Rechercher

Lapid : l’Europe ne peut pas ignorer les menaces iraniennes au-delà du nucléaire

En visite en Israël, la ministre allemande des Affaires étrangères a assuré que l’accord nucléaire iranien rendra l’État juif plus sûr

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

La ministre allemande des Affaires étrangères Annalena Baerbock, à gauche, et son homologue israélien Yair Lapid pendant une conférence de presse conjointe à Tel Aviv, le 10 février 2022. (Crédit : Oren Ziv/AP)
La ministre allemande des Affaires étrangères Annalena Baerbock, à gauche, et son homologue israélien Yair Lapid pendant une conférence de presse conjointe à Tel Aviv, le 10 février 2022. (Crédit : Oren Ziv/AP)

Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid a souligné jeudi lors d’une conférence de presse à Tel Aviv avec son homologue allemande que l’Europe devait reconnaître que le programme nucléaire de Téhéran n’était qu’une composante du danger iranien sur le monde.

« Les pays de l’E3 ne peuvent pas non plus ignorer la menace posée par l’Iran au-delà de son programme nucléaire », a déclaré Lapid, faisant référence aux pays européens impliqués dans les négociations de l’accord nucléaire iranien. « L’Iran est le Hezbollah dans le nord, l’Iran est le Hamas dans le sud, l’Iran est un exportateur de terrorisme, du Yémen à Buenos Aires. »

« Cette campagne fait partie d’une campagne plus vaste », a-t-il dit, « dont le but est de saper le droit d’Israël à exister en tant qu’État-nation du peuple juif ».

S’exprimant en allemand lors de la conférence de presse, Baerbock a souligné l’engagement de l’Allemagne en faveur de la sécurité d’Israël, le qualifiant d’authentique « raison d’être » pour son pays.

La ministre des Affaires étrangères allemandes Annalena Baerbock pendant une conférence de presse conjointe avec le ministre russe des Affaires étrangères à Moscou, le 18 janvier 2022. (Crédit : Ministère russe des Affaires étrangères via l’AP)

Baerbock a déclaré que Berlin estimait que l’accord nucléaire avec l’Iran était susceptible de réduire la menace à laquelle Israël est confrontée. « Si ce n’était pas le cas, nous n’aurions pas ces négociations », a-t-elle déclaré.

La conférence de presse a été déplacée de Jérusalem à Tel Aviv à la dernière minute pour tenir compte des contraintes horaires du Premier ministre Naftali Bennett, qui rencontrait Baerbock après Lapid, a déclaré le ministère des Affaires étrangères.

L’Iran et les puissances du groupe P5+1 en sont à leur neuvième cycle de pourparlers à Vienne depuis avril 2021, avec un certain optimisme quant à un possible aboutissement des négociations.

En ce qui concerne le conflit israélo-palestinien, la ministre allemande des Affaires étrangères a clairement indiqué lors de la conférence de presse que son pays était « convaincu qu’une solution négociée à deux États était toujours la meilleure solution ».

La ministre allemande des Affaires Étrangères Annalena Baerbock (à gauche) et son homologue israélien Yair Lapid (à droite, au micro) à Tel Aviv, le 10 février 2022 (Miri Shomonovich/GPO)

Bien qu’elle ait salué les récentes mesures prises par le gouvernement israélien pour rétablir la confiance avec les Palestiniens, Baerbock a déclaré que l’Allemagne considérait les implantations comme « nuisibles et incompatibles avec le droit international ».

Elle a également précisé qu’elle ne se faisait aucune illusion sur la possibilité d’une solution rapide au conflit.

Baerbock a déclaré avoir, lors de sa rencontre avec Lapid, posé des questions à propos des six organisations palestiniennes déclarées groupes terroristes par les autorités israéliennes en octobre dernier. Elle a suggéré qu’Israël et l’Allemagne créent un mécanisme pour transférer des fonds des États européens aux Palestiniens, tout en s’assurant qu’ils ne profitent pas auxdits groupes terroristes.

« Nous prenons au sérieux les préoccupations d’Israël pour tout ce qui a trait au terrorisme, et nous envisageons de mettre en place une équipe pour traiter la question », a-t-elle déclaré.

Des employés palestiniens dans les bureaux d’Addameer à Ramallah en Cisjordanie, après que les forces de Tsahal on fait une descente dans 3 ONG palestiniennes, le 11 décembre 2012. (Issam Rimawi/FLASH90)

Lapid a répondu qu’Israël n’avait aucun problème avec la grande majorité des plus de 400 ONG palestiniennes, mais que les six organisations en question avaient effectivement transféré de l’argent à des groupes terroristes et profité des valeurs libérales que représente l’Europe.

Répondant à une question d’un journaliste, Lapid a réagi au tweet de mercredi du Board of Deputies of British Jews, l’organisation faîtière principale de la communauté juive britannique, selon lequel le leader du parti Sionisme religieux, Bezalel Smotrich, devrait quitter le Royaume-Uni en raison de ses « opinions abominables et de son idéologie qui provoque la haine ».

« J’aurais utilisé des termes différents », a déclaré Lapid, tout en ajoutant qu’il avait longtemps averti que permettre aux opinions racistes d’entrer dans le discours politique en Israël aliénerait les Juifs du monde entier.

Bezalel Smotrich, leader du parti Sionisme religieux d’opposition, aux abords de la Knesset, le 13 juillet 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Baerbock, lors de sa première visite en Israël en tant que plus haut diplomate allemand, a atterri en Israël tard mercredi soir. Avant sa rencontre de jeudi, Baerbock a visité le mémorial de la Shoah de Yad Vashem à Jérusalem et y a déposé une couronne de fleurs.

« En tant que mère de deux filles, j’ai du mal à respirer quand je pense aux millions d’enfants juifs qui ont été assassinés – arrachés à leurs parents, laissés seuls, en proie à la peur », a-t-elle écrit sur Twitter.

Avant de quitter l’Allemagne, Baerbock a déclaré que ‘ »le nouveau gouvernement fédéral ne relâchera pas ses efforts pour promouvoir la paix et la sécurité pour les populations de la région. Nous pensons que cela est inextricablement lié à la protection des droits de l’homme, car une stabilité durable ne peut être atteinte que là où les gens ont la sécurité et la possibilité de participer pacifiquement aux affaires publiques.

Elle devait se rendre en Cisjordanie plus tard jeudi pour rencontrer le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et le ministre des Affaires étrangères Riyad al-Maliki. Elle devait ensuite se rendre en Jordanie vendredi pour rencontrer son homologue, Ayman Safadi, dans le camp de réfugiés de Talbieh, géré par l’UNRWA et bénéficiaire d’un financement important de l’Allemagne. Elle devrait conclure son voyage en Egypte samedi avec le ministre des Affaires étrangères Sameh Shoukry.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...