Lapid dit à Blinken vouloir réparer les relations USA-Israël
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Lapid dit à Blinken vouloir réparer les relations USA-Israël

À Rome, le nouveau ministre des Affaires étrangères a déclaré à son homologue américain que Jérusalem avait de "sérieuses réserves" à propos de l'accord sur le nucléaire iranien

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le secrétaire d'État américain Antony Blinken et le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid se rencontrent à Rome, le 27 juin2021 (Crédits: Stefano Meloni, ambassade d'Israël à Rome)
Le secrétaire d'État américain Antony Blinken et le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid se rencontrent à Rome, le 27 juin2021 (Crédits: Stefano Meloni, ambassade d'Israël à Rome)

Le soutien bipartisan américain à Israël a été mis à mal pendant les années Netanyahu, a déclaré le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid au secrétaire d’État américain Antony Blinken, dimanche à Rome.

« Ces dernières années, des erreurs ont été commises », a déclaré Lapid dans une déclaration avant leur rencontre. « La position bipartisane d’Israël a été blessée. Nous allons réparer ensemble ces erreurs. »

S’exprimant à l’ouverture de leur première réunion depuis qu’il est devenu ministre des Affaires étrangères, M. Lapid a déclaré qu’il avait parlé avec les dirigeants démocrates et républicains au cours des derniers jours.

Je leur ai rappelé à tous qu’Israël partage les valeurs les plus fondamentales de l’Amérique – la liberté, la démocratie, les marchés libres, la recherche constante de la paix. »

M. Lapid a également souligné qu’Israël avait « de sérieuses réserves » sur l’accord sur le nucléaire iranien en cours de négociation à Vienne.

« Nous pensons que la manière de discuter de ces désaccords passe par des conversations directes et professionnelles, et non par des conférences de presse », a déclaré le nouveau ministre des Affaires étrangères.

Le Premier ministre Naftali Bennett (droite) et le Premier ministre suppléant et ministre des Affaires étrangères Yair Lapid lors de la première réunion du cabinet du nouveau gouvernement, tenue à la Knesset le 13 juin 2021. (Crédit : Gil COHEN-MAGEN/AFP

Comme le gouvernement précédent, le nouveau gouvernement dirigé par Bennett et Lapid est fermement opposé aux efforts de l’administration Biden pour réintégrer l’accord sur le nucléaire iranien, connu sous le nom de Plan d’action global conjoint (JCPOA). Toutefois, M. Lapid – et, selon certaines sources, M. Bennett également – a souligné que, quels que soient leurs désaccords avec les États-Unis, ils prévoient de les aborder à huis clos, plutôt que par des prises de parole et critiques publiques comme l’a fait M. Netanyahu sous l’administration Obama.

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken accueille le ministre israélien des Affaires étrangères Yair Lapid (2eL) avant leur rencontre à Rome, le 27 juin 2021. (Crédit : Andrew Harnik/POOL/AFP)

Selon Lapid, les deux parties discuteraient « d’une série de questions qui concernent Israël, y compris le renforcement de notre capacité à nous défendre, le travail pour minimiser le conflit entre nous et les Palestiniens, tout en rendant la vie meilleure pour les Israéliens et les Palestiniens ».

M. Blinken a commencé sa déclaration en soulignant que les relations américano-israéliennes sont étaient sur « des valeurs et des intérêts communs ».

En ce qui concerne l’Iran, M. Blinken a déclaré : « Nous avons les mêmes objectifs, mais parfois nous différons sur la tactique, et je pense que nous sommes très clairs et directs l’un avec l’autre lorsque c’est le cas, et c’est exactement la façon dont cela doit être. »

Le secrétaire d’État américain Anthony Blinken témoigne lors d’une audition de la sous-commission des crédits du Sénat sur la demande de budget du département d’État, le 8 juin 2021 à Washington. (Crédit : Kevin Dietsch/GettyImages/AFP)

Le secrétaire d’État a déclaré que les pays travailleraient ensemble pour « offrir un avenir plus prometteur à chacun, Palestiniens et Israéliens, avec des mesures égales d’opportunité et de dignité ».

M. Blinken a souligné le soutien américain à l’élargissement des accords d’Abraham, qui ont permis à Israël de normaliser ses relations avec plusieurs pays arabes, tout en précisant qu’ils ne constituent pas un substitut à la résolution du conflit israélo-palestinien.

Lapid a également exprimé ses condoléances aux victimes de l’effondrement d’un immeuble à Miami.

Après son entretien avec M. Blinken, M. Lapid a ensuite rencontré le ministre des Affaires étrangères de Bahreïn, Abdullatif al-Zayani, marquant ainsi la première rencontre entre le nouveau gouvernement israélien et un ministre des pays du Golfe.

« La paix avec le Bahreïn devrait être un exemple du bon type de processus qui doit se produire dans notre région », a tweeté Lapid après la réunion. « Nous avons également parlé des défis auxquels le Moyen-Orient est confronté, en premier lieu l’Iran. »

La rencontre avec Zayani a eu lieu avant le voyage de Lapid mardi dans la région du Golfe, où il assistera à l’inauguration de la nouvelle ambassade israélienne à Abu Dhabi et du consulat à Dubaï.

Israël, les Émirats et le Bahreïn ont signé l’an dernier un accord officiel de paix et de normalisation entre eux. Le voyage de M. Lapid sera le premier d’un ministre israélien de haut rang dans le Golfe à la suite de cet accord.

M. Lapid a également rencontré le ministre italien des Affaires étrangères, Luigi Di Maio.

La rencontre avec M. Blinken fait suite à deux appels téléphoniques que les diplomates de haut rang, ont eu au début du mois, alors que Washington intensifiait ses contacts avec le nouveau gouvernement israélien, qui a prêté serment le 13 juin. Lors du premier appel, M. Blinken a félicité M. Lapid pour la formation d’une coalition, dirigée par le Premier ministre Naftali Bennett.

De gauche à droite : Le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis Abdullah bin Zayed Al-Nahyan, le ministre des Affaires étrangères de Bahreïn Abdullatifal-Zayani, le Premier ministre israélien de l’époque, Benjamin Netanyahu, et le président américain de l’époque, Donald Trump, se saluent sur la pelouse sud de la Maison Blanche après avoir participé à la signature des accords d’Abraham, par lesquels les pays de Bahreïn et des Émirats arabes unis reconnaissent Israël, à Washington, le 15 septembre 2020. (Crédit : SAUL LOEB/AFP)

Le deuxième appel était plus substantiel, les deux hommes discutant « des opportunités et des défis actuels pour Israël et la région », selon le département d’État.

« Le secrétaire a discuté de l’engagement des États-Unis en faveur de la sécurité d’Israël, de l’importance de la relation bilatérale entre les États-Unis et Israël et de la nécessité d’améliorer les relations israélo-palestiniennes de manière pratique », indiquait alors le communiqué.

Selon un communiqué du ministère israélien des Affaires étrangères, « les deux hommes ont longuement parlé d’un large éventail de questions stratégiques, notamment de la sécurité et de la situation politique dans la région ».

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