inquiétude ».

Au moment-même où s’ouvrait la session à la Knesset, marquant le retour au pouvoir de Netanyahu à la tête du gouvernement le plus dur du pays à ce jour, une manifestation avait lieu à l’extérieur. La Treizième chaîne a évoqué les chiffres de la police, estimant à 3 000 environ le nombre de manifestants.

À l’intérieur du plénum, Netanyahu a été chahuté par l’opposition lors de l’exposé des trois priorités de son gouvernement : stopper le programme nucléaire iranien, développer les infrastructures de l’État en améliorant la connexion entre les communautés périphériques et le centre du pays et mettre l’accent sur les questions d’ordre public.

Netanyahu a également déclaré que son gouvernement lutterait contre la hausse du coût de la vie et améliorerait le système éducatif.

Il a été interrompu aux cris de « Vous êtes faible » et « C’est une honte », venus des bancs de l’opposition.

Netanyahu a dit espérer que l’opposition « respecte le verdict des urnes et cesse de se rebeller contre le gouvernement élu ».

Après un certain nombre d’avertissements tout au long de la session, six députés de la nouvelle opposition ont été expulsés du plénum.

La députée Yesh Atid, Merav Ben Ari, interrompt le nouveau Premier ministre Benjamin Netanyahu à la Knesset à Jérusalem, le 29 décembre 2022 (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

Dans son discours, Netanyahu a accusé les députés de l’opposition de refuser les résultats de l’élection du 1er novembre dernier, alors même que la légitimité du scrutin n’a à aucun moment été remise en question, mais plutôt les accords de coalition et avec qui ils ont été conclus.

« J’entends l’opposition répéter que c’en est fini du pays et de la démocratie », a déclaré Netanyahu. « Le fait de perdre les élections n’est pas le signe de la fin de la démocratie, c’est l’essence-même de la démocratie », a-t-il ajouté.

Netanyahu prend la tête d’un gouvernement dans les rangs desquels se trouvent son parti, le Likud, ainsi que cinq partis d’extrême droite et haredi.

Ses alliés souhaitent des changements radicaux qui, selon les critiques, pourraient porter atteinte aux droits de l’homme, aliéner de larges pans de la population, augmenter le risque de conflit avec les Palestiniens et mettre Israël en porte-à-faux, sinon en opposition totale, avec ses plus proches alliés, au premier titre desquels se trouvent les États-Unis et la communauté juive américaine.

Le dirigeant d’Otzma Yehudit, Itamar Ben Gvir (à gauche), s’entretient avec le chef de HaTzionout HaDatit Bezalel Smotrich à la Knesset le 29 décembre 2022 (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

À la fin de son discours, Netanyahu a mis une kippa et récité la prière juive pour un nouveau départ, avant de donner la liste des tous les ministres qui forment son gouvernement.

Le nouveau Premier ministre Benjamin Netanyahu met une kippa avant de réciter une bénédiction pour son nouveau gouvernement lors de son discours à la Knesset, le 29 décembre 2022. (Crédit : Amir Cohen / Pool / AFP)

La grande majorité des portefeuilles ministériels avaient déjà été annoncés, mais l’annonce a réservé quelques surprises.

La nouvelle coalition comptera 31 ministres et quatre vice-ministres.

Cinq femmes seulement sont ministres.

Les postes ministériels reviennent à des tenants des partis alliés et aux piliers du parti au pouvoir. Parfois, des postes sont créés à cette fin.

Le député du Likud, Eli Cohen, sera ministre des Affaires étrangères, un des rares postes de haut niveau a ne pas avoir été confié à un partenaire de la coalition. Les députés du Likud ont été très critiques de la décision de Netanyahu sur cette question.

Netanyahu a également annoncé que son allié clé et confident Ron Dermer, auparavant ambassadeur d’Israël aux États-Unis, deviendrait ministre des Affaires stratégiques au sein du cabinet du Premier ministre. Il reste à voir quelles responsabilités seront confiées à Dermer, mais il a montré son intérêt pour être le principal conseiller de Netanyahu en matière de relations avec Washington.

Dermer aurait été en lice pour le ministère des Affaires étrangères, tout comme Israel Katz, du Likud, qui dirigera le ministère de l’Énergie pendant un an ou deux – la question n’est pas encore tranchée – avant que Cohen ne prenne la relève.

