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Lapid rencontrera Blinken et un ministre émirati cette semaine

La réunion trilatérale à Washington devrait porter sur les Accords d'Abraham et le programme nucléaire de Téhéran ; Lapid ne devrait pas rencontrer Biden au cours de son voyage

Le secrétaire d'État américain Antony Blinken (au centre) accueille le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid avant leur rencontre à Rome, le 27 juin 2021. (Andrew Harnik / Pool / AFP)
Le secrétaire d'État américain Antony Blinken (au centre) accueille le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid avant leur rencontre à Rome, le 27 juin 2021. (Andrew Harnik / Pool / AFP)

Le secrétaire d’État américain Anthony Blinken accueillera le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid et le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis Sheikh Abdullah bin Zayed à Washington cette semaine pour une réunion trilatérale, a déclaré samedi le département d’État américain.

Lors des réunions de mercredi, M. Blinken s’entretiendra d’abord séparément avec les ministres israélien et émirati des Affaires étrangères, avant de participer à la réunion trilatérale.

« Ils discuteront des progrès réalisés depuis la signature des Accords d’Abraham l’année dernière, des futures possibilités de collaboration et des questions bilatérales, notamment la sécurité et la stabilité régionales », a indiqué le département d’État.

Les trois hommes devraient également discuter des pourparlers parrainés par l’Europe à Vienne, qui visent à relancer l’accord nucléaire de 2015 entre l’Iran et les puissances mondiales. Les négociations sont en suspens depuis plusieurs mois, mais des responsables ont récemment déclaré qu’ils s’attendaient à ce qu’elles reprennent « bientôt ».

M. Blinken avait invité M. Lapid à lui rendre visite aux États-Unis lors d’un appel téléphonique du 6 septembre entre les deux hauts diplomates.

M. Lapid ne rencontrerait pas le président américain Joe Biden lors de son voyage de trois jours, du 12 au 14 octobre.

Mercredi, le ministre iranien des Affaires étrangères a déclaré qu’il s’attendait à ce que les négociations nucléaires reprennent prochainement.

« Nous finalisons actuellement les consultations sur cette question et nous reprendrons bientôt nos négociations à Vienne », a déclaré Hossein Amir-Abdollahian aux journalistes après des entretiens avec son homologue russe Sergei Lavrov.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergey Lavrov (à droite) et son homologue iranien Hossein Amir-Abdollahian tiennent une conférence de presse conjointe à l’issue de leur rencontre à Moscou, le 6 octobre 2021. (Crédit : KIRILL KUDRYAVTSEV / POOL / AFP)

Lundi, un haut responsable américain a déclaré que l’administration Biden avait « bon espoir » que les discussions reprennent « dans un délai assez court ».

L’accord nucléaire de 2015, connu officiellement sous le nom de Plan d’action global conjoint, a accordé à l’Iran un allègement des sanctions en échange de contrôles stricts de son programme nucléaire.

En 2018, le président américain de l’époque, Donald Trump, s’est retiré de l’accord multilatéral et a commencé à réimposer des sanctions.

Téhéran a progressivement réduit ses engagements nucléaires depuis 2019.

M. Biden a cherché à revenir sur la décision de M. Trump de retirer les États-Unis des négociations internationales visant à limiter les ambitions nucléaires de l’Iran. Israël s’oppose à un retour à l’accord nucléaire.

Lors de la dernière rencontre entre les deux hommes, en juin, M. Lapid a déclaré à M. Blinken, à Rome, qu’Israël émettait « de sérieuses réserves » sur l’accord nucléaire iranien en cours de négociation à Vienne.

Mais les discussions à Vienne pour relancer l’accord sont dans l’impasse depuis juin, date de l’élection du nouveau président ultraconservateur iranien Ebrahim Raissi.

Des caméras de télévision devant le « Grand Hotel Vienna » où se déroulent les négociations nucléaires à huis-clos à Vienne, en Autriche, le 20 juin 2021. (Crédit : Florian Schroetter/AP)

L’administration Biden a clairement fait savoir à Israël qu’elle pensait que la diplomatie, plutôt que l’action militaire, était la meilleure façon de traiter le programme nucléaire iranien, tout récemment lors d’une réunion mardi entre le conseiller américain à la sécurité nationale, Jake Sullivan, et une délégation israélienne en visite dirigée par le président du Conseil de sécurité nationale, Eyal Hulata.

M. Sullivan a « expliqué que cette administration pense que la diplomatie est le meilleur moyen d’atteindre cet objectif [faire en sorte que l’Iran n’obtienne jamais d’armes nucléaires], tout en notant que le président avait clairement indiqué qu’en cas d’échec de la diplomatie, les États-Unis étaient prêts à se tourner vers d’autres options », selon un communiqué de la Maison Blanche.

Ses remarques ont été faites lors d’une réunion du Groupe consultatif stratégique (GCS) USA-Israël, un forum bilatéral inter-agences créé en mars pour discuter de l’Iran et d’autres questions de sécurité régionale.

Le président du Conseil de sécurité nationale Eyal Hulata (à gauche) et le conseiller américain à la sécurité nationale Jake Sullivan devant la Maison Blanche, le 5 octobre 2021. (Crédit : Jake Sullivan/Twitter)

Washington affirme que le nouveau gouvernement iranien avait fait part de son intérêt, par le biais d’intermédiaires, à reprendre les négociations, bien que l’administration Biden ait également précisé que sa patience était à bout. L’Iran souhaite que les États-Unis abandonnent les sanctions avant de s’engager à respecter les restrictions de l’accord, tandis que Washington insiste pour que l’Iran agisse en premier.

« Nous continuons à croire très fermement que la voie diplomatique reste la meilleure voie pour résoudre cette question », a déclaré un haut responsable américain aux journalistes lors d’un briefing lundi. « Depuis notre arrivée, nous n’avons levé aucune sanction, nous n’allons pas payer d’avance, et nous l’avons dit très clairement. »

Le mois dernier, le ministre de la Défense Benny Gantz a déclaré au magazine Foreign Policy qu’il était prêt à voir les États-Unis négocier un nouvel accord nucléaire avec l’Iran, un commentaire rare de la part d’un haut responsable du gouvernement ne rejetant pas d’emblée l’accord multilatéral.

Alors que les responsables de la défense israélienne qui ne font pas partie du gouvernement ont indiqué un degré de tolérance pour le JCPOA ou un accord nucléaire négocié de quelque nature que ce soit par le passé, ce sentiment ne s’est pas étendu aux fonctionnaires, et Gantz semblait être le membre le plus haut placé du cabinet à le refléter sur le dossier.

Un porte-parole du ministre a par la suite précisé que M. Gantz n’était pas favorable à un retour des États-Unis au JCPOA, mais qu’il était plutôt en faveur d’un autre accord nucléaire plus long, plus large et plus solide.

Le Premier ministre Naftali Bennett a clairement indiqué qu’il s’opposait à un accord nucléaire négocié et n’a pas déclaré publiquement que sa résurrection était quelque chose d’envisageable pour Israël, comme l’a fait Gantz dans son interview.

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