Netanyahu a également nommé le député du Likud, Yoav Kisch, au poste de ministre de la Coopération régionale, en plus de ses responsabilités de ministre de l’Education et coordinateur entre le gouvernement et la Knesset.

Il a été annoncé plus tard que Gila Gamliel, du Likud, occuperait le poste de ministre du Renseignement. Il prêtera serment lundi prochain.

À la fin du discours de Netanyahu, Lapid a déclaré : « avec inquiétude, nous passons le relais au nouveau gouvernement ».

Le Premier ministre sortant, Yair Lapid, s’exprimant lors de la cérémonie de prestation de serment du nouveau gouvernement à la Knesset, à Jérusalem, le 29 décembre 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/FLASH90)

Le nouveau chef de l’opposition a ensuite passé en revue les réalisations de son gouvernement et de celui de son prédécesseur, Naftali Bennett.

« Contre toute attente et à la surprise des oiseaux de mauvais augure, notre gouvernement est parvenu à empêcher la conclusion d’un nouvel accord nucléaire avec l’Iran », a déclaré Lapid. « Nous avons instauré un dialogue avec les Saoudiens, qui ont autorisé les vols au-dessus de son territoire et l’arrivée de fidèles à La Mecque », a-t-il ajouté. « Plus important encore, nous avons jeté les bases pour que l’Arabie saoudite adhère aux accords d’Abraham. Si le gouvernement continue sur cette voie, il est possible de parvenir à une normalisation des relations dans un avenir proche. »

« Nous vous laissons un État en parfait état avec une économie forte, de meilleures conditions de sécurité et une stature internationale jamais atteinte par le passé. Essayez de ne pas tout détruire. Nous reviendrons », a conclu Lapid.

Pendant le discours de Lapid, le leader de Hadash-Taal, Ayman Odeh, a été expulsé pour chahut.

Orna Barbivai, de Yesh Atid, a ensuite pris la parole, soulignant les préoccupations de la communauté LGBTQ. « Les gens ont peur, peur de ce nouveau gouvernement », a-t-elle dit. S’adressant aux députés du Likud, Barbivai a déclaré : « J’espère que vous veillerez à ce qu’ils n’aient rien à craindre. »

À l’extérieur de la Knesset, plusieurs milliers de manifestants ont agité des drapeaux israéliens et aux couleurs des droits LGBT en scandant : « Nous ne voulons pas de fascistes à la Knesset. »

Une autre manifestation devrait avoir lieu à Tel Aviv plus tard dans la journée.

Des Israéliens manifestent avec un drapeau LGBT devant la Knesset, avant la prestation de serment du nouveau gouvernement, à Jérusalem, le 29 décembre 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Netanyahu a tenté de faire taire les inquiétudes concernant son nouveau gouvernement, s’engageant à ce qu’il ne soit pas porté atteinte aux droits des LGBTQ et des autres minorités, et ce, en dépit de la conclusion d’accords de coalition qui stipulent le contraire, sans compter la participation au gouvernement d’un parti anti-LGBTQ qui aura la charge des programmes scolaires.

Les accords de coalition comprennent également un engagement à adopter une loi très décriée concernant la Cour Suprême, destinée à neutraliser le contrôle judiciaire sur les pouvoirs exécutif et législatif, et un engagement, assez vague, à annexer la Cisjordanie.

Le parti d’extrême droite Otzma Yehudit dit avoir obtenu un accord pour soustraire la police des frontières de la compétence de la police et la placer sous la responsabilité directe du nouveau ministre de la Sécurité nationale, le député d’extrême droite Itamar Ben Gvir.

Les accords, s’ils sont mis en œuvre, entraîneront également des changements politiques de grande ampleur en matière de religion et d’État en permettant la tenue d’événements publics non mixtes, en durcissant les conditions de l’immigration juive en Israël en vertu de la loi du retour et en augmentant le financement de la protection sociale et de l’éducation religieuse.

Les accords de coalition, qui ne sont pas juridiquement contraignants, ne sont pas encore pleinement mis en œuvre.

Carrie Keller-Lynn et Michael Bachner ont contribué à la rédaction de cet article.

